Jacline Mouraud, l'une des figures des «gilets jaunes», a annoncé ce dimanche à Orléans (Loiret) la fondation de son parti «Les Émergents», dans le but de faire de la politique autrement.
«On souhaite refaire de la politique avec du coeur et de l'empathie, aujourd'hui c'est le règne de l'argent. On veut tenir compte de tout le monde en oeuvrant pour une meilleure répartition des richesses», a-t-elle expliqué, disant que sa formation n'est «ni de droite, ni de gauche».
La Bretonne de 51 ans s'est fait connître en publiant une vidéo sur Facebook en octobre dernier pour dénoncer «la traque aux automobilistes». Elle était ainsi devenue l'une des initiatrices du mouvement des «gilets jaunes».
En raison de menaces dont elle s'estime la cible, Jacline Mouraud a annoncé le lieu de la conférence de presse aux médias seulement quelques minutes avant son début. Sa prise de parole s'est finalement tenue dans un hôtel d'Orléans, ville choisie notamment pour sa position au centre de la France. Accompagnée du trésorier, d'une secrétaire et de deux autres membres, la cinquantenaire a soutenu «qu'énormément de personnes voulaient rejoindre» le nouveau parti.
«Si c'était productif, on n'en serait pas à l'acte 11»
«Les Emergents» ne va pas proposer de liste aux élections européennes de mai mais compte être présent aux municipales de 2020.
Lors de la conférence de presse, Jacline Mouraud a dévoilé quelques éléments du programme de son parti, comme «stopper les projets 'climaticides'», «baisser le train de vie des élus», «développer des maisons de charité» en faisant appel «aux grands patrons» pour leur financement. Elle souhaite également «baisser la TVA sur les produits de première nécessité» ou encore «réviser la taxation des entreprises du CAC 40 pour une meilleure répartition entre salariés et actionnaires». L'ex-«gilet jaune» milite aussi pour «une tranche supplémentaire sur l'impôt sur le revenu».
En outre, interrogée sur l'évolution du mouvement des «gilets jaunes», Jacline Mouraud a estimé que «si c'était productif, on n'en serait pas à l'acte 11». «Le temps des revendications est passé : la phase A c'est fait, tout le monde sait ce qui se passe en France. Il faut passer à la phase B, et partir dans la construction et la proposition. Revendiquer sans proposer est un peu incohérent ! », a-t-elle déclaré.
