Elections européennes : un clip du gouvernement fait polémique

Un clip gouvernemental, censé appeler les électeurs à voter aux élections européennes 2019, est accusé par l'opposition de faire la propagande du parti au pouvoir, La République en marche.

«Immigration : maîtriser ou subir ?», «Climat : agir ou ignorer ?», «Emploi : partenaires ou concurrents ?», «Europe : union ou division ?». Voici les quatre questions abordées dans ce clip de 30 secondes, mis en ligne sur la chaîne YouTube du gouvernement le 26 octobre dernier, et déjà vu plus d'un million de fois. En conclusion apparaît la phrase : «En mai 2019, l'Europe changera, à vous de décider dans quel sens», au-dessus de l'inscription ouijevote.fr, le site internet du gouvernement dédié aux élections européennes.

Une musique angoissante, faisant croire à une fin du monde proche, et des images choc, défilant à un rythme rapide, accompagnent ces textes. Ces dernières montrent pêle-mêle des migrants sauvés de la noyade, des femmes portant leurs enfants à bout de bras ou encore des morceux d'icebergs qui s'effondrent.

Les dirigeants européens nationalistes pointés du doigt

A la fin du clip, dans la dernière partie «Europe : union ou division ?», apparaissent, haranguant les foules, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini et le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Des images qui font écho aux propos d'Emmanuel Macron ces dernières semaines, pour qui les prochaines élections européennes se résumeront à une lutte entre progressistes et nationalistes, dont les deux dirigeants italien et hongrois seraient les premiers représentants.

Dans un entretien à Ouest-France publié mercredi 31 octobre, le chef de l'Etat a une nouvelle fois ciblé ses adversaires populistes, évoquant le risque pour l'Europe «de se démembrer par la lèpre nationaliste». Celui-ci a également mis en garde contre un retour aux années 30, se disant «frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l'entre-deux-guerres».

Le clip gouvernemental n'a pas manqué de faire réagir l'un de ses principaux acteurs. «Le gouvernement français publie, avec l’argent des contribuables, un clip officiel pour les européennes en m’utilisant comme un épouvantail. Macron et ses amis doivent avoir très peur : en 2019, un printemps des peuples qui va les balayer les attend !», a écrit Matteo Salvini sur son compte Twitter.

L'opposition demande le retrait du clip

De l'autre côté des Alpes, le clip gouvernemental a également provoqué le courroux d'une grande partie de l'opposition. Le mouvement Génération.s, fondé par l'ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon, a annoncé jeudi 1er novembre qu'il allait saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et la Commission nationale des comptes de campagne, en demandant «le retrait immédiat de ces clips de campagne LREM maquillés en clips officiels sur fonds publics», a réagi dans un communiqué Mehdi Ouraoui, porte-parole du mouvement.

Même son de cloche du côté du Parti socialiste, le sénateur PS du Val d'Oise Rachid Temal exigeant lui aussi le retrait de ce clip «populiste et orienté», qui «n’est en rien un appel au vote pour les européennes mais un clip de propagande pour LREM».

A droite et à l'extrême-droite également, le clip gouvernemental est loin de faire l'unanimité. Sur CNews, la porte-parole du parti Les Républicains, Laurence Sailliet, a dénoncé ce vendredi 2 novembre un «clip de propagande», estimant qu'Emmanuel Macron «attise les peurs». «Vous savez à qui il me fait penser ? A Marine Le Pen, c'est la même stratégie», a ajouté la porte-parole LR. 

Pour Thierry Mariani, député LR du Vaucluse et ex-ministre sous Nicolas Sarkozy, pressenti pour figurer sur la liste du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen lors des européennes, il s'agit de «la propagande avec de gros sabots», accusant le clip de «stigmatiser de manière hypocrite et sournoise Salvini et Orban».

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