SNCF : vers la fin de la grève ?

Après presque deux mois de grève perlée à la SNCF, le mouvement semble s'essouffler. Après presque deux mois de grève perlée à la SNCF, le mouvement semble s'essouffler. [JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP]

Le mouvement des cheminots, lancé il y a deux mois, semble s'essoufler. Mais la bataille n'est pas finie.

Alors que s’amorce, ce vendredi 1er juin au soir, le 13e épisode de deux jours de mobilisation à la SNCF, le mouvement des cheminots paraît s’essouffler à mesure qu’il avance dans le temps. Au terme de deux mois de grève à intervalles réguliers, de per­turbations dans les transports et de ­manifestations de moins en moins suivies, la question d’une éventuelle sortie de crise devient plus pressante. Car, s’il juge la colère «légitime», le gouvernement a déjà fait savoir qu’il avait édicté «ses dernières propositions».

La désunion des syndicats

Les cheminots, d’abord, semblent moins mobilisés qu’auparavant. Le taux de grévistes est ainsi passé de 34 %, le 3 avril, à 14 %, lundi dernier – son plus bas ­niveau en semaine depuis le lancement du mouvement. Un coup de frein qui s’explique, en partie, par la désunion des syndicats. Tandis que la CGT et Sud-Rail continuent de rejeter le texte en bloc, l’Unsa et la CFDT veulent attendre les ­résultats de son vote au Sénat.

La Chambre haute, qui examine depuis mardi le texte déjà adopté en première lecture par les députés, devrait se prononcer le 5 juin, après d’éventuelles retouches. ­Assurant qu’elle prévoit des «avancées sociales importantes», son rapporteur, Gérard Cornu (LR), a d’ailleurs lancé cette semaine un «appel solennel» aux cheminots pour qu’ils cessent le mouvement.

Autre raison de l’essoufflement : la population qui, en majorité, voit la grève d’un mauvais œil. Selon un sondage Ifop publié le week-end dernier, près de six personnes sur dix (58 %) ­estiment ainsi que l’arrêt de travail n’est pas justifié. Un chiffre stable depuis avril (56 %). «Il y a une absence de soutien, pour ne pas dire hostilité, à la mobilisation. Entre autres, car les Français ­estiment qu’il n’y a aucune chance que l’Etat recule», analyse Frédéric Dabi, ­directeur général adjoint de l’Ifop.

L’exécutif, en effet, reste inflexible sur les ­mesures phares (fin du statut des cheminots, transformation de l’entreprise, ouverture à la concurrence…). Il juge notamment que sa dernière concession, à savoir une reprise de la dette à hauteur de 35 milliards d’euros sur 55, a de quoi satisfaire les opposants. D’autant plus que, d’après Edouard Philippe, aucun nouvel impôt ne sera créé pour compenser cette charge. Des annonces «historiques», s’est réjoui le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.

Poursuivre «jusqu’au bout»

Mais les opposants n’ont pas dit leur dernier mot. La gauche, en premier lieu, reste vent debout contre la réforme. Cette ­semaine, le député Insoumis Alexis ­Corbière a appelé Emmanuel Macron à «reculer» sur le texte de loi, plaidant pour un «pouvoir politique éclairé» – et non «à la Thatcher».

Quant aux syndicats, ils comptent poursuivre la fronde «jusqu’au bout». Car, d’une part, si l’exécutif évoque un épilogue des débats, le passage de la ­réforme devant les sénateurs «n’est qu’une formalité», nuance la CGT. D’autre part, les opposants n’ont, pour l’heure, pas exclu de poursuivre la grève durant la période estivale, quitte à susciter la colère des vacanciers. «Le risque, selon Frédéric Dabi, c’est que les cheminots donnent l’impression d’une volonté de nuire, et que le nombre de leurs soutiens diminue dramatiquement.» Prévue jusqu’au 29 juin, la pagaille pourrait durer. Mais à quel prix ?

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