«Lundi vert» : 500 personnalités appellent à ne pas manger de viande et de poisson chaque lundi

Les personnes souhaitent s’engager dans cette opération sont invitées à s’inscrire sur le site de la campagne.[Stephen Lovekin / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

500 personnalités du monde artistique, scientifique et politique lancent un appel à un «lundi vert», journée lors de laquelle ni viande, ni poisson ne seront consommés.

Parmi les signataires figurent plusieurs personnalités connues, notamment le photographe Yann Arthus-Bertrand, les actrices Cécile de France et Isabelle Adjani ou encore l’animateur Frédéric Lopez. Pour ne citer qu’eux.

Tous les signataires de cet appel, initié par les chercheurs Laurent Bègue et Nicolas Treich, s’engagent à ne consommer ni viande, ni poisson, chaque lundi pendant un an. Un premier pas «réaliste» visant à encourager un changement des habitudes alimentaires des Français.

«Il existe aujourd’hui des raisons impératives de diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France. Nous pensons que chaque personne peut faire un pas significatif dans ce sens», écrivent les auteurs de cette campagne. Pour appuyer et expliquer leur propos, ces derniers listent les trois raisons qui motivent un tel changement alimentaire.

Protéger l'environnement

Premier point évoqué : la protection de l’environnement. Les auteurs rappellent que le production de viande est «l’une des activités humaines ayant les conséquences les plus néfastes pour l’environnement», notamment en raison du gaspillage des ressources naturelles, notamment en eau potable. A l’heure où le réchauffement climatique inquiète de plus en plus, l’appel souligne que la production de viande contribue à 14,5% des émissions totales de gaz à effet de serre.

«Les dégâts environnementaux de la consommation de chair animale sont également constatés en mer, où la surpêche représente une cause massive de destruction des écosystèmes et d’extinction écologique», écrivent-ils également.

Un enjeu de santé publique

Deuxième argument en faveur de ce «lundi vert» : la santé. De nombreuses études pointent depuis des années les liens entre consommation excessive de chair animale et pathologies, notamment les cancers et les maladies cardiovasculaires. «Les Français consommant près de 100g de viande chaque jour augmentent de 30% leur probabilité de développer un cancer en comparaison de ceux qui se limitent à 40g en moyenne», peut-on ainsi lire.

Ce jeudi 3 janvier, le Forum économique mondial (WEF) soulignait en ce sens que le remplacement de la viande par d’autres formes de protéines «pourrait empêcher des millions de morts inutiles» chaque année.

Les auteurs de cette tribune pointent par ailleurs les risques sanitaires (épidémies, résistance aux antibiotiques) provoqués par l’élevage industriel.

Enfin, dernière raison évoquée dans cet appel : la protection des vies animales. A l’image des vidéos choc de l’association L214 publiées régulièrement, les auteurs dénoncent les conditions d’élevage et d’abattage en France, évoquant des «mutilations systématiques», des animaux «confinés dans des cages», gavés pour grossir plus vite, transportés dans des «conditions inadéquates et brutales». Le sort des poissons n’est pas mieux : «déversés sur la glace, ils y agonisent asphyxiés, écrasés par les autres poissons ou meurent par éclatement de leurs organes internes à cause de la décompressions».

Chaque personne peut ainsi contribuer à protéger l’environnement, sa santé et les animaux en participant au «lundi vert».

 

Les personnes souhaitant s’engager dans cette opération sont invitées à s’inscrire sur le site de la campagne. Elles participeront ainsi à une étude scientifique coordonnée à Grenoble et menée conjointement par les chercheurs du CNRS, l’INRA et de plusieurs universités. Lors de leur inscription, les participants doivent remplir un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires, leur personnalité et leur sensibilité avec la cause animale. Par la suite, chaque lundi, pendant un an, ils recevront un message (par mail ou par sms) de motivation et devront indiquer s’ils participent toujours à l’opération.

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