Thierry Lhermitte : «Le don privé représente un tiers du budget des chercheurs»

Thierry Lhermitte est parrain de la Fondation pour la Recherche Médicale depuis 2004 [THOMAS LEAUD]

La Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), qui finance des recherches contre tous les types de maladie, fête ses 70 ans en 2017. A cette occasion, l'acteur Thierry Lhermitte, parrain de la Fondation depuis 13 ans, revient sur l'importance de la structure dans le domaine de la santé. 

Quel est le rôle de la Fondation pour la Recherche Médicale ?

La Fondation pour la Recherche Médicale a été créée en 1947, par les professeurs Jean Bernard et Jean Hamburger. Elle s’intéresse à toutes les maladies. Son rôle est très important car elle distribue entre 40 à 50 millions d’euros chaque année, ce qui permet de financer environ 750 projets de recherches. En résumé, un chercheur sur trois sera financé par la Fondation dans sa carrière.

Quelles grandes avancées et découvertes a-t-elle permis de faire en 70 ans ?

On parle beaucoup des avancées spectaculaires, mais je suis très souvent dans les laboratoires et je dois dire que je suis à chaque fois frappé quel que soit le domaine de recherche. Mais si je devais citer des avancées permises par la Fondation pour la Recherche Médicale, j’en garderais trois. La découverte par le professeur Lucien Israël d’un médicament, en 1976, pour lutter contre le cancer du sein. L’implantation réussie d’une rétine artificielle par le professeur José-Alain Sahel en 2008. Le premier patch de reconstruction des cellules du cœur, après un infarctus, récemment découvert par le professeur Philippe Menasché.

Pourquoi les dons des Français sont-ils importants pour la Fondation ?

En matière de recherche médicale, le don privé représente un tiers du budget des chercheurs. Donc si cela s’arrêtait, ce serait un désastre absolu pour eux.

Pourquoi avez-vous accepté d’être parrain de la Fondation ?

J’ai accepté de devenir parrain de la Fondation car j’ai rencontré les personnes qui s’en occupaient, j’ai vu ce qu’ils faisaient et j’ai trouvé que c’était passionnant. Je suis heureux d’apporter ma petite pierre à cet édifice de la recherche. Et cela me fait rencontrer des personnes extraordinaires.

En quoi consiste exactement votre rôle ?

Je visite des laboratoires, entre cinq à dix fois par an, partout en France. Soit des journalistes m’accompagnent, soit, si je suis seul, je vais raconter l’objet des recherches afin d’intéresser les Français et susciter des dons. Je passe quelques heures avec les chercheurs qui m’expliquent leur manière de travailler, ce qu’ils espèrent trouver et les progrès qui ont été fait jusqu’à présent.

Quel est le dernier laboratoire que vous avez visité dans ce cadre ?

En septembre, je me suis rendu dans le laboratoire du professeur Nathalie Cartier qui fait des recherches sur la maladie d’Alzheimer. Elle a découvert que le cholestérol du cerveau, qui n’est pas le même que celui du sang, a un rôle très important dans les synapses, à savoir les liaisons entre les neurones. Quand la production de cholestérol est déficiente, cela entraîne des troubles qui ont une influence sur le développement de la maladie d’Alzheimer. Cela a été prouvé chez les animaux et un essai sur l’homme va probablement commencer dans les deux ans.

Avez-vous une appétence particulière pour la science ?

Les sciences de la vie, comme la médecine et la biologie, m’ont toujours intéressé. Ce qui est du domaine du vivant est passionnant. Quand on fréquente la recherche on s’aperçoit que la complexité augmente au fur et à mesure qu’on avance, mais on avance néanmoins. Ce qui me plaît dans la recherche c’est qu’on est obligé de prouver ce qu’on dit : on n’avance pas des choses sans les avoir vérifiées, contrevérifiées.

Pour faire un don, se rendre sur le site de la Fondation pour la Recherche Médicale

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