Université de Tolbiac : 6 individus en garde à vue après des échauffourées

Ces tensions interviennent dans un contexte d'«occupation et de blocus illimité» de la faculté de Tolbiac votée il y a quelques jours en assemblée générale [AFP / ARCHIVES]

Des heurts ont éclaté, vendredi 6 avril au soir, dans les locaux de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne situés rue de Tolbiac dans le 13e arrondissement de Paris.

Alors que des étudiants continuaient d'occuper les lieux en signe de protestation, des individus équipés «de casques de scooter» les ont visés avec des «torches» et des «fusées de détresse» à travers la grille, d'après le témoignage d'une journaliste présente sur place. 

D'après le Parisien, les individus tirant des projectiles étaient une vingtaine. Les étudiants se trouvant à l'intérieur ont répliqué par de nouveaux tirs de projectiles. 

Six personnes ont été interpellés avant d'être placés en garde à vue.

Des collectifs d'extrême droite

L'Union nationale des étudiants de France (Unef) affirme que les agresseurs appartiennent à «des collectifs d'extrême droite».

Autour de minuit, le président de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne Georges Haddad a fermement condamné l'attaque de la faculté de Tolbiac, avant de préciser que la police n'était pas intervenue. 

Dans un entretien accordé au Parisien vendredi, le dirigeant se disait «inquiet» face à la mobilisation étudiante au point de craindre «que Tobliac se transforme en ZAD universitaire».

Cela fait écho aux violences extrêmes intervenues le 22 mars, dans la faculté de droit de Montpellier, quand un groupe d'individus cagoulés et armés était entré de force dans l'établissement pour s'en prendre aux étudiants. 

La loi ORE dénoncée

Ces tensions interviennent dans un contexte d'«occupation et de blocus illimité» de la faculté de Tolbiac votée mardi en assemblée générale.

Dans leur «première auto-conférence de l'auto-média de la commune libre de Tolbiac»- une vidéo excentrique devenue virale-, les étudiants exigent la démission d'Emmanuel Macron et le retrait de la loi ORE, relative à «l'orientation et la réussite des étudiants». Le texte réforme notamment l'accès à l'université.

Les organisations étudiantes estiment qu'il favorisera la sélection à l'entrée de l'université. De son côté, Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, pointe du doigt la méconnaissance de la loi, voire la désinformation qui l'accompagne, dans un entretien accordé à Ouest France.  

Les individus masqués expliquent également soutenir le «peuple kurde», «les cheminots» et «tous les précaires de cette université».

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