Plan pauvreté : les principales mesures présentées par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a dévoilé ce jeudi un plan très attendu de lutte contre la pauvreté, d'un montant de 8 milliards d'euros sur quatre ans, espérant lancer ainsi une nouvelle phase du quinquennat davantage axée sur le social.

Emmanuel Macron a dit vouloir lancer «un combat neuf», appelant «les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée», lors de sa présentation.

«Un revenu universel d'activité» en 2020

Emmanuel Macron a annoncé jeudi une «loi en 2020» visant à créer «un revenu universel d'activité» qui fusionnerait plusieurs prestations sociales pour «garantir un seuil minimal de dignité» à tous.

«Je souhaite créer par une loi en 2020 un revenu universel d'activité qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations et dont l'Etat sera entièrement responsable», a-t-il déclaré, précisant que ce revenu serait soumis à «des droits et des devoirs supplémentaires».

Les repas à 1 euro dans les cantines

Le président a souhaité jeudi un «accès universel» à la cantine pour les enfants les plus défavorisés «en développant les repas à un euro» dans les petites communes et les quartiers prioritaires, lors de la présentation de sa stratégie pauvreté.

«L'alimentation est un droit fondamental des enfants qui peine à être garanti», a déclaré le chef de l'Etat, souhaitant un «accès à la cantine plus universel» avec «des repas à un euro» et des petits-déjeuners proposés dans les écoles prioritaires «afin de s'assurer que tous les enfants commencent la journée dans les mêmes conditions».

50 M EUR investis pour l'aide sociale à l'enfance

Le président a, en outre, annoncé que 50 millions d'euros seraient investis pour «créer une obligation», avec l'Aide sociale à l'enfance, de trouver un logement, une formation, un emploi, aux jeunes qui n'ont «pas de solution» à leur sortie.

«Le gouvernement contractualisera avec les départements pour qu'ils préparent mieux la sortie de ces jeunes et puissent être aidés à le faire», a précisé le chef de l'Etat. «50 millions d'euros seront mobilisés à cette fin afin que les départements continuent d'accompagner les (...) jeunes dont ils ont la charge et qui n'ont pas de solution», a-t-il ajouté.

Un service public d'insertion

Le chef de l'Etat a également souhaité que l'Etat aide les départements à mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l'emploi, notamment bénéficiaires du RSA, en créant un «service public de l'insertion». «C'est le seul moyen de garantir l'universalité des droits» alors que le système est «aujourd'hui trop éclaté», «inégal territorialement», a détaillé le chef de l'Etat, souhaitant qu'à partir du 1er janvier «chaque personne qui s'inscrit au revenu de solidarité active (RSA) puisse avoir un rendez-vous dans le mois», dans «un lieu unique», pour bénéficier d'un accompagnement.

«Faire plus pour ceux qui ont moins» était le slogan qui s'affiche devant l'estrade du Musée de l'Homme à Paris où le président a commencé à prononcer, en fin de matinée, un discours qui devait durer environ une heure pour présenter la «stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté».

Avant de s'exprimer devant plusieurs ministres, dont celle des Solidarités Agnès Buzyn, M. Macron a entendu les témoignages "de personnes vivant dans la précarité ou ayant réussi à en sortir" interrogées par le délégué interministériel chargé du dossier, Olivier Noblecourt.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à Paris le 11 juillet 2018 [Bertrand GUAY / AFP/Archives]
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à Paris le 11 juillet 2018 [Bertrand GUAY / AFP/Archives]

Soucieux de combattre l'image de «président des riches» que lui colle l'opposition, M. Macron avait passé cinq heures lundi dans un centre d'ATD Quart Monde pour échanger avec des personnes touchées par la grande pauvreté, une rencontre qui devrait «nourrir les mots de son discours», ont expliqué ses conseillers.

En présentant ce plan lui-même, Emmanuel Macron veut démontrer l'importance qu'il lui accorde, cinq jours avant la présentation d'une réorganisation du système de santé.

Taux de pauvreté en France [Simon MALFATTO / AFP]
Taux de pauvreté en France [Simon MALFATTO / AFP]

Avec cette stratégie, il ambitionne d'«enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent de génération en génération» et permettre aux gens de «sortir de la pauvreté», selon son entourage.

Les mesures sont déjà «entièrement financées», a promis l'Elysée. Le montant s'élèvera à 8 milliards d'euros répartis sur quatre ans.

Cette «stratégie nationale» s'appuiera sur deux «piliers», la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes, et l'aide à la réinsertion vers l'emploi, a détaillé mercredi un conseiller du chef de l'Etat lors d'une rencontre avec la presse. 

La France comptait en 2016 quelque 8,8 millions de personnes pauvres, soit 14% de la population, selon l'Insee. Ce taux monte à 19,8% pour les moins de 18 ans.

Sont considérés comme pauvres celles et ceux qui perçoivent moins de 1.026 euros par mois (pour une personne seule), c'est-à-dire moins de 60% du revenu médian de la population.

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