Les grandes manœuvres au PS

Plusieurs cadres envisagent de briguer le poste de Premier secrétaire du parti. Plusieurs cadres envisagent de briguer le poste de Premier secrétaire du parti. [© N_MESSYASZ / SIPA]

Sans chef ni ligne, plusieurs socialistes veulent se placer en vue du congrès prévu en avril 2018. Mais les défis qui les attendent sont légion.

L’effervescence en coulisses. Miné par sa déroute historique aux dernières élections et par les dissensions ­internes, le Parti socialiste s’active pour rebondir.

Quand certains ténors affichent leurs ambitions, d’autres ­annoncent déjà leur candidature au poste de Premier secrétaire, qui sera remis en jeu lors du Congrès en avril 2018.

C’est le cas de l’ex-bras droit de Manuel Valls, Luc Carvounas. Seul prétendant en lice pour l’heure, le député a ­annoncé hier sa volonté de «rassembler tout le monde» autour d’une «gauche de responsabilité». Preuve que, si elle ne fait pas encore rage, la ­bataille du PS a déjà commencé.

Des divergences de stratégie

L’ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, avait lancé les hostilités dès la ­semaine dernière, en réunissant ses ­soutiens à Paris pour «mettre le débat en route». Un pas de plus vers sa candidature, même si ce fidèle héritier de ­Hollande assure qu’il ne se décidera qu’«à la fin de l’année».

De son côté, Najat Vallaud-Belkacem, ­figure centrale d’une génération en quête de renouveau, pèse le pour et le contre. Si l’ex-ministre de l’Education n’est pas encore en lice, elle est plé­biscitée par les «quadras» du parti.

Comme son ancien collègue au gouver­nement Matthias Fekl, mais aussi son conjoint, le ­député Boris Vallaud, ou encore le président du groupe à l’Assemblée, Olivier Faure. Tous avaient signé en mai dernier une tribune intitulée «Réinventer la gauche», pour tourner la page du hollandisme.

Dans une moindre mesure, le nom d’Emmanuel Maurel, ex-frondeur et euro­député, est aussi évoqué.

Mais selon l’ex-ministre Laurence Rossignol, aucun ­candidat n’est susceptible «d’incarner à lui seul un projet» pour la gauche.

La ­surprise pourrait alors venir d’électrons libres, comme la maire de Paris, Anne ­Hidalgo, très présente dans le débat, ou Martine Aubry, souvent critique à l’égard du précédent quinquennat.

Une concurrence globale

Quoi qu’il en soit, le futur patron ­héritera d’un parti à reconstruire. Le PS doit non seulement vendre le siège de ­Solférino pour renflouer ses caisses, mais aussi se relever après les multiples défections vers LREM de cadres tels que Manuel Valls, Gérard Collomb ou, plus récemment, Olivier Dussopt, nommé ­secrétaire d’Etat.

«Le parti, pris en ­tenaille à droite par LREM et à gauche par LFI, devra proposer un projet entre les deux. A condition qu’un chef parvienne à l’incarner», relève Frédéric Dabi, de l’Ifop.

Mais aussi parer la concurrence de Benoît Hamon qui, avec son mou­vement provisoirement baptisé M1717, veut occuper un espace politique situé entre «l’impasse du ­néolibéralisme» et la «réplique nationaliste».

Autant de défis qui montrent que, si les grandes manœuvres sont lancées, le chemin est encore long.

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