Des hôpitaux à soigner

Grèves, lettres ouvertes, pétitions... Depuis de semaines, les signes du ras-le-bol du monde médical se sont multipliés.[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Le gouvernement prépare un plan pour transformer le système de santé, et entendre la colère de la profession.  

Le Premier ministre, Edouard Philippe, présente aujourd’hui un plan de «Stratégie de Transformation du système de santé», censé réduire la pression subie par les hôpitaux français. A l’hôpital Simone Veil, à Eaubonne (Val d’Oise), le locataire de Matignon doit, avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, annoncer la création de groupes de travail qui plancheront sur des thématiques propres au secteur. L’objectif est de proposer, ensuite, une réforme en profondeur, alors que les professionnels font entendre leur voix.

Des chantiers variés

Avec un effort d’économies estimé à 1,6 milliard d’euros en 2018, la question du financement des hôpitaux devrait être l’un des premiers points abordés par le Premier ministre. «L’hôpital est à l’os», dénonce le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux, auprès du Parisien, regrettant une baisse par deux des investissements entre 2013 et 2017. La Cour des comptes a, en outre, souligné dans son dernier rapport qu’un tiers du parc hospitalier est dans une situation «d’endettement excessif». Outre ces considérations économiques, les futurs groupes de réflexion devraient également se pencher sur les conditions de travail de la profession, minée par le manque d’effectifs et les cadences infernales. Les professionnels de la santé, croulant sous la paperasse, réclament également une simplification administrative. Le développement du numérique pourrait ainsi permettre de fluidifier les démarches au sein des établissements.

Autre sujet abordé : la pertinence des soins. Le gouvernement considère que trop d’actes inutiles (mais remboursés) sont encore réalisés dans les hôpitaux. Ils seraient entre 20% à 30% à ne pas être pertinents, selon Agnès Buzyn, qui s’exprimait en décembre dernier, dans Libération. Dans le but d’éviter la multiplication de diagnostics, la ministre souhaite également favoriser la coopération entre la médecine de ville et l’hôpital. Enfin, la formation des professionnels de santé devrait être abordée, afin de mieux préparer les futurs acteurs de la santé et de permettre une prise en charge optimale des patients.

Le malaise du secteur

La future réforme du secteur semble de plus en plus urgente, le discours d’Edouard Philippe intervenant au moment où le milieu hospitalier est sur le point de s’enflammer. Depuis plusieurs semaines, des mouvements de grèves touchent ainsi certains établissements français, comme le CHU de Toulouse, les Hospices civils et l’hôpital Edouard-Herriot à Lyon, ou l’hôpital Pinel à Toulon. Mi-janvier, un collectif de mille médecins hospitaliers et cadres de santé dénonçait, en outre, dans une tribune publiée sur le site de Libération «une dégradation des conditions de travail, provoquant épuisement et démotivation des soignants». Un cri d’alarme qui résonne également sur les réseaux sociaux avec le hashtag «#BalanceTonHosto». Des professionnels du secteur, désabusés, racontent alors leur quotidien fait d’installations défaillantes, de repas légers ou encore de souris présentes dans les couloirs. 

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