Centres-villes : Edouard Philippe au chevet des provinces

Edouard Philippe s'exprime lors de la deuxième "conférence des territoires" à Cahors, le 14 décembre 2017 [PASCAL PAVANI / AFP] Edouard Philippeavait délocalisé son cabinet pour le déplacement. [PASCAL PAVANI / AFP]

Internet à très haut débit partout d'ici à 2022, plan de revitalisation des centres-villes de cinq milliards d'euros en cinq ans, économies concentrées sur les grandes collectivités locales : Edouard Philippe a défendu jeudi à Cahors le plan du gouvernement pour les zones rurales et les villes moyennes, qui se sentent laissées de côté.

La deuxième «Conférence des territoires» - le forum de dialogue entre l'Etat et les collectivités de l'ère Macron - s'est tenu dans la préfecture du Lot, avec le gros de l'équipe gouvernementale: une douzaine de ministres, en plus du chef du gouvernement.

La conférence s'est achevée dans la précipitation avec le départ d'Edouard Philippe sur les lieux de l'accident entre un train et un car scolaire dans les Pyrénées-Orientales qui a fait quatre morts.

Revitaliser les centres-villes

Principale annonce du gouvernement jeudi : l'Etat va mobiliser «plus de cinq milliards d'euros sur cinq ans» pour revitaliser les centres-villes délaissés par la population et les commerces de proximité.

«Notre pays est confronté depuis des années à des vitrines fermées, des immeubles dégradés, des rues délaissées qui nourrissent un sentiment d'abandon aux lourdes conséquences», a souligné M. Philippe.

Le gros des discussions à huis clos de la conférence, entre gouvernement et élus, a tourné autour du pacte financier proposé par l'Etat aux grandes collectivités locales, dont certains élus, notamment à l'Association des maires de France, contestent le bien-fondé et les modalités.

Au terme des échanges, l'exécutif a légèrement amendé son mécanisme de limitation à 1,2% de la hausse de leurs dépenses, qui sera désormais un «pivot» pouvant varier suivant certains critères : démographie, pauvreté et économies déjà réalisées.

M. Philippe, qui a «délocalisé» son cabinet de Matignon à l'occasion de ce déplacement, a également détaillé le plan du gouvernement contre la «fracture numérique» : tous les Français éligibles au haut débit (plus de 8 mégas par seconde) en 2020, et au très haut débit (plus de 30 mégas) en 2022.

Un sujet qui exaspère dans les campagnes. «Cette exaspération, il faut prendre garde à ce qu'elle ne se transforme pas en colère», a souligné le chef du gouvernement.

Le Premier ministre a annoncé un chèque de 150 euros pour 1,5 million de ménages trop isolés pour être raccordés à la fibre d'ici à la fin du quinquennat, pour une enveloppe totale de 100 millions d'euros supplémentaires.

Il a également confirmé que l'Etat verserait 3,3 milliards pour les réseaux développés par les collectivités locales afin de combler la frilosité des opérateurs privés dans les zones rurales. «Sur l'objectif 2022, on est à fond», glisse un ministre. «Si on ne réussit pas l'objectif du très haut débit, on sera en danger à toutes les élections intermédiaires...»

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