Des chantiers pour 2018

Depuis son élection, il y a sept mois à peine, le chef de l’Etat a enclenché un certain nombre de réformes ­emblématiques. Depuis son élection, il y a sept mois à peine, le chef de l’Etat a enclenché un certain nombre de réformes ­emblématiques. [© ETIENNE LAURENT / POOL / AFP]

Sécurité routière, prisons, immigration, emploi… Dès janvier, le gouvernement entend s’atteler aux futures réformes.

«Je fais ce que j’ai dit. Ça fait peut-être longtemps que ce n’était pas ­arrivé», avait assuré Emmanuel Macron, dimanche dernier, lors d’un entretien sur France 2.

Depuis son élection, il y a sept mois à peine, le chef de l’Etat a enclenché un certain nombre de réformes ­emblématiques. Parmi celles déjà votées, figurent notamment la révision du Code du travail, la refonte de la législation anti-terroriste, ou encore la loi sur la ­moralisation de la vie politique.

Mais l’exécutif ne compte pas s’arrêter là. Fort d’une cote de popularité en hausse (52 % de bonnes opinions, selon un ­récent sondage BVA), le président ­entend, dès l’an prochain, mener au pas de charge les autres mesures promises pendant sa campagne électorale.

Relancer l’emploi par des réformes

Afin de lutter contre le chômage, Emmanuel Macron veut booster le système de la formation professionnelle, qu’il juge inégalitaire et complexe. Au menu : ­associer davantage les entreprises aux cursus pédagogiques et simplifier les aides à l’embauche pour un contrat d’apprentissage – ce qui fera l’objet d’un premier projet de loi sera présenté mi-avril.

En parallèle, une réforme de l’assurance-chômage, en préparation, devrait voir le jour d’ici au premier semestre 2018. Celle-ci prévoit d’ouvrir les allocations aux salariés démissionnaires et aux indépendants, mais aussi de renforcer le contrôle des chômeurs.

Enfin, tous les ­régimes de retraite pourraient fusionner en un seul, suivant le principe qu’un euro cotisé garantit à tous les mêmes droits. Une mesure lancée l’an prochain, mais qui s’étalerait sur dix ans.

Remanier la sécurité routière pour sauver davantage de vies

L’exécutif prépare actuellement un ­nouveau plan pour altérer les mauvais bilans de la mortalité routière. Première ­annonce controversée : la vitesse des véhicules pourrait être limitée à 80 km/h (contre 90 actuellement) sur les routes nationales et départementales dès 2018. Défendue par Matignon, la réduction est aussi préconisée par la Sécurité routière, qui a envoyé hier aux préfets un argumentaire en sa faveur.

Par ailleurs, les ­radars routiers privés, expérimentés ­depuis février en Normandie, devraient être ­déployés à l’échelle nationale à partir de l’été. Enfin, de nouveaux tests salivaires anti-stupéfiants, réputés plus fiables, seront commercialisés en 2018.

Doper la santé des entreprises en leur donnant plus de moyens

Lancé fin octobre à Bercy, le Plan d’action pour la croissance et la transfor­mation des entreprises – ou Pacte – commence à prendre forme. Près de 1 000 propositions ont ainsi été remises à l’exécutif, hier, par les parlementaires et chefs d’entreprise chargés de préparer la future réforme, qui sera portée au printemps par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

A l’image d’une nouvelle loi Macron, le Pacte ambitionne de donner aux entreprises les moyens pour innover. Au sommaire : des dispositifs pour développer l’actionnariat salarial et l’intéressement des salariés aux performances de l’entreprise.

Modifier la politique migratoire en simplifiant les démarches

Edouard Philippe a annoncé hier le lancement, en janvier, d’une «consultation» autour du futur projet de loi sur l’immigration, qui serait dévoilé en avril. L’objectif : répondre aux inquiétudes de la population, alors que la réforme est ­largement décriée tant par l’opposition que par certains députés LREM.

Dans le détail, le texte prévoit de réduire le délai maximal de traitement des demandes d’asile – de quatorze mois aujourd’hui à six. De leur côté, les étrangers en situation irrégulière se verront «systématiquement» reconduits à la frontière.

Repenser la procédure pénale pour désengorger les prisons

Afin de lutter contre la surpopulation et la vétusté carcérales, le gouvernement entend, d’ici à la fin du quinquennat, créer 15 000 nouvelles places en ­­prison, sans réduire – comme évoqué un temps – le maillage des tribunaux sur le territoire.

Autre chantier, impulsé dès l’an prochain : alléger les procédures, par exemple, en les dématéria­lisant via le numérique, ou en mettant une simple contravention en cas d’infraction mineure, comme la consommation de cannabis.

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