Attaque au couteau à Trappes : ce que l'on sait

Jeudi 23 août, un homme de 36 a tué au couteau sa mère et sa soeur et a blessé une troisième personne à Trappes, dans les Yvelines, avant d'être abattu par la police.

Les faits

Vers 9h30, l'assaillant a tué les deux membres de sa famille et blessé une passante, âgée de 66 ans, qui a été héliportée à l'hôpital. Il a été abattu par la police alors qu'il sortait «avec un couteau» d'un pavillon, situé rue Camille Claudel, dans lequel il s'était retranché.

Selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, l'assaillant qui a selon une source policière crié «Allah Akbar» («Dieu est le plus grand») dans le pavillon où il s'était retranché, continuait «à avancer malgré les sommations» des policiers, qui ont donc tiré.

Daesh a revendiqué l'attaque

Daesh a rapidement revendiqué l'attaque, déclarant via son organe de propagande, Amaq, que le trentenaire avait répondu aux «appels à cibler des ressortissants des pays de la coalition» militaire menée par les États-Unis qui combat le groupe jihadiste en Irak et en Syrie, et dont fait partie la France.

Mais la fiabilité des revendications de Daesh est mise en doute par des officiels et experts ces derniers mois après plusieurs revendications douteuses. Pour le moment, le parquet de Paris «n'a pas retenu la qualification terroriste», a annoncé Gérard Collomb jeudi, à Trappes.

«On en saura plus quand on aura pu examiner son téléphone, son appartement etc, de manière à voir la nature du conflit qui pouvait exister au sein de la famille et ce que pouvaient contenir ces documents.»

«En 2017 nous avons trois exemples de revendications farfelues de la part de Daesh : l'attaque d'une discothèque à Manille, des explosifs à Orly et surtout la tuerie de Las Vegas, qu'ils avaient revendiqués mais pour laquelle aucun lien n'a été établi avec Daesh», rappelle Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, interrogé par l'AFP.

«Un problème psychiatrique qui apparaît important»

Même si le ministre de l'Intérieur déclare que l'assaillant était «fiché» pour «apologie du terrorisme», il a indiqué qu'il présentait davantage le profil d'un «déséquilibré» que de quelqu'un «d'engagé» pouvant répondre aux «ordres et consignes» d'une «organisation terroriste, et de Daesh en particulier».

D'autre part, les témoignages recueillis par l'AFP dans le quartier semblaient renforcer l'hypothèse d'un différend familial. Selon plusieurs riverains, l'assaillant était séparé de sa femme et n'avait pas vu ses enfants depuis longtemps.

Que sait-on de l'assaillant ?

Né à Trappes, il avait été condamné en 2003 pour une «infraction militaire», il avait ensuite fait l'objet de trois procédures distinctes qui n'avaient «pas donné lieu à poursuites», dont l'une pour apologie du terrorisme «classée sans suite en 2016 au motif que l'infraction était insuffisamment caractérisée», a détaillé le parquet.

Ancien conducteur de bus, il avait été licencié par la RATP en raison de cette dernière procédure. Le 15 juillet 2016, soit le lendemain de l'attentat de Nice, selon les information du Parisien, il avait arrêté son bus suite à cette altercation, et fait des allusions difficilement compréhensible à propos de la religion. Un comportement qui avait conduit à une procédure disciplinaire. 

Selon les déclarations des voisins, l'homme âgé de 36 ans, était séparé de sa femme et n'avait pas vu ses enfants depuis longtemps. 

Pascal, 59 ans, habite dans un immeuble voisin. Il dit bien connaître l'assaillant. À ses yeux, il a «pété les plombs : «Je prenais souvent le café avec lui, ça faisait un mois que je l'avais pas vu». «On parle de terrorisme mais c'est pas un terroriste c'est un mec qui a pété les plombs», a-t-il estimé.

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