Un haut fonctionnaire du Sénat soupçonné d’espionnage au profit de la Corée du Nord

Le Palais du Luxembourg où se trouve le Sénat français, à Paris. [LIONEL BONAVENTURE / AFP]

Un homme a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour recueil et livraison d'informations à une puissance étrangère susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.

La garde à vue a commencé dimanche soir, selon une source judiciaire. Cette dernière ajoute que l'enquête, ouverte en mars par le parquet de Paris, a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). C'est l'émission «Quotidien», diffusée sur TMC, qui a révélé l'interpellation de ce haut-fonctionnaire français. Cet homme, administrateur principal de la Direction de l'architecture, du patrimoine et des jardins du Sénat, est soupçonné de livrer des informations «sensibles» à la Corée du Nord.

Placé en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Benoît Quennedey est interrogé par les services du renseignement qui cherchent à savoir s'il a effectivement «fourni» des informations confidentielles au régime paria de Pyongyang, a précisé une source proche de l'enquête. Selon Quotidien, ses bureaux ont été perquisitionnés par les policiers du renseignement qui l'ont interpellé à son domicile.

Ancien diplômé de l'ENA, Benoît Quennedey a consacré plusieurs travaux à la Corée du Nord. Président de l’Association d’amitié franco-coréenne, il a voyagé à de multiples reprises dans l’ensemble de la péninsule coréenne depuis 2005, selon le site des éditions Delga qui ont publié son ouvrage "La Corée du Nord, cette inconnue".

En 2013, il a également signé un essai sur l'économie du régime de Pyongyang intitulé "L'Économie de la Corée du Nord, Naissance d'un nouveau dragon asiatique" (Ed. Les Indes Savantes). Dirigée d'une main de fer par Kim Jong Un, la Corée du Nord est frappée depuis plusieurs années par un arsenal de sanctions économiques occidentales qui vise à contraindre le régime à renoncer à son programme de missiles nucléaires.

Interrogé en août sur la chaîne RT France, émanation de Russia Today, M. Quennedey, alors présenté comme "expert en relations internationales", avait salué le réchauffement des relations entre la Corée du Nord et les États-Unis après l'annonce par Washington de la suspension de ses opérations militaires en Corée du Sud. "On crée les conditions de la confiance pour engager le dialogue sur une bonne voie," déclarait-il, selon une vidéo postée sur YouTube.

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