L’ancien gérant du QG d’En Marche raconte des altercations avec Benalla

Gilles de Laclause a raconté avoir eu deux altercations avec Alexandre Benalla.[PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP]

Gilles de Laclause a loué à Emmanuel Macron l’immeuble qui a servi de QG de campagne pour sa campagne présidentielle. Plusieurs fois confronté à Alexandre Benalla, il a confié n’être «absolument pas surpris» par les polémiques autour du collaborateur du président de la République.

Gilles de Laclause a ainsi confié à nos confrères de Franceinfo avoir eu deux altercations avec Alexandre Benalla à cette époque. La première a eu lieu au téléphone, durant un échange où «il s’est montré très agressif au téléphone». Un incident qu’il assure avoir fait remonter «à des personnes d’En Marche», qui lui auraient répondu : «c’est qu’un bénévole, pour l’instant c’est personne».

Gilles de Laclause raconte un autre incident qui l’a opposé à Alexandre Benalla. Alors que ce dernier est contrôlé par un agent de sécurité placé en bas de l’immeuble, Benalla «s’emporte» contre lui «en mode "je vais te péter la gueule"». Alexandre Benalla sort alors une «carte tricolore» et explique «qu’il travaille pour les services du Premier ministre». Une altercation qui finira par pousser Gilles de Laclause à appeler la police, mais le collaborateur d’Emmanuel Macron est déjà parti quand cette dernière arrive sur place. S’il décide de ne pas porter plainte, il demande aux responsables d’En Marche de ne plus laisser Alexandre Benalla entrer dans l’immeuble.

Au regard de ces anecdotes, Gilles de Laclause raconte qu’il savait qu’«un jour, il y aurait un clash majeur avec Alexandre». Pour lui «tout le monde savait qu’il était sujet à des coups de gueule. Après il y avait deux attitudes : il y avait déjà des gens qui n’acceptaient pas, ce qui était mon cas, et il y avait des gens qui minimisaient en disant "il est excellent, il est juste un peu chien fou, un jeune"».

Dès lors, Gilles de Laclause estime que les torts sont partagés. «Dès le départ il fallait que cette personne soit bien orientée», à ses yeux. «Moi j’avais bien vu qu’il avait des faiblesses et des lacunes. Il se disait expert en sécurité, mais quand on a visité l’immeuble je n’avais pas l’impression d’avoir un expert en face de moi. Pour moi il était un bénévole de la campagne, qui rendait des coups de main».

Dès lors, «il y a beaucoup de gens qui pouvaient le recadrer, le remettre sur les bons rails (…), qui pouvaient dire non, mais qui laissent faire parce qu’ils pensent que c’est le voisin qui va le faire à leur place. On le voit dans les auditions, peut-être que personne n’a rien osé dire en pensant "je vais être mal vu à l’Élysée"».

«Je ne suis pas surpris que quelque chose comme ça éclate, et je dirais même, quelque part, je suis soulagé que ça ne soit pas encore plus grave», conclut Gilles de Laclause.

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