Adoption en Seine-Maritime : enquête ouverte pour discrimination envers les homosexuels

Au coeur d'une vive polémique après ses propos discriminants à l'égard de la communauté gay, au sujet de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels, la responsable du service adoption au département de Seine-Maritime a été relevée de ses fonctions. Le parquet de Rouen a annoncé qu'une enquête a également été ouverte pour discrimination envers les homosexuels.

«Une enquête a été ouverte mercredi pour discrimination à la suite de la plainte déposée» mardi par l'Association des familles homoparentales (ADFH), a précisé le procureur de la République de Rouen Pascal Prache, interrogé par un correspondant de l'AFP. Selon l'ADFH, la plainte vise la responsable.

«On a porté plainte aujourd'hui, on a envoyé tous les éléments au procureur de Rouen», avait annoncé mardi 19 juin sur franceinfo Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales (l'ADFH) après les propos tenus par la responsable du service adoption de Seine-Maritime.

«Les couples homosexuels ne sont pas exclus (du processus d'adoption) mais ils ne sont pas prioritaires. Ces couples sont eux-mêmes un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique (donc il faut que) leur projet supporte des profils d'enfants atypiques, un enfant dont personne ne veut», avait lancé Pascale Lemare lundi 18 juin sur France Bleu Normandie.

Invitée à préciser ce qu'elle entendait par «enfant atypique», la responsable de service avait répondu : «des enfants dont personnes ne veut, puisqu'il y a des gens qui ne veulent pas adopter des enfants trop cassés, trop perturbés psychologiquement, trop grands, handicapés. Ces enfants là ont des perturbations qui ne sont pas recherchées par les couples et c'est normal».

«Tout ça c'est de l'homophobie»

Ces propos «sont discriminants», insistait Alexandre Urwicz. «Ce qu'elle dit, c'est que les enfants dont personne ne veut, comme les enfants trop cassés, handicapés, pourraient faire l'objet d'une adoption par les couples homosexuels, mais ils ne seraient pas prioritaires. Tout ça c'est de l'homophobie, cela relègue l'idée qu'on serait des sous-citoyens, qu'on devrait passer après tout le monde.»

Face au tollé déclenché, notamment sur Twitter, Pascal Martin, président du département de Seine-Maritime, avait rapidement condamné les propos de Pascale Lemare. «Il n’y a aucune différence à faire entre les couples hétérosexuels et homosexuels. Tous ont les même droits», avait-il estimé sur le site de micro-blogging.

Des propos «contraires aux principes de neutralité»

Même son de cloche du côté du secrétaire d'Etat Olivier Dussopt auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics. «Si les propos sont vérifiés, ils sont contraires aux principes de neutralité, d’égalité et de refus des discriminations qui caractérisent la fonction publique», avait-il réagi. 

Commel l'indiquait le site de France Info, les déclarations de Pascale Lemare rappellent celles prononcées par le président du Conseil de famille de Meurthe-et-Moselle - placé sous l'autorité de l'Etat -  en mai dernier, reconnaissant alors qu'il privilégiait «les familles hétérosexuelles aux couples de futurs parents de même sexe».

En France, chaque département dispose d'un Conseil de famille, chargé de la tutelle des pupilles de l'Etat et de mettre en oeuvre leur processus d'adoption.

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