Avant Simone et Antoine Veil, quels couples sont entrés au Panthéon ?

Les époux Veil avaient partagé soixante-sept ans de vie commune. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Pour conclure son éloge funèbre, Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 5 juillet que Simone Veil «reposer[a] avec son époux» au Panthéon. Avant les époux Veil, seuls deux autres couples étaient entrés ensemble dans ce temple de la République.

Conformément à la demande de la famille, Antoine et Simone Veil ne seront donc pas séparés par la mort. Le couple s’était connu en 1945 à Sciences Po, après le retour de Simone Veil, qui s’appelait alors Simone Jacob, des camps d’Auschwitz-Birkenau. Ils s’étaient mariés un an après leur rencontre, et avaient partagé 67 ans de vie commune avant la mort d’Antoine en 2013, à l’âge de 86 ans. Il avait été inhumé au cimetière du Montparnasse.

Avant lui, il y a cent-dix ans, une autre personne avait accompagné son conjoint au Panthéon : le 7 avril 1907, Sophie Berthelot, affectueusement surnommée «l’inconnue du Panthéon», avait intégré le temple en sa qualité d’épouse de Marcellin Berthelot, un chimiste à l’origine de 1.200 brevets entre 1850 et 1907, notamment dans le domaine de la pharmacologie. Elle avait pourtant activement participé aux recherches de son époux.

Elle fut la toute première femme à être enterrée dans ce monument destiné «aux grands hommes». Selon Madame Figaro, celui qui était président de la République à cette époque, Armand Fallières, avait expliqué que «les deux époux, qui s’étaient tendrement aimés, avaient demandé à ne pas être séparés dans la mort plus qu’ils ne l’avaient été dans la vie». Les époux étaient d'ailleurs si inséparables qu'ils sont décédés le même jour, le 18 mars 1907, à quelques heures d'intervalle.

Enfin, les dépouilles des indissociables Pierre et Marie Curie reposent également ensemble au Panthéon depuis 1995, mais les deux scientifiques ont chacun été transférés pour l’importance de leurs travaux respectifs sur la radiation. Ils avaient obtenu ensemble le Prix Nobel de physique en 1903, puis celui de chimie en 1911.

C’est le président François Mitterrand qui a décidé de les panthéoniser, quatre-vingt-dix ans après la mort de Pierre, et soixante ans après celle de Marie. Parmi les «grands hommes», elle fut ainsi la première femme à être honorée pour son propre mérite. Le couple, qui a été longuement exposé à des radiations, repose dans un cercueil contenant une épaisse couche de plomb pour éviter toute contamination. 

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