Macron à bord du Charles de Gaulle : le président «entend la colère» des «gilets jaunes», mais se dit «méfiant» face aux récupérations

Emmanuel Macron a visité mercredi le porte-avions Charles de Gaulle, «immense fierté» pour la France, qui, tout juste rénové, croise actuellement à 15 kilomètres au large de Toulon et à bord duquel le chef de l'État passera la nuit.

«C'est une immense fierté. Nous sommes les seuls au monde avec les Américains à avoir ce type d'équipement», a déclaré le président à quelques journalistes après s'être rendu dans la passerelle de navigation. «Beaucoup pensaient que le Charles de Gaulle ne pourrait jamais prendre la mer. On a ici un porte-avions d'excellence, à la pointe de la technologie, qui est au cœur de notre crédibilité militaire», a-t-il ajouté.

Arrivé en hélicoptère vers 16h30, Emmanuel Macron a assisté depuis le poste de commandement au catapultage de six Rafale et d'un avion de guet Hawkeye. C'est la première fois qu'un président de la République dort à bord de l'unique porte-avions français, fleuron de son armée. Le Charles de Gaulle est actuellement en phase d'essai après être sorti mi-septembre du chantier où il a bénéficié d'une cure de jouvence durant 18 mois. A son bord, Emmanuel Macron est allé à la rencontre de l'équipage, «de l'amiral au matelot», avant de donner un entretien en direct au JT de 20H de TF1.

«respect et considération»

«Il faut faire les choses dans le bon ordre. Une série d'études sont lancées et permettront de décider en 2020», a-t-il déclaré aux journalistes à bord. «Quand on parle d'armée européenne», c'est par rapport à une «autonomie stratégique» et le fait de «ne pas dépendre des autres pour nous protéger. Typiquement, le Charles de Gaulle est au cœur de cette stratégie», a-t-il ajouté.

Il a réagi aux tweets très agressifs de son homologue américain Donald Trump : «Entre alliés, on se doit le respect. Je ne veux pas entendre le reste», a-t-il déclaré. 

Le président a également assuré «entendre la colère» de ceux qui veulent manifester samedi 17 novembre. «Respect et considération», a-t-il résumé, ajoutant vouloir «comprendre» la grogne. «Ensuite, je dis 'méfiance'. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui veulent récupérer ce mouvement, beaucoup de partis politiques», a-t-il déclaré. 

Au cours de cette interview accordée à TF1, il a reconnu ne pas avoir réussi «à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants». «Nous concitoyens aujourd'hui veulent trois choses : qu'on les considère, qu'on les protège, qu'on leur apporte des solutions. Pas des déclarations. Des solutions. La considération, on ne l'a sans doute pas assez apportée», a-t-il précisé. 

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