Leur fille avait avalé une pile, ils portent plainte contre les médecins qui n'ont rien vu

Une simple bronchite avait été diagnostiquée au départ. [AFP ]

Après une année d'hospitalisation et une vingtaine de lourdes interventions chirurgicales, Faustine, 2 ans, est décédée en juillet dernier d'une hémorragie «massive».

Ses parents, qui résident en Isère, ont décidé de porter plainte contre les médecins pour homicide involontaire, nous apprend l'AFP. Ils les accusent de ne pas s'être rendus compte à temps que la petite fille avait ingurgité une pile en lithium

Lors de son arrivée aux urgences de l’hôpital Femme-Mère-enfant en juillet 2016, l'enfant était en détresse respiratoire. Malgré la radio effectuée, les praticiens n'avaient rien vu. «S’il n’y avait pas eu de faute caractérisée, Faustine serait encore parmi nous», juge Maxence Pascal, avocat de Laëtitia et Patrice Aberkane, parents de la victime.

Dès son admission, les médecins pensent à une simple bronchite. Selon la mère de Faustine, l'un des deux spécialistes mis en cause avait cru voir un médaillon sur la radio, erreur imputée ensuite à l’engorgement des urgences. «Personne n’a pris la peine de vérifier si la petite avait un médaillon effectivement ce jour-là. C’est pour nous une faute d’une extrême gravité. Elle a eu pour conséquence que le lithium de la pile s’est consumé et a provoqué la fistule à l’origine de toutes les opérations de Faustine», déplore encore l’avocat auprès de l'agence de presse.

«Un retard de diagnostic»

Ce n'est que quarante-huit heure plus tard que la pile sera finalement détectée, à l'occasion d'un nouvel examen radiologique. La fillette sera alors opérée en urgence, mais décèdera un an plus tard à la suite d’une «hémorragie interne et externe massive d’origine gastrique», selon les conclusions de l'autopsie explicitées dans la plainte.

Déposée ces derniers jours auprès du parquet de Lyon, la plainte vise les Hospices Civils de Lyon (HCL), un neuropédiatre et un pneumologue. Peu de temps après le décès de Faustine, le Pr Olivier Claris, président de la commission médicale d’établissement des HCL et chef du service néonatalogie à l’HFME, avait reconnu auprès de l’AFP «un retard de diagnostic» en 2016 tout en estimant que le tri avait alors été «fait correctement aux urgences».

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