Paris : 6 mois après son arrivée, le vélo en libre-service trace sa route

Gobee.bike a déjà annoncé cesser toute activité en France, fin février.[© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

Il y a six mois jour pour jour, les Gobee.bike – ces vélos verts disponibles à la location en libre-service – débarquaient à Paris. Depuis, d'autres se sont lancés sur ce marché alors inexistant dans la capitale et en petite couronne. Aujourd'hui, où en est leur déploiement ?

Verts, jaunes, oranges... Difficile de s'y retrouver tant les vélos en libre-service – aussi regroupés sous le nom de «free-floating» – ont été intégrés au paysage urbain parisien. Parmi eux, le premier arrivé (le 9 octobre dernier), les Gobee.bike verts, a déjà annoncé cesser toute activité en France, fin février. En cause selon eux, «l'effet domino de dégradations qui s'est abattu sur leur flotte». 

Un échec qui n'a pas empêché d'autres opérateurs de se lancer dans la course, prêts à concurrencer les Vélib' en pleine mutation. Aujourd'hui, de nouveaux services se sont développés à Paris et en proche banlieue : Mobike, Obike ou encore Ofo...

Plusieurs milliers de vélos dans Paris

Au total, plusieurs milliers de vélos sont déjà disponibles à la location dans les rues de la capitale, via leurs applications dédiées : 3.500 pour Mobike, 2.000 pour oBike et plus de 1.000 pour Ofo... Et certains ambitionnent d'en déployer des milliers d'autres, à l'instar de Mobike, qui espère «prochainement atteindre une flotte de 10.000 vélos».

Même son de cloche chez Ofo, qui, après «une première phase de test», est «en train d’étoffer sa flotte et d’élargir la zone d’utilisation à d’autres villes proches». Boulogne, Levallois, Neuilly (92) ou encore Vincennes (94) sont concernés.

De plus, ces acteurs ambitionnent d’être utilisés au quotidien, en misant sur le coût. Pour ce faire, Mobike a créé des formules d’abonnement illimité (9,90 euros pour 30 jours) similaires à celle du Vélib’, en plus de l’offre initiale à 50 centimes la demi-heure.

Leur force réside dans le fait qu'une seule et même application peut être utilisée partout où le service est fonctionnel. Ainsi, Ofo ou Mobike par exemple, se vantent respectivement de comptabiliser 32 et 20 millions de trajets quotidiens, dans plusieurs centaines de villes du monde entier.

«Vous utilisez votre application à Paris, où vous habitez, pour vos trajets domicile-travail, mais vous partez en week-end à Londres, Berlin ou encore Florence, et vous pouvez utiliser cette même application pour emprunter des vélos là-bas en un clic», explique-t-on chez Mobike.

Un cadre législatif encore à définir

Si la mairie a accueilli d'un très bon oeil l'arrivée de ces nouveaux services, vu selon elle comme «un bon signal pour l'essor des mobilités actives», il n'en demeure pas moins qu'elle estime depuis le début qu'il est important d'encadrer ces nouveaux venus. Cars ce développement pose le problème du stationnement de ces vélos, garés de manière anarchique.

«La ville ne peut accepter un envahissement de l'espace public par du stationnement irrespectueux ou l'abandon de vélos sur la voie publique», s'était ainsi exprimé la municipalité parisienne, à ce sujet. Après avoir organisé une réunion avec tous les acteurs, elle envisage donc de «rédiger une charte des bonnes pratiques», qui serait signée par tous.

Enfin, afin d'encadrer au mieux juridiquement le déploiement de ces opérateurs, la mairie de Paris a demandé au gouvernement et notamment à la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qu'un «véhicule législatif» à ce sujet soit intégré à la prochaine loi Mobilités.

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