Quel bac pour demain ?

Le ministère de l’Education nationale lance une consultation en ligne à l’attention des lycéens portant sur le baccalauréat. [Emile Pol / Sipa]

Filières, contrôle continu, spécialités... L’Etat interroge les élèves pour mieux préparer la mutation de l’examen.

La parole aux élèves. Dans le cadre d’une réforme du baccalauréat à l’horizon 2021, le ministère de l’Education nationale lance, à partir de ce mercredi et jusqu’à mardi, une consultation en ligne à l’attention des lycéens.

Sur son site (education.gouv.fr/consultationbac2021), les futurs bacheliers sont invités à faire part de leurs attentes sur cet examen emblématique, mais également de leurs idées pour l’améliorer.

Le sondage, dont les résultats seront dévoilés en janvier, viendra compléter les concertations entre le gouvernement et les acteurs de l’enseignement scolaire, amorcées il y a plus d’un mois, et qui doivent se terminer en février.

Un passage «à la carte» envisagé

C’est avec l’ambition d’«en finir avec le bachotage» et de «redonner du sens» au baccalauréat que le ministre, Jean-Michel Blanquer, entend demander l’avis des lycéens sur les pistes de l’exécutif. 

Parmi la demi-douzaine de questions qui leur sont proposées, figure ainsi l’éventuelle disparition des filières littéraire (L), scientifique (S) et économique et social (ES). 

Elles seraient remplacées par un bac modulaire où le lycéen choisirait des épreuves majeures et mineures pour se spécialiser. Un système «à la carte» censé combler l’actuel déséquilibre entre les séries – la scientifique étant considérée comme la plus prestigieuse – et de faciliter l’orientation des élèves dans le supérieur.

Autre sujet d’importance soumis aux lycéens, la part de contrôle continu. Comme évoqué par Emmanuel Macron durant sa campagne, seules quatre épreuves finales pourraient composer le futur baccalauréat, dont un écrit de philosophie et un grand oral interdisciplinaire.

Le reste des notes serait, lui, obtenu tout au long de la terminale. Un calendrier qui, en plus d’obliger les élèves à la constance, permettrait d’alléger un examen final jugé trop volumineux.

Par ailleurs, des questions plus larges seront proposées aux lycéens, concernant leur vision du baccalauréat aujourd’hui. Elles doivent notamment chercher à savoir s’il a encore un intérêt éducatif à leurs yeux, ou s’il est adapté à leur entrée sur le marché du travail.

Des partenaires divisés

Si les parents d’élèves semblent séduits (75 % sont favorables à un bac modulaire, et 58 % à un bac mixte, selon un récent sondage BVA), les syndicats du secondaire restent sceptiques quant à la future réforme. Une majorité d’entre eux estime que le projet «ne va pas dans le bon sens», selon la secrétaire générale du SNES, Frédérique Rolet.

Et pour cause, selon elle, d’autres mesures devraient être envisagées en priorité. Comme le fait de «conserver mais repenser les filières, en leur donnant une identité bien plus forte». 

Ou encore, en amont du baccalauréat, «mieux gérer la transition de la classe de troisième à la seconde». Autant de pistes que l’Etat pourrait aussi suivre.

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