Un couple d'Azéris visé par des tirs près de Toulouse, l'épouse tuée

Rahim Namazov, qui se présente comme un journaliste en exil, avait récemment contacté le commissariat de Colomiers en disant se sentir menacé.[PASCAL PAVANI / AFP]

Un ressortissant azéri a été blessé d'une balle dans le dos, vendredi matin vers 9h00, près de Toulouse (Haute-Garonne). Son épouse, touchée à la tête, a succombé à ses blessures.

Rahim et Aïda Namazov, tous deux âgés de 39 ans, sont tombés dans un véritable guet-apens à Colomiers, dans la banlieue de Toulouse. Au total, sept balles ont été tirées d'une voiture, alors que le couple venait de se garer au pied de son immeuble. Leur fils de 15 ans a été pris en charge par une cellule psychologique, il a entendu les coups de feu.

Rahim Namazov, qui se présente comme un journaliste en exil, avait récemment contacté le commissariat de Colomiers en disant se sentir menacé, rapporte La dépêche du Midi. «À l'heure actuelle, il ne peut être établi qu'il existe un lien entre les tragiques crimes le visant lui et son épouse» et «de quelconques activités journalistiques», a commenté Reporters sans Frontières (RSF).

Le père de trois enfants n'avait pas été signalé aux autorités de la ville ni comme exilé politique ni comme journaliste, a indiqué de son côté à l'AFP la maire PS de la commune Karine Traval-Michelet. Elle a toutefois ajouté qu'il n'était pas exclu qu'il s'agisse d'«un éventuel règlement de comptes politique» en raison du profil de Rahim Namazov, «journaliste torturé et emprisonné dans son pays» et ayant «obtenu le statut de réfugié politique en France».

La mafia en cause ?

De son côté, le responsable chez RSF pour l'Europe et le Moyen-Orient, Johan Bihr, a signalé à l'agence de presse un tweet de la journaliste d'investigation azérie Khadija Ismaylova. Selon elle, Rahim Namazov «prétendait être un journaliste persécuté» mais les faits survenus ce vendredi pourraient être le résultat d'une «bagarre sur Internet avec des gens de la mafia.» «Ces derniers temps, sur Internet, il a prétendu être de la mafia», a-t-elle tweeté.

Selon l'Association des journalistes de Toulouse, Rahim Namazov a été emprisonné, puis menacé de mort et expulsé de l'Azerbaïdjan. L'association déclare tout de même ne pas avoir «connaissance d'activités journalistiques», de l'homme dont le pronostic vital est engagé.

Le 23 décembre 2010, il racontait sur YouTube avoir «écrit dans (son) journal qu'il fallait s'attendre une nouvelle fois à des élections truquées et illégales». «C'est pour cela que j'ai été arrêté trois fois, emprisonné dix jours de suite à chaque fois. La dernière fois, on m'a passé à tabac, poursuivait-il. On m'a cassé une dent. Ils m'ont prévenu : après les élections, tu vas mourir, et ta famille aussi. Parce que tu nous gênes. Après ces menaces, j'ai décidé de m'enfuir.»

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