«Gilets roses» : les assistantes maternelles de nouveau dans la rue

Des centaines d'assistantes maternelles ont manifesté samedi à Paris et dans une trentaine d'autre villes contre la réforme de l'assurance chômage voulue par le gouvernement, craignant de «se faire grignoter des droits» dont elles «ne peuvent pas se passer».

Plus d'un millier d'«assmats» ont manifesté dans 35 villes, un chiffre proche de leur précédente mobilisation début février, a indiqué à l'AFP Stéphane Fustec, conseiller fédéral CGT pour le secteur des services à la personne.

A Paris, entre 50 et 100 «gilets roses» ont battu le pavé parisien, en tête du cortège qui s'est élancé de la place de l'Etoile vers 11 heures, accompagnées d'un groupe de «gilets rouges» de la CGT et de quelques gilets jaunes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un moyen pour ces femmes, qui peuvent difficilement se mobiliser en semaine, de bénéficier de la couverture médiatique du mouvement des gilets jaunes.

Ces assistantes maternelles redoutent que la future réforme de l'assurance chômage réduise, voire supprime leurs droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).

«On va se faire grignoter nos droits»

Actuellement, si un contrat prend fin entre l'assistante maternelle et un de ses employeurs, l'ARE compense 57% à 75% du revenu perdu, en complément des revenus des autres emplois «conservés».

«Avec cette nouvelle réforme, il faudra qu'on perde tous nos contrats pour toucher cette allocation», affirme Brigitte Petetin, 59 ans dont 30 ans de métier et déléguée de la Confédération des syndicats d'assistants familiaux et assistants maternels (Csafam) pour le Val-de-Marne.

«On va se faire grignoter nos droits», craint Véronique, 52 ans, qui exerce à Paris depuis deux décennies et s'inquiète d'un développement du «marché noir» de la garde d'enfants, celui des «petits mots dans les boulangeries».

«On arrive à sortir la tête de l'eau avec l'ARE, on ne peut pas s'en passer», explique Cécile Chaze, 49 ans et «nounou» depuis 10 ans dans l'Essonne.

«Notre métier, on l'aime et on veut que les politiques le comprennent», ajoute-t-elle, déplorant l'absence de médecine du travail, la formation «à faire sur les jours de repos» et les contentieux fréquents avec les parents-employeurs lorsque les assistantes maternelles ne sont pas «payées en temps et en heure».

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