Mobilisation étudiante : la Fage dénonce «une montée des violences sur les campus»

Des étudiants manifestent à Montpellier le 30 mars 2018. [SYLVAIN THOMAS / AFP]

Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant, déplore que la réforme soit incomprise par beaucoup d’étudiants et le manque de clarté sur le fond.

Invité d’Europe 1, Jimmy Losfeld estime que la réforme Parcoursup va dans le bon sens mais que l'Université manque de moyens.

L’étudiant est revenu sur l'origine du mouvement : «On observe une montée des violences sur les campus. Depuis l'épisode de Montpellier (à l'université Paul-Valéry), où des groupuscules cagoulés, vraisemblablement proches de l'extrême droite sont venus passer à tabac des étudiants, ça a déclenché plusieurs mouvements partout en France.» Mais cet événement cache aussi, selon lui, une «instrumentalisation». «Derrière certaines de ces assemblées générales, ce n'est pas si sain (...) Et même pour nous, c'est assez opaque, car ce ne sont pas des mouvements spontanés étudiants.»

Un flou autour des blocages

Le président de la Fage regrette une opacité autour du mouvement, qui brouille les pistes. «Les mots d'ordre ne sont pas très clairs en fonction des universités (...) Les blocages ne sont pas légitimés de la même manière», souligne Jimmy Losfeld, qui n'adhère pas au mouvement actuel. «Nous sommes toujours en négociations sur le volet Parcoursup. Il y a encore beaucoup de réunions et moi, je constate que le Conseil national de l'enseignement et de le recherche (Cneser), qui est l'instance nationale de démocratie sociale dans l'enseignement en France, a voté favorablement pour la réforme et le projet de loi.»

«Il faut des moyens supplémentaires»

Pour Jimmy Losfeld, des «contre-vérités», lancées par diverses organisations syndicales étudiantes, circulent sur la réforme. «Les personnes à l'origine de ces blocages ne cherchent pas de sortie de crise. On parle beaucoup de ces blocages, à juste titre parce qu'ils sont visibles, mais parfois, ils sont partiels, parfois il y a peu d'étudiants et je tiens à rappeler qu'on est en pleine période électorale à l'université. Et les organisations à l'origine de ces blocages ne sortent pas majoritaires des scrutins. La Fage continue de remporter les élections. Ça veut dire une chose : que les étudiants partagent plutôt notre point de vue. La réforme va dans le bon sens mais il faut des moyens supplémentaires», explique-t-il, sur le fond.

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