Difficultés financières, affaires judiciaires... Le Rassemblement national peut-il mourir ?

Il pourrait jouer son va-tout. Le Rassemblement national (ex-FN) saura ­ce mercredi s’il a gagné son bras de fer avec la justice pour faire annuler la saisie de deux millions d’euros de subventions, ordonnée dans le cadre de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs au ­Parlement européen.

Pour justifier cette confiscation, survenue début juillet, les magistrats avaient évoqué le «risque» que le parti, «très endetté», ne s’en serve pour rembourser ses emprunts et ne puisse plus payer les amendes et dommages-intérêts en cas de condamnation.

Depuis, Marine Le Pen a multiplié les ­attaques contre cette saisie – inédite pour un parti politique –, évoquant un «coup d’Etat» des juges, un «assassinat politique», un «hold-up» ou encore une «persécution». Mise en examen (tout comme son parti) dans ce dossier pour «complicité d'abus de confiance», elle doit être réentendue en octobre par les juges.

Un avenir très incertain

Une situation délicate, à tel point que c'est «la survie même du Rassemblement national, premier parti d'opposition de France, [qui] est mise en péril», a estimé l'avocat du RN David Dassa-Le Deist, dans son mémoire transmis à la cour.

Dès juillet, Marine Le Pen a elle-même évoqué le «risque» de la «mort du RN», agitant la menace d'un dépôt de bilan alors que cela faisait déjà six mois que le parti vivait sur ses économies. Afin de pouvoir «payer les salaires», le RN a même lancé un appel aux dons, qui lui aurait permis de récolter déjà plus de 600.000 euros – un coup de pouce non négligeable, mais un aveu de faiblesse évident. A cela s'ajoutent les difficultés chroniques du RN pour dénicher des banques qui acceptent de lui faire des crédits (pour rappel, la Société générale avait décidé, en novembre 2017, de fermer les comptes du parti).

Autant de preuves que, si la justice confirme la saisie des deux millions d'euros d'aides publiques, le parti d'extrême droite pourrait vivre ses derniers instants.

Cela dit, le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, s'est montré plus optimiste dans les colonnes de LCI : «On a des dettes, certes, mais le RN est assuré d’avoir sur les cinq ans de la mandature législative entre 35 à 40 millions d’euros de recettes (dons, reversements, aides…). On peut fonctionner et s’en sortir.» Avant de nuancer : «Mais le parti ne doit pas être privé brutalement d’une partie de ces recettes.»

Quelle que soit l’issue ce mercredi, le litige devrait aller jusqu’à la Cour de cassation. De quoi enfoncer petit à petit une grosse épine dans le pied du parti, à seulement huit mois des élections européennes.

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