Un collectif féministe fustige les cartes postales sexistes

Femmes solidaires dénonce la «culture du viol» à laquelle participent ces images[CHARLY TRIBALLEAU / AFP]

«Gros bisous de vacances», «Salut les collègues» ou encore «la Provence c'est super» : on a tous vu ces slogans sur des cartes postales dont le design rappelle les années 1990, et qui affichent des femmes nues ou partiellement dénudées. Tellement souvent que parfois, elles ne nous interpellent même plus.

Pour en finir avec les messages jugés sexistes ou même discriminants que ces cartes postales renvoient, le collectif féministe Femmes solidaires, qui regroupe 190 associations sur l'ensemble du territoire français, demande leur interdiction.

Chaque militant local a ainsi été prié de se procurer auprès des papeteries et tabacs ce type de cartes et de les faire parvenir au collectif. Femmes Solidaires en a déjà récolté plus de deux cents, et compte en partager une par jour sur son compte Twitter, jusqu'à ce qu'une autorité compétente prenne la décision de les faire retirer de la vente.

Pour accélérer la procédure, l'organisation a choisi d'interpeller la secrétaire d'État aux Droits des Femmes Marlène Schiappa, Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, le Haut Commissariat à l'égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que le CSA et l'Union professionnelle de la carte postale.

Sur ces cartes postales, Carine Delahaie de l'association Femmes solidaires dénonce l'objectification des femmes : «On fait de la pétanque ou on voit un paysage et au milieu l'objet, c'est une femme. Parfois ce sont des images très violentes, qui appellent pour certaines au viol ou ce sont des images pornographiques», comme elle l'explique à Terra Femina. «A partir du moment où l'on voit ces filles comme des objets, vous véhiculez l'image qu'elles sont disponibles et consentantes. On a en a repéré une par exemple qui dit : "Aujourd'hui je pointe, ce soir je tire". On se fiche de leur consentement», s'insurge-t-elle.

Des images grossophobes

Femmes solidaires dénonce la «culture du viol» à laquelle participent ces images. «Est-ce que les gens qui les achètent réalisent ce à quoi ils participent ? On ne veut pas être moralisatrices, on veut juste qu'ils se rendent compte en leur mettant d'autres lunettes. On peut faire autrement sans que cela gâche les vacances.» Le collectif compte par ailleurs dénoncer le caractère grossophobe de certaines de ces cartes postales : «On trouve parfois des cartes où l'on se moque des femmes obèses ou des vieilles dames. Mais on ne met jamais de vieux monsieur bedonnant dessus».

Contactés par nos confrères de l'AFP, les responsables de plusieurs des entreprises créatrices de cartes postales ont assuré que la demande pour ce type de photos était en forte baisse. «Cela fait des années qu'on n'en édite plus», a précisé Yves Nicolet, gérant de l'éditeur Cellard basé près de Lyon. «Aujourd'hui c'est un marché anecdotique, cela ne correspond plus à l'attente des gens», a-t-il ajouté, convaincu toutefois que ce type de cartes «ne portait atteinte à personne».

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