Contestation en Algérie, en direct : marée humaine pour la «Fête de la révolution»

Les manifestants ont envahi les rues d'Alger ce 1er novembre.[RYAD KRAMDI / AFP]

Face à une contestation inédite en vingt ans de pouvoir, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a démissionné de ses fonctions en avril. Mais les opposants poursuivent la mobilisation contre le régime.

1er novembre

15h46

L'absence de comptage officiel ou indépendant et la topographie rendent impossible de dénombrer les manifestants. Mais en ce 37e vendredi consécutif de manifestation, la mobilisation est similaire à celle constatée au plus fort du «Hirak», le mouvement de contestation inédit du régime dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Le cortège progresse très lentement dans les rues noires de monde, autour de la Grande Poste, bâtiment emblématique du coeur d'Alger et devenu le lieu de rassemblement des manifestations hebdomadaires, qui résonnent de slogans tels que «l'Algérie veut son indépendance», «le Peuple veut son indépendance».

14h15

Ce vendredi 1er Novembre, une véritable marée humaine a envahi les rues d'Alger pour commémorer la «Fête de la révolution», appellée aussi «Toussaint rouge» en France, qui avait lancé la guerre d'indépendance de l'Algérie, il y a 65 ans.

Ce jour là, des indépendantistes commettent une trentaine d'attentats : une gendarmerie est bombardée, des récoltes sont brûlées... Les attaques feront dix morts. 

Ce 1er novembre 2019, le «Hirak», nom du mouvement de contestation, avait largement diffusé des appels à manifester sur les réseaux sociaux, afin d'entamer «la conquête de la nouvelle indépendance». 

Après avoir obtenu la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le «Hirak» réclame désormais le démantèlement du «système» au pouvoir depuis 1962 et refuse le scrutin présidentiel que le pouvoir souhaite organiser le 12 décembre pour élire le successeur du président Bouteflika.

5 juillet

13H08

Environ deux mille personnes ont commencé à manifester vendredi contre le pouvoir dans le centre d'Alger malgré un important dispositif policier et une dizaine ont été arrêtées, selon des témoins.

Des dizaines de fourgons de police sont garés près de la Grande poste, bâtiment emblématique de la contestation, a constaté un journaliste de l'AFP. Plusieurs rangées de policiers munis de casques et de boucliers ont tenté de bloquer les manifestants à une dizaine de mètres de l'esplanade du bâtiment. 

Aux cris de «vive l'Algérie, pacifique, nos revendications sont légitimes», des centaines de manifestants, cantonnés sur le trottoir, ont réussi à forcer le cordon policier. 

Une dizaine de manifestants ont été arrêtés et embarqués dans des fourgons de police, selon des témoins.

10H05

Ce 5 juillet, les Algériens sont appelés à manifester pour le vingtième vendredi consécutif, coïncidant avec le 57e anniversaire de l'indépendance du pays. Une mobilisation qui devrait être très suivie, avec toujours la même revendication : le départ du pouvoir en place.

Mardi 11 juin

12h59

L'ancien patron des patrons algériens, Ali Haddad, riche homme d'affaires lié au président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été condamné lundi à 6 mois de prison ferme pour la détention de deux passeports, ce qui est illégal en Algérie, selon la télévision nationale.

M. Haddad a été arrêté fin mars à la frontière avec la Tunisie en possession de deux passeports et de devises non déclarées, quelques jours avant la démission du président Bouteflika confronté à un mouvement de contestation inédit. Il est également, comme plusieurs autres hommes d'affaires et ex-responsables politiques sous le coup d'enquêtes anticorruption en cours.

Vendredi 7 juin

14h10

Le mouvement de contestation en Algérie se mobilise pour un 16e vendredi consécutif, le premier depuis l'annulation de la présidentielle qu'il rejetait en bloc, mais le pouvoir a réaffirmé sa volonté d'un scrutin à très court terme.

En fin de matinée, la police quadrillait totalement le centre d'Alger où plusieurs centaines de personnes sont déjà rassemblées, en chantant «Y en a marre de ce pouvoir».

Ils ont crié aussi «dégage!» au président par intérim Abdelkader Bensalah et au chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu de facto l'homme fort du pays depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, sous la pression de la rue.

VENDREDI 7 JUIN

12h54

Le Conseil constitutionnel en Algérie a jugé la présidentielle «impossible» à organiser, après le rejet des deux seules candidatures à ce scrutin prévu le 4 juillet, a annoncé dimanche la télévision nationale.

«Le Conseil constitutionnel rejette les deux dossiers de candidature déposés» et annonce par conséquent «l'impossibilité de tenir le présidentielle le 4 juillet», a-t-on indiqué de même source. Ce scrutin était censé permettre l'élection d'un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée.

dimanche 2 juin

14h40

Le chef d'état-major de l'armée, de facto homme fort de l'Algérie, a appelé lundi au respect du calendrier de la présidentielle, prévue le 4 juillet afin d'élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika mais massivement rejetée par la rue, selon la TV nationale.

«La tenue de l'élection présidentielle dans les délais permettra d'éviter le piège du vide constitutionnel», a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah, selon un bandeau diffusé par la télévision nationale. Il a dès lors appelé à la mise en place rapide de l'instance indépendante chargée d'organiser le scrutin.

LUNDI 20 MAI

16h50

Lors du 12e vendredi consécutif de manifestation, le premier depuis le début du ramadan, les Algériens se sont de nouveau fortement mobilisés affirme l'AFP. 

Jeudi 9 mai

18h58

La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), mouvement politique trotskiste, a été écrouée jeudi, à l'issue de son audition par la justice militaire, dans une enquête pour complots contre l'Etat et l'armée visant le frère de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika, selon un responsable du parti trotskiste qu'elle dirige.

Louisa Hanoune «a été placée en détention provisoire», a déclaré à l'AFP le député Ramdane Youssef Tazibt, membre du bureau politique du PT, précisant ne pas connaître les chefs d'inculpation qui lui ont été signifiés. Elle est «le premier responsable politique à subir une telle dérive» de la justice algérienne, a-t-il dénoncé.

Plus tôt dans la journée, la télévision nationale avait montré Louisa Hanoune, candidate aux trois derniers scrutins présidentiels en Algérie, arrivant seule au tribunal militaire de Blida (40 km au sud d'Alger), sans préciser sous quelle statut elle était entendue.

En revanche, le PT, qu'elle dirige depuis 2003, avait indiqué sur son compte Facebook que Louisa Hanoune était entendue depuis le début de l'après-midi «en tant que témoin, selon la convocation qu'elle a reçue», sans autre détail. 

dimanche 5 mai

22h00

Considéré comme le véritable homme fort du palais présidentiel depuis l'accident vasculaire de son frère, Saïd Bouteflika, puissant ex-conseiller du président algérien déchu Abdelaziz Bouteflika, a été arrêté samedi ainsi que deux anciens hauts responsables du renseignement, selon une source sécuritaire, un jour après de nouvelles manifestations massives contre le pouvoir en Algérie.

Saïd Bouteflika, 61 ans, était considéré comme le véritable homme fort du palais présidentiel depuis l'accident vasculaire cérébral dont a été victime son frère Abdelaziz en avril 2013. A ce titre, il est l'une des figures honnies des manifestants.

Samedi 4 mai

18h35

Le chef d'état-major de l'armée algérienne a appelé mercredi au «dialogue avec les institutions de l'Etat», après avoir opposé mardi une fin de non-recevoir aux revendications des manifestants, qui réclament la mise en place d'institutions de transition ad hoc pour gérer l'après Abdelaziz Bouteflika.

«Je demeure entièrement convaincu qu'entamer un dialogue constructif avec les institutions de l'Etat, est l'unique moyen pour sortir de la crise», a affirmé le général Ahmed Gaïd Salah dans une déclaration publiée mercredi sur le site du ministère de la Défense.

Ce dialogue, a-t-il insisté, est «la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles».

1er mai

15h45

L'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia a quitté le tribunal d'Alger après plusieurs heures d'audition. Il n'a fait aucune déclaration à sa sortie, s'engouffrant dans une voiture qui a quitté les lieux en trombe sous les cris des manifestants hurlant «voleur !».

On ignore pour l'heure si l'ancien chef du gouvernement a été inculpé et s'il fait ou non l'objet d'une mesure de contrôle judiciaire. 

10H57

L'ancien Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, limogé en mars pour tenter d'apaiser l'inédit mouvement de contestation du régime, est entendu par le Parquet d'Alger dans des dossiers «de dilapidation de fonds publics et d'avantages indus», a annoncé mardi la télévision publique.

M. Ouyahia, quatre fois Premier ministre depuis 1995, dont trois fois sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission le 2 avril, est arrivé en milieu de matinée au tribunal, selon des images diffusées par des télévisions privées. La veille, l'actuel ministre des Finances et ex-gouverneur de la Banque centrale avait été entendu au même tribunal.

Lundi 29 avril

12H58

Le ministre algérien des Finances Mohamed Loukal, gouverneur de la Banque centrale jusqu'à sa nomination fin mars au gouvernement, est entendu lundi par le Parquet à Alger en lien avec des affaires notamment de «dilapidation» de fonds publics, selon la télévision nationale.

La justice avait annoncé le 20 avril avoir convoqué M. Loukal en compagnie de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, sans préciser si elle souhaitait les entendre comme témoins ou suspects. L'ex-puissant chef de la police Abdelghani Hamel, limogé en juin 2018, est également entendu lundi par la justice dans une autre affaire, de «trafic d'influence».

Dimanche 28 avril

23H05

L'offensive judiciaire lancée en Algérie contre de puissants patrons depuis la chute du président Abdelaziz Bouteflika a fait une nouvelle victime: Issad Rebrab, PDG du principal groupe privé et première fortune du pays, a été placé en détention provisoire.

Le parquet a délivré un mandat de dépôt contre M. Rebrab, 74 ans, qui avait été arrêté lundi, a indiqué l'agence de presse officielle Algérie Presse Service (APS).

L'homme d'affaires est le fondateur de Cevital, un conglomérat affirmant employer 18.000 salariés sur trois continents, dans l'agroalimentaire, le BTP, la sidérurgie, la distribution, l'électronique et l'électroménager. Le magazine Forbes estime sa fortune à 3,8 milliards de dollars, la 1ere d'Algérie et la 6e d'Afrique.

Il est «soupçonné de fausses déclarations relatives à des mouvement de capitaux de et vers l'étranger, de surfacturation d'équipements importés et d'importation de matériel usagé malgré l'octroi d'avantages bancaires, fiscaux et douaniers» octroyés au matériel neuf, selon APS.

mardi 16 avril

18h50

La majorité des partis politiques et l'ensemble des syndicats ont boycotté, ce lundi 22 avril, une réunion convoquée par le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah pour préparer l'élection présidentielle du 4 juillet.

M. Bensalah, qui assure l'intérim à la présidence depuis que le chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika a été poussé à la sortie début avril par un vaste mouvement de contestation populaire, avait convié tous les partis politiques, syndicats, organisations de la société civile et des experts en droit constitutionnel à cette rencontre.

Le but : discuter des «mécanismes de la mise en place d'une instance nationale indépendante chargée de la préparation et de l'organisation» de la présidentielle.

Mais les Algériens, qui continuent de manifester chaque semaine, estiment que les personnalités issues du «système» mis en place par M. Bouteflika, ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable. Ils réclament notamment le départ de M. Bensalah et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

lundi 22 avril 

13H13

Le président du Conseil constitutionnel algérien, Tayeb Belaiz, une des principales figures du régime visées par les contestataires, a présenté sa démission mardi, selon la télévision nationale. M. Belaiz, un fidèle du président Abdelaziz Bouteflika, qui a lui-même démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de l'armée et de la rue, «a prévenu» le Conseil constitutionnel «qu'il avait présenté sa démission (...) au chef de l'Etat» par intérim Abdelkader Bensalah, d'après la TV nationale.

Lundi 15 avril

19h06

Une dizaine de militants d'un mouvement de jeunesse et d'un parti de gauche, arrêtés samedi soir alors qu'ils allaient manifester, ont été libérés dans la nuit, ont indiqué le mouvement et un des militants.

Ils avaient été arrêtés et emmenés dans un commissariat excentré alors qu'ils allaient participer à un rassemblement symbolique sur le parvis de la Grande Poste, épicentre de la contestation qui dure depuis huit semaines en Algérie. «Nous sommes libérés en attendant d'être libres», a écrit sur Facebook Hakim Addad, ancien cadre du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ-Algérie), organisation visant à mobiliser les jeunes sur les questions de citoyenneté. 

Les militants voulaient dénoncer les «velléités de répression et d'interdiction des manifestations» durant la semaine, a précisé Abdel Wahab Ferfaoui, vice-président du RAJ-ALgérie. Si la contestation se traduit essentiellement par des cortèges monstres le vendredi, jour de repos hebdomadaire en Algérie, les manifestations se sont multipliées durant la semaine.

Mardi, pour la première fois, la police ne s'est pas contentée d'encadrer des manifestants, mais elle a tenté, en vain, de disperser un cortège d'étudiants au même endroit. Dimanche matin, la police anti-émeute était déployée sur le parvis de la Grand Poste, en interdisant l'accès.

samedi 13 avril

20h42

Ca samedi à Alger, la manifestation qui avait commencé dans une ambiance plus tendue qu'à l'habitude, s'est achevée par des heurts entre quelques centaines de jeunes et des policiers. Ce n'est pas la première fois que la police tire des gaz lacrymogènes face à des irréductibles. Mais le face-à-face a débuté cette fois avant même la fin de la manifestation.

Des manifestants ont également été blessés, et au moins un a été touché à la poitrine par ce qui semble être une balle en caoutchouc comme celles tirées ponctuellement par les forces anti-émeutes, a constaté un photographe de l'AFP. Il n'a pas été possible d'obtenir de bilan global.

Des organisations de la société civile algérienne ont exprimé samedi leur crainte d'un raidissement possible de la police face aux manifestants. 

11H41

Selon la police, qui a attribué les violences à des «délinquants» infiltrés, 83 policiers ont été blessés dont quatre grièvement et 108 personnes arrêtées. Des manifestants ont également été légèrement blessés par des pierres, dans les bousculades ou ont fait des malaises en raison du gaz lacrymogène

VENDREDI 12 AVRIL

19H45

Quelques centaines de jeunes affrontent la police en plein coeur d'Alger, renvoyant les grenades lacrymogènes que tirent les policiers tentant de les disperser à l'issue d'un 8e vendredi de manifestations hebdomadaires qui a fortement mobilisé, selon des journalistes de l'AFP.

Alors que l'essentiel du défilé dans la capitale s'est déroulé dans le calme mais dans une ambiance plus tendue qu'à l'accoutumée, des heurts ont éclaté en milieu de journée en plein centre d'Alger entre des manifestants et un cordon de police. En fin de journée, les policiers tentent de repousser certains irréductibles hors du centre d'Alger, alors que le gros du cortège se disperse dans le calme.

15h44

Un cortège monstre défile dans le centre d'Alger pour un 8e vendredi consécutif de contestation, le premier depuis l'entrée en fonctions du président par intérim et l'annonce d'une présidentielle le 4 juillet pour désigner un successeur à Abdelaziz Bouteflika, selon des journalistes de l'AFP.

Le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres, mais en début d'après-midi une foule dense emplit les rues du centre de la capitale, au moins aussi importante que celle des vendredis précédents, dont les mobilisations étaient déjà jugées exceptionnelles.

13H09

Des policiers ont, pour le premier vendredi depuis le début des manifestations hebdomadaires, tenté d'évacuer, sans toutefois utiliser la force et sans y parvenir, le parvis de la Grande Poste, point de ralliement des contestataires à Alger, a constaté une journaliste de l'AFP.

Pour la première fois également en huit vendredis de contestation, plusieurs dizaines de policiers casqués et munis de boucliers barrent depuis le matin l'accès aux abords de ce bâtiment emblématique du coeur d'Alger.

Les policiers sont arrivés vers 08H00 (07H00 GMT), sous les sifflets de quelques centaines de manifestants, rassemblés dès l'aube sur le vaste escalier de cet édificie néo-mauresque, voire pour certains y ayant passé la nuit.

Jeudi 11 avril

19h19

L'élection présidentielle aura lieu le 4 juillet, annonce la présidence. 

«Abdelkader Bensalah, chef de l'Etat, a procédé le mardi 9 avril 2019, jour de sa prise de fonction, à la signature du décret présidentiel portant convocation du corps électoral à l'élection présidentielle fixée au 4 juillet 2019», a-t-elle précisé dans un communiqué.

14h49

L'armée algérienne «veillera» à la «transparence» et à «l'intégrité» de la transition politique qui doit mener à la tenue d'une élection présidentielle sous trois mois, a déclaré mercredi le chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah.

12H32

Au lendemain de sa nomination et malgré sa promesse d'un scrutin présidentiel «transparent» d'ici trois mois, le chef de l'Etat algérien par intérim, Abdelkader Bensalah, fait face mercredi à de nouvelles manifestations et un appel à une grève nationale.

«Dégage Bensalah !», «Une Algérie libre !». En matinée à Alger, quelques milliers de manifestants, gardés par un important dispositif policier, étaient déjà rassemblés sur la place du 1er-mai et près de la Grande poste, les deux poumons de la contestation qui ébranle le pays depuis sept semaines.

Des appels à reprendre la rue avaient essaimé sur les réseaux sociaux dès la veille, après l'annonce de la désignation de M. Bensalah pour assurer la transition.

Mardi 9 avril

21h51

Le président par intérim algérien Abdelkader Bensalah s'est engagé à organiser «un scrutin présidentiel transparent et régulier», dans un discours à la Nation retransmis à la télévision nationale.

«Nous sommes tenus de concourir, citoyens, classe politique et institutions de l'Etat, afin de réunir les conditions, toutes les conditions, d'un scrutin présidentiel transparent et régulier, dont nous serons tous les garants, un scrutin qui permettra à notre peuple d'exercer son choix libre et souverain», a-t-il déclaré.

Il s'est également engagé a organiser le scrutin sous 90 jours, comme prévu par la Constitution.

14h40

La police a fait usage de gaz lacrymogènes mardi lors d'une manifestation à Alger pour évacuer des milliers d'étudiants protestant contre la nomination d'Abdelkader Bensalah au poste de président par intérim.

11H52

Le président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, a été nommé mardi président par intérim, pour 90 jours, lors d'une réunion du Parlement algérien, une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, selon la télévision nationale.

Cette décision est conforme à ce que prévoit la Constitution, mais va à l'encontre de ce que réclament les Algériens qui continuent massivement à manifester pour réclamer le départ de l'ensemble du «système» Bouteflika, dont M. Bensalah est issu.

11H20

Le Parlement algérien a ouvert mardi sa réunion pour lancer un processus d'intérim incertain et massivement rejeté par la rue, une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, selon la télévision nationale algérienne. Les parlementaires doivent acter la «vacance» à la tête de l'Etat et théoriquement nommer le président de la chambre haute (Conseil de la Nation), Abdelkader Bensalah, pour assurer l'intérim à la tête de l'Etat pendant 90 jours.

LUNDI 8 AVRIL

16h38

Alors que l'on a appris dimanche que les parlementaires de l'Assemblée populaire nationale ainsi que du Conseil de la Nation allaient se réunir mardi matin pour constater la «vacance» de la présidence de la République et confier l'intérim à Abdelkader Bensalah, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a annoncé qu'il boycottera cette session. 

Le MSP est un parti islamiste qui se présente comme «modéré». Il a soutenu le président Bouteflika pendant dix ans en participant à une alliance gouvernementale avant de prendre ses distances, en 2012. 

«Participer à la réunion (parlementaire) équivaut à valider la désignation d'Abdelkader Bensaleh comme chef de l'Etat par intérim, or c'est une position contraire aux revendications du peuple», explique Abderrazak Makri, président du MSP, dans un communiqué reçu par l'AFP.

Selon la Constitution, le président du Conseil de la Nation doit transmettre, avant l'expiration du délai de 90 jours, le pouvoir à un nouveau président de la République élu entretemps au suffrage universel. M. Makri rappelle que le MSP ne s'oppose pas à la mise en place du processus d'intérim prévu par la Constitution si sont mises en oeuvre des réformes politiques «à même de garantir des élections libres et équitables».

Dimanche 7 AVRIL

12h25

L'éditorial du quotidien gouvernemental El Moudjahid, traditionnel vecteur de messages du pouvoir en Algérie, suggère dimanche d'écarter Abdelkader Bensalah, contesté par la rue, de la présidence par intérim en le remplaçant à la tête de la Chambre haute.

Les deux Chambres du Parlement doivent se réunir mardi, une semaine après réception par le Conseil constitutionnel de la lettre de démission d'Abdelaziz Bouteflika, pour acter, comme le prévoit la Constitution, la nomination de Bensalah, président du Conseil de la Nation, à la tête de l'Etat pour un intérim de 90 jours.

«Il faudrait trouver le plus tôt possible une solution à la question de la présidence du Conseil de la Nation, du moment que l’actuelle figure ne semble pas être tolérée par le mouvement citoyen», estime l'éditorial d'El Moudjahid.

«Ce n’est pas impossible de trouver un homme consensuel qui ait l'étoffe et le sens de l’Etat, pour conduire cette courte transition» de 90 jours à l'issue de laquelle le pouvoir doit être remis à un président élu au suffrage universel, poursuit-il.

08h36

Le Parlement algérien se réunira mardi à 08H00 GMT pour nommer le président par intérim, a annoncé samedi soir le Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement, la Constitution prévoyant que cette responsabilité incombe au président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah.

Cette session aura lieu une semaine après l'annonce, le 2 avril au soir, de la démission, sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée, du président Abdelaziz Bouteflika après 20 années au pouvoir.

La tenue de cette session réunissant les deux chambres parlementaires a été décidée après une réunion jeudi «sous la présidence d'Abdelkader Bensalah», d'après un communiqué du Conseil de la Nation cité par l'agence de presse officielle APS.

Selon la Constitution, Bensalah, président du Conseil de la Nation, devrait assurer l'intérim durant une période de 90 jours maximum et organiser une élection présidentielle dans ce délai.

Vendredi 5 avril

16h22

Le centre d'Alger était bondé pour le premier vendredi de contestation depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika, les manifestants criant leur refus de toute implication de ses anciens fidèles dans la transition politique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Difficile à évaluer précisément en l'absence de chiffres officiels, la mobilisation était massive dans la capitale peu après le démarrage du cortège en début d'après-midi, au moins aussi importante que celles des vendredis précédents, déjà jugées exceptionnelles

Des manifestations très importantes sont également en cours à Oran et Constantine (2e et 3e villes du pays), ainsi qu'à Batna (300 km au sud-est d'Alger), selon les images retransmises par la télévision nationale.

Le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie) fait également état de manifestations à Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira, les principales villes de la région de Kabylie, à l'est d'Alger.

 

Mercredi 3 avril

21H32

Le président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika «demande pardon» mercredi aux Algériens dans une lettre «d'adieux» publiée par l'agence officielle APS, tout en assurant avoir gouverné avec «sincérité et loyauté», au lendemain de son départ du pouvoir sous la pression de la rue.

«Je quitte la scène politique sans tristesse ni peur pour l'avenir de notre pays» et «je vous exhorte à demeurer unis, à ne jamais vous diviser», indique notamment M. Bouteflika dans cette lettre adressée à «ses chères sœurs» et «chers frères» algériens.

«Je ne puis achever mon parcours présidentiel sans vous adresser un ultime message» et «demander pardon à ceux, parmi les enfants de ma patrie, envers lesquels j'aurais, sans le vouloir, manqué à mon devoir en dépit de mon profond attachement à être au service de tous les Algériens et Algériennes», poursuit l'ancien président, qui se présente comme «désormais simple citoyen».

15h25

Le Conseil constitutionnel entérine la démission d'Abdelaziz Bouteflika. 

14h14

Le Conseil constitutionnel est actuellement réuni à Alger pour constater, conformément à la Constitution, la «vacance» de la présidence de la République, après la démission la veille du président algérien Abdelaziz Bouteflika, a annoncé mercredi l'agence de presse officielle APS.

Une fois constatée, le Conseil constitutionnel doit transmettre un acte de «vacance définitive» au Parlement, selon la Constitution. C'est le président du Conseil de la Nation (chambre haute), Abdelkader Bensalah, qui est chargé par la Constitution d'assurer l'intérim pendant trois mois.

11h28

Moscou a appelé mercredi à une transition sans «ingérence de pays tiers».

10h44

Ils ont chanté toute la nuit au rythme des klaxons et des feux d’artifice. Les Algériens ont fêté toute la nuit le départ d'Abdelaziz Bouteflika.

08h26

«Nous sommes confiants dans la capacité de tous les Algériens à poursuivre cette transition démocratique dans ce même esprit de calme et de responsabilité», a réagi Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

08h01

Malgré la démission d'Abdelaziz Bouteflika, les Algériens ne veulent pas en rester là et entendent manifester vendredi pour réclamer la fin du régime en place depuis 1999 et l'arrivée d'Abdelaziz Bouteflika.

07h12

Abdelkader Bensalah, 77 ans, président du Conseil de la Nation (chambre haute du Parlement algérien), est désormais censé assurer l'intérim à la tête de l'Etat durant au maximum quatre-vingt dix jours, le temps qu'une nouvelle élection présidentielle soit organisée. 

06H11

Le peuple algérien a célébré toute la nuit l'annonce de la démission du président Abdelaziz Bouteflika. A Alger et dans plusieurs autres villes, des feux d'artifice ont notamment été tirés.

MARDI 2 AVRIL

23H15

Un concert de klaxons a accueilli la nouvelle de la démission de d'Abdelaziz Bouteflika à Alger, et des Algérois ont commencé à se rassembler sur le parvis de la Grande poste, épicentre de la contestation, en plein centre de la capitale.

22H04

Le cadre de la future transition en Algérie après la démission du président Abdelaziz Bouteflika doit être fixé par les Algériens eux-mêmes, a déclaré mardi le département d'Etat américain. «Il revient aux Algériens de décider comment gérer cette transition en Algérie», a dit le porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, à peine une heure après l'annonce de la démission immédiate du chef de l'Etat, sous la pression de la rue et désormais de l'état-major de l'armée.

21H18

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a informé le Conseil constitutionnel de sa démission «à compter d'aujourd'hui» mardi, ont annoncé les médias officiels algériens. M. Bouteflika «a avisé officiellement le Conseil constitutionnel de la fin de son mandat de président de la République» à partir «d'aujourd'hui», mardi, indique un bandeau déroulant à la télévision nationale, quelques heures après la remise en cause par l'armée algérienne de l'autorité de la présidence.

20H20

L'armée algérienne considère comme non authentique le communiqué de la présidence ayant annoncé, lundi, la démission du président Abdelaziz Bouteflika avant la fin de son mandat, le 28 avril. L'armée estime que ce communiqué n'émane pas du chef de l'Etat mais «d'entités non constitutionnelles et non habilitées», non nommément citées.

lundi 1er avril

18H11

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika démissionnera avant l'expiration de son mandat, le 28 avril, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle APS.

Le chef de l'Etat prendra auparavant des «mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition», poursuit le communiqué, précisant que sa «démission (...) interviendra avant le 28 avril 2019», sans autre détail.

14h37 

Des suspects de corruption sont interdits de quitter le territoire, révèle ce lundi l'AFP

Dimanche 31 mars

21h10

Le président Abdelaziz Bouteflika a nommé dimanche un nouveau gouvernement, conduit par Noureddine Bedoui, désigné Premier ministre le 11 mars, et composé de 27 membres, dont seulement six de l'ancienne équipe, selon un communiqué de la présidence, cité par l'agence de presse officielle APS.

Selon la liste diffusée par la télévision nationale, le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, qui a récemment proposé la mise en oeuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter le président Bouteflika du pouvoir reste vice-ministre de la Défense. Ramtane Lamamra, nommé le 11 mars vice-Premier ministre et chef de la diplomatie, ne figure pas dans la liste.

17h56

Des centaines d'Algériens ou Français d'origine algérienne ont à nouveau manifesté, ce dimanche, à Paris et à Marseille en faveur d'un changement de régime en Algérie. 

A Paris, la manifestation a rassemblé place de la République, dans une atmosphère festive, nombre de familles venues avec des enfants en poussette ou sur les épaules de leurs parents, des jeunes drapés dans de grands drapeaux algériens. 

A Marseille, quelque 200 personnes ont également manifesté. 

13h40

L'ex-patron des patrons algériens Ali Haddad, homme d'affaires proche du président Abdelaziz Bouteflika, a été arrêté dans la nuit à un poste-frontière avec la Tunisie, a indiqué dimanche à l'AFP une source sécuritaire algérienne ayant requis l'anonymat, confirmant une information de médias locaux. Un journaliste de la chaîne d'information Dzaïr News, propriété du groupe médiatique de M. Haddad, a également confirmé, sous le couvert de l'anonymat, cette arrestation, annoncée par le site internet du quotidien francophone El Watan, puis par le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie).

Les deux sources interrogées par l'AFP ont dit ne pas connaître les raisons de l'arrestation de M. Haddad, qui a démissionné jeudi de la présidence du Forum des chefs d'entreprise (FCE), principale organisation patronale où son autorité était contestée depuis le début, le 22 février, du mouvement de contestation inédit qui agite l'Algérie.

Samedi 30 mars

22h

Alors qu'il avait proposé mardi qu'Abdelaziz Bouteflika soit déclaré inapte à l'exercice de la présidence algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, pourtant fidèle du chef d'Etat, a réitéré son appel ce samedi. 

Il «a insisté sur le fait que cette proposition, qui s'inscrit exclusivement dans le cadre constitutionnel, constitue l'unique garantie à même de préserver une situation politique stable, afin de prémunir notre pays de toute situation malencontreuse», selon un communiqué du ministère algérien de la Défense.

Vendredi 29 mars

14h15

Une foule énorme défile à Alger et demande le départ du régime actuel, relaie l'AFP. 

09h40

Le Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du parti (FLN) d'Abdelaziz Bouteflika, a demandé mardi la démission du président algérien, affaibli par la maladie et contesté par la rue, au lendemain de l'appel du plus haut-gradé de l'armée à son départ.

Dans un communiqué reçu par l'AFP et signé par son secrétaire général, l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment limogé, le RND «recommande la démission du président de la République (...) dans le but de faciliter la période de transition».

MARDI 26 mars

15h44

Le chef d'état-major de l'armée algérienne a demandé mardi que soit engagée la procédure prévue par l'article 102 de la Constitution, quand le président de la République «pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions».

Affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC, le président Abdelaziz Bouteflika est confronté depuis plus d'un mois à une contestation sans précédent depuis son arrivée à la tête de l'Etat en 1999. La solution permettant «une sortie de crise (...) se trouve dans l'article 102» de la Constitution, a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah dans un discours retransmis à la télévision nationale. 

DIMANCHE 24 MARS

18h48

A Paris, mais aussi Marseille ou Lille, des milliers d'Algériens ou Français d'origine algérienne se sont de nouveau réunis dimanche dans une atmosphère festive pour réclamer un changement de régime en Algérie, selon des journalistes de l'AFP.

«On est là pour libérer l'Algérie une deuxième fois», lance sur la place de la République Khadija, 43 ans, drapeau algérien en guise de cape et casquette aux couleurs berbères. Algérienne installée en France depuis 19 ans, elle est venue de banlieue avec son fils de 2 ans et demi, qui de sa poussette ne perd rien du spectacle, et sa soeur Farida, une lyonnaise de passage à Paris.

Familles, bande d'amis, jeunes enfants et vieux militants - au total quelque 9.500 manifestants selon la préfecture de Paris - se côtoient et débattent entre les stands de brochettes et merguez. Les percussions répondent aux youyous des femmes, un groupe entonne l'hymne national algérien, un chanteur improvise un raï aux accents politiques.

16h05

A Paris, la diaspora algérienne s'est rassemblé place de la République pour une marche silencieuse. Dès 14 heures, ils se sont élancés en direction de la place de la Bastille pour dire stop au président fantôme, Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans.

Samedi 23 mars

21H27

Dans un communiqué publié le 23 mars, une partie de l'opposition algérienne a proposé une feuille de route pour sortir de la crise politique actuelle provoquée par la volonté de maintien au pouvoir du président actuel, Abdelaziz Bouteflika. 

Elle prévoit «une courte période de transition» d'une durée de six mois, débutant dès l'expiration constitutionnelle de l'actuel mandat du chef de l'Etat, le 28 avril. La gestion de l'Etat serait alors confiée à une «instance présidentielle» collégiale. 

La feuille de route a été rédigée à l'issue d'une réunion entre plusieurs partis politiques et syndicats autonomes. Parmi ceux-ci figurent l'Avant-garde des Libertés d'Ali Benflis, principal adversaire du président Bouteflika lors des présidentielles de 2004 et de 2014 et chef de la principale formation islamiste, et le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) d'Abderrazak Makri, qui a rompu avec la majorité présidentielle en 2012.

18h07

«Non à la violation de la Constitution», «Avocats aux côtés du peuple», pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des avocats, venus de plusieurs régions du pays et rassemblés sur le parvis de la Grande Poste, bâtiment emblématique du coeur de la capitale algérienne.

Les avocats ont forcé un cordon de police pour défiler dans le centre de la capitale, avant de se disperser sans incident.

15h

Un millier d'avocats en robe noire ont manifesté ce samedi dans le centre d'Alger, pour appeler à un changement de régime en Algérie, au lendemain de nouveaux cortèges monstres à travers le pays réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

Le 23 mars est en Algérie la Journée nationale de l'avocat, instituée en souvenir de l'avocat indépendantiste Ali Boumendjel, torturé et tué par l'armée française le 23 mars 1957 durant la guerre d'indépendance (1954-1962). 

Vendredi 22 mars

13H29

Les Algériens entendent rester mobilisés avec de nouvelles manifestations vendredi, un mois jour pour jour après le début de la contestation, pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis autour des mots-dièses «Mouvement_du_22_mars», «Partez tous !», du slogan «Nous sommes unis, ils sont finis» et du conseil de ne pas oublier son parapluie, la météo prévoyant de la pluie.

Jeudi 21 mars

15h39

Le Front de libération nationale (FLN), parti du président algérien Abdelaziz Bouteflika, a affirmé soutenir le mouvement actuel de contestation et le «changement» qu'il réclame, tout en prônant le «dialogue» initié par le chef de l'Etat pour sortir l'Algérie de la crise.

Mouad Bouchareb, le patron du FLN, a souligné par ailleurs que le gouvernement «n'était pas entre les mains du parti», tentant de dissocier le régime de sa formation, ancien parti unique et au pouvoir depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962.

10h18

Un membre influent du Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir en Algérie, a jeté un pavé dans la mare en déclarant que l'Algérie avait été dirigée ces dernières années par des «forces non constitutionnelles». «Il y a des forces (...) non constitutionnelles (...) qui sont partout. L'Algérie a été dirigée par ces forces durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années», a dit Seddik Chihab à la chaîne privée El Bilad.

Seddik Chihab assure ne pas savoir qui décide «réellement» à la présidence.

Mardi 19 mars

18h54

Le ministère algérien des Affaires étrangères a démenti les «informations» distillées sur un «faux compte Twitter» attribué au chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, dénonçant une «pure manipulation».

Un compte Twitter au nom de M. Lamamra, nommé le 11 mars vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères - poste qu'il a déjà occupé de 2013 à 2017 - a été créé dimanche. Ce compte (@RLamamraMFA) se décrit comme son «compte officiel».

11H13

Quelques milliers d'étudiants défilent dans le centre d'Alger mardi pour réclamer à nouveau le départ du président Abdelaziz Bouteflika qui a répété la veille qu'il entendait rester au pouvoir, a constaté une journaliste de l'AFP. Des professeurs d'université, mais aussi des employés du secteur médical - médecins, infirmiers... - manifestent également ce mardi, jour anniversaire de la fin de la guerre d'indépendance de l'Algérie, selon des journalistes de l'AFP.

Lundi 18 mars

12H02

«On ne lâchera pas» : pour nombre d'Algériens ou de Français d'origine algérienne, réunis par milliers ce dimanche encore à Paris et par centaines en province, les manifestations dominicales se poursuivront jusqu'à ce que le régime algérien «entende le peuple», selon les témoignages recueillis par l'AFP.

Vendredi 15 mars

21H58

Les Algériens sont à nouveau très massivement descendus dans la rue vendredi, principalement à Alger, pour dire leur refus clair de la prolongation sine die du mandant du président Abdelaziz Bouteflika. Il s'agit du 4e vendredi consécutif de contestation nationale.

A Alger, même si le nombre de manifestants était difficile à établir en l'absence de chiffres officiels, la mobilisation a été au moins similaire à celle du vendredi précédent, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.

Oran, Constantine et Annaba, les 2e, 3e et 4e villes du pays ont également été le théâtre de mobilisations très importantes, comme la semaine dernière, selon des journalistes de médias locaux sur place. Des sources sécuritaires ont recensé des manifestations dans au moins la moitié des préfectures du pays, du Nord au Sud.

20H54

Le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki a salué vendredi le «caractère pacifique» des manifestations menées par les Algériens contre la prolongation sine die du mandat du président Abdelaziz Bouteflika au-delà du terme prévu.

17H16

«La Casa del Mouradia», chant de supporter d'un club algérois composé en 2018 pour témoigner du mal-être de la jeunesse algérienne, est devenu l'un des hymnes des manifestants contre la prolongation du mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

14h46

Une foule immense est désormais réunie dans le capitale en ce quatrième vendredi de manifestation. 

La mobilisation est également «très forte» à Oran, deuxième ville d'Algérie, selon les constatations des journalistes algériens. 

11h40

Des milliers de personnes manifestent actuellement dans le centre d'Alger.

Jeudi 14 mars

21H05

Le derby algérois de foot a été largement boycotté jeudi en réponse à un appel aux supporteurs à ne pas assister à la rencontre en raison de craintes de violences qui pourraient mettre au pas la contestation contre le pouvoir en Algérie. Le Stade du 5-Juillet (80.000 places) est resté largement vide tout au long de cette rencontre de championnat entre les deux clubs rivaux de la capitale Alger, selon un photographe de l'AFP. Du jamais-vu pour un match qui draine habituellement les foules. La police anti-émeutes a été en revanche déployée en nombre.

19H39

Grande figure de la guerre d'indépendance de l'Algérie, Djamila Bouhired a appelé les Algériens qui réclament depuis trois semaines le départ du président Abdelaziz Bouteflika à ne pas se faire «voler» leur «victoire», après le report sine die de l'élection présidentielle. Dans un très virulent «Appel à la jeunesse algérienne en lutte» reçu jeudi par l'AFP, Djamila Bouhired dénonce «un système politique installé par la force en 1962» qui «tente de survivre par la ruse».

11H35

«Prenons garde. Que Bouteflika ne se représente pas, tant mieux; qu'il parte, c'est une nécessité. Mais attention à ce que le chaos ne s'installe pas en Algérie, car pour la France l'installation de l'islamisme en Algérie serait une catastrophe», a estimé Laurent Wauquiez sur RMC.

MERCREDI 13 MARS

18H36

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika n'a pas reporté la présidentielle et prolongé de fait son mandat pour rester au pouvoir mais parce que le scrutin était source de «division» des Algériens, a assuré mercredi le nouveau vice-Premier ministre Ramtane Lamamra.

14h59

Le mouvement de contestation ne faiblit pas ce mercredi, avec la mobilisation des enseignants et élèves du secondaire. Plus d'un millier de personnes ont ainsi défilé dans le centre de la capitale, contre l'extension sine die du 4e mandat du président, et plus largement afin de réclamer «une meilleur avenir» pour la jeunesse.

10h57

Un millier d'enseignants et d'élèves manifestent en ce moment dans le centre d'Alger.

09H54

Sur les réseaux sociaux, le hashtag «Mouvement_du_15_Mars» a déjà remplacé ceux des 22 février, 1er et 8 mars, pour appeler à une 4e mobilisation.

MARDI 12 MARS

18H52

Des milliers d'étudiants ont manifesté mardi à Alger, et dans d'autres villes du pays, pour dénoncer une «ruse» d'Abdelaziz Bouteflika pour se maintenir au pouvoir, au lendemain du retrait de sa candidature à un 5e mandat et du report sine die de la présidentielle.

10h29

10h14

Des messages relayés durant la nuit sur les réseaux sociaux appellent les étudiants à manifester mardi pour «la fin du système», en se disant peu dupes de l'apparent recul, la veille, du président Abdelaziz Bouteflika. A Alger, les étudiants ont rendez-vous dans la matinée, pour un 3e mardi consécutif, sur la Place de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du coeur d'Alger, près de laquelle une demi-douzaine de camionnettes de police étaient déjà garées. A Annaba (nord-est), très mobilisée depuis le début du mouvement, les étudiants ont appelé à des rassemblements à l'intérieur des différents campus de la 4e ville du pays.

10h12

Marine Le Pen a demandé mardi que le gouvernement suspende l'octroi de visas aux Algériens pour prévenir un éventuel «afflux migratoire», relevant en Algérie une «soif de démocratie» comme en France, où «il n'y a pas véritablement (de démocratie) non plus» selon elle. «Il faut le faire. C'est une mesure raisonnable que de suspendre ces octrois» de visas pour les Algériens, a déclaré sur BFMTV-RMC la présidente du Rassemblement national (RN), dont le père et ancien président du FN (devenu RN) Jean-Marie Le Pen a émis cette idée sur Twitter.

09H37

Au lendemain de la décision d'Abdelaziz Bouteflika de ne pas briguer un cinquième mandat, Emmanuel Macron a appelé à «une transition d'une durée raisonnable».

LUNDI 11 MARS

22H38

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a «salué» lundi la décision du président algérien Abdelaziz Bouteflika de ne pas briguer un cinquième mandat et de «prendre des mesures pour rénover le système politique algérien».

«Je salue la déclaration du président Bouteflika par laquelle il annonce ne pas solliciter un cinquième mandat et prendre des mesures pour rénover le système politique algérien», a déclaré le ministre dans un communiqué. «La France exprime l'espoir qu'une nouvelle dynamique à même de répondre aux aspirations profondes du peuple algérien puisse s'engager rapidement», a ajouté le chef de la diplomatie française.

«La France réitère son attachement à ses liens d'amitié avec l'Algérie en formant des voeux de paix, de stabilité et de prospérité pour l'ensemble de son peuple», a conclu le ministre, dont le gouvernement affiche depuis le début des manifestations en Algérie une position de «ni ingérence, ni indifférence».

19H30

Le ministre de l'Intérieur Bedoui remplace Ouyahia comme Premier ministre.

18H35

Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat. Dans un message à la nation publié par l'agence officielle APS, il précise que la présidentielle prévue le 18 avril est reportée. Elle aura lieu «dans le prolongement» d'une «conférence nationale» chargée de réformer le système politique et d'élaborer un projet de Constitution d'ici fin 2019.

08h09

Pour la 3e semaine consécutive, une nouvelle marche estudiantine est prévue mardi.

DIMANCHE 10 MARS

18h44

Après deux semaines d'hospitalisation en Suisse pour des «examens médicaux», le président Abdelaziz Bouteflika est de retour en Algérie, a annoncé dimanche la présidence.

En parallèle, en France, la préfecture de police a indiqué que 10.000 personnes ont pris part à Paris à une manifestation contre un cinquième mandat du président algérien.

18h02

Des milliers de lycéens ont défilé dimanche en Algérie contre la candidature à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, l'arrivée d'un avion gouvernemental algérien depuis Genève laissant supposer un retour du chef de l'Etat qui était hospitalisé en Suisse.

L'avion aux couleurs du gouvernement algérien supposé ramener de Genève le chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika, a atterri dimanche à la base militaire aérienne de Boufarik, à une quarantaine de km au sud d'Alger, annoncent plusieurs chaînes algériennes d'information.

16h38

Un avion officiel algérien censé transporter le président Abdelaziz Bouteflika a quitté dimanche la Suisse, où le dirigeant avait suivi pendant deux semaines des examens médicaux.

L'appareil, un Gulfstream 4SP jet blanc aux couleurs de la République algérienne démocratique et populaire, qui était arrivé à l'aéroport de Genève dans la matinée, en a redécollé vers 16H00 locales (15H00 GMT), peu après l'arrivée d'un important convoi en provenance de l'hôpital où le président algérien avait été traité.

15h41

Des milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté dimanche dans plusieurs villes de France contre la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat en Algérie.

En Algérie, des milliers de lycéens défilent, tandis qu'un appel à la grève générale, lancé sur les réseaux sociaux, est diversement suivi à travers le pays.

Vendredi 8 mars

18H50

Les manifestants commencent à se disperser. Certains nettoient les rues de la ville selon tsa-algérie.com

15h25

Candidat à l'élection présidentielle, l'opposant Rachid Nekkaz a été interpellé vendredi à Genève par la police pour «violation de domicile». Il se trouvait à l'intérieur l'hôpital où est soigné le président algérien Abdelaziz Bouteflika, a appris l'AFP auprès de la police. 

Rachid Nekkaz est «auditionné dans les locaux de la police» genevoise, a déclaré la porte-parole Joanna Matta. 

12h45

Des milliers de personnes sont rassemblées dans le centre d'Alger, scandant des slogans hostiles à la candidature du président Abdelaziz Bouteflika. A la mi-journée, des flots d'hommes et de femmes, brandissant ou drapés dans des drapeaux algériens ont continué de converger vers la Place de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du coeur d'Alger, rejoignant les milliers qui y sont déjà présents.

Jeudi 7 mars

19h25

Abdelaziz Bouteflika a perdu ces dernières 24 heures le soutien, qui lui est habituellement acquis, des trois importantes associations liées à la guerre d'indépendance dont il est un ancien combattant, selon des communiqués publiés dans les médias locaux. Dernier texte en date, jeudi, un communiqué de l'ONEC, l'Organisation nationale des Enfants de Chouhadas (combattants de la guerre d'indépendance tués au combat), annonçant le soutien de ses membres «au mouvement populaire contre le cinquième mandat» que brigue M. Bouteflika le 18 avril.

Les auteurs du communiqué, à en-tête de l'ONEC mais non signé, précisent se désolidariser du patron de l'organisation, Tayeb Houari, qui était du grand meeting de soutien à la candidature de M. Bouteflika, à Alger le 9 février. «Le communiqué ne reflète pas la position de toute l'organisation. Il est l'oeuvre d'un groupe de dissidents en conflit ouvert avec M. Houari», a expliqué à l'AFP Rabie Chalabi, un cadre de l'ONEC.

Cette dissidence arrive au lendemain de la défection de la puissante Organisation nationale des Moujahidine (ONM, qui regroupe les anciens combattants de la guerre d'indépendance), autre traditionnel soutien de son compagnon d'armes, M. Bouteflika, qui a apporté un soutien inattendu à la contestation.

Mercredi, l'association des anciens du MALG (service de renseignement de l'Armée nationale de Libération durant la guerre d'indépendance) a également retiré son soutien à la candidature de M. Bouteflika.

13H32

Le président algérien a appelé jeudi, dans un message diffusé par l'agence officielle APS, à «la vigilance» contre une possible «infiltration» de l'actuel mouvement de contestation contre sa candidature à un 5e mandat, susceptible de provoquer le «chaos». Tout en se félicitant que «le pluralisme démocratique (...) soit désormais une réalité palpable», il a mis en garde contre «une quelconque partie insidieuse, de l'intérieur ou de l'extérieur» qu'il n'a pas nommée, pouvant «susciter la Fitna» (discorde, en arabe).

Mercredi 6 mars

18h41

Le directeur de campagne du candidat Ali Ghediri, Mokrane Aït Larbi, a annoncé mercredi sa démission. Dans un texte reçu par l'AFP - à qui il a confirmé son retrait de vive voix - Me Mokrane Aït Larbi indique se «retirer du processus électoral prévu en cours, pour continuer à être actif parmi les Algériennes et les Algériens en lutte au service de notre pays».

12H35

Un important dispositif policier reste déployé mercredi à Alger, au lendemain de nouvelles importantes manifestations organisées par les étudiants qui n'entendent pas relâcher la pression sur le président Bouteflika pour qu'il renonce à sa 5e candidature à la présidentielle. Aucun rassemblement n'est prévu mercredi en Algérie. 

Les Algériens ont l'esprit déjà à vendredi, premier jour de weekend, désormais jour traditionnel de manifestation, marqué ces deux dernières semaines par d'imposants défilés à travers le pays.

La journée de mobilisation - qui s'annonce très forte - vendredi coïncidera avec la Journée internationale des femmes.

Mardi 5 mars

16h24

L'armée algérienne demeurera «le garant» de la stabilité et la sécurité face à ceux «qui veulent ramener» l'Algérie aux années de guerre civile, a déclaré mardi son chef d'état-major, en pleine contestation contre la 5e candidature du président Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle.

«Le fait que l'Algérie a pu réunir les facteurs de sa stabilité, à travers l'éradication du terrorisme et la mise en échec de ses objectifs (...) a déplu à certaines parties qui sont dérangées de voir l'Algérie stable et sûre», a affirmé le général Ahmed Gaïd Salah dans un discours publié sur le site du ministère de la Défense, sans donner plus de détails sur ces «parties».

12h03

Plusieurs milliers d'étudiants défilent dans plusieurs villes du pays, à Alger mais aussi Oran, Constantine, Blida, Béjaia et Bouira. 

09h56

Un millier d'étudiants, venant de plusieurs universités de la capitale, se rassemblent dans le centre d'Alger. La police est également déployée. 

Lundi 4 mars

14h17

Le député LREM Aurélien Taché a salué lundi «ceux qui se mobilisent pour reprendre leur destin en main» en Algérie, où des centaines de personnes ont encore manifesté dans la nuit de dimanche à lundi.

«Je ne veux pas m'ingérer en tant que responsable politique français dans la manière dont se construisent les choses en Algérie, par contre, j'ai un avis en tant que citoyen», a d'abord avancé prudemment le député sur Public Sénat, au sujet des protestations contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat présidentiel.

«Quand une jeunesse, un peuple se mobilise pour l'avenir de son pays, c'est quelque chose qu'il faut à mon avis voir comme positif, on a besoin d'avoir une peuple algérien qui retrouve la  maîtrise de son destin», a-t-il poursuivi. 

«Je suis évidemment avec attention ce qui se passe en Algérie et bravo à ceux qui se mobilisent pour reprendre leur destin en main», a-t-il conclu.

7h20

Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur CNEWS ce lundi, l'ambassadeur d'Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, a assuré que «bien entendu, Abdelaziz Bouteflika est vivant». «C'est lui qui décide, ce n'est pas le système qui le désigne [...] Il a certainement évalué la situation en Algérie et a décidé d'être candidat. C'est son choix et sa décision», a-t-il ajouté. 

06h35

Des centaines de personnes ont manifesté dans la nuit de dimanche à lundi 4 mars à Alger. Cette marche nocturne était largement encadrée par les forces de l'ordre, qui se sont déployées massivement dans le centre-ville tandis qu'un hélicoptère était mobilisé. 

Dimanche 3 mars

23h00

Quelques centaines de jeunes défilent dimanche soir dans le centre d'Alger pour protester contre la candidature, officiellement déposée plus tôt, d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle du 18 avril, a constaté un journaliste de l'AFP.

20h24

Dans sa lettre lue dimanche soir à la télévision nationale, le président Bouteflika annonce que «si le peuple algérien me renouvelle sa confiance» le 18 avril, «je prends solennellement devant Dieu, et devant le peuple algérien» l'engagement d'organiser «une élection présidentielle anticipée» dont la date sera arrêtée par une «conférence nationale» mise en place après le scrutin. 

«Je m'engage à ne pas être candidat à cette élection qui assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence», ajoute M. Bouteflika qui dit avoir «écouté et entendu le cri du coeur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m'ont interpellé sur l'avenir de notre patrie».

Ces jeunes «ont exprimé une inquiétude compréhensible face aux incertitudes qui les animent. J'ai le devoir et la volonté d'apaiser les coeurs et les esprits de mes compatriotes» et de répondre à «leur exigence fondamentale (...) le changement du système», poursuit le président algérien, élu pour la première fois en 1999 et réélu sans discontinuer depuis.

La «conférence nationale» devra «débattre, élaborer et adopter des réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales, devant constituer le socle du nouveau système», indique le chef de l'Etat.

20h00

La candidature d'Abdelaziz Bouteflika a été officiellement déposée par son directeur de campagne au Conseil constitutionnel algérien. 

19h16

Le directeur de campagne de Bouteflika a lu un texte à la télévision nationale. Dans cette lettre, le président s'est engagé dimanche, s'il était élu le 18 avril, à ne pas aller au bout de son mandat et à se retirer à l'issue d'une présidentielle anticipée, dont la date serait fixée à l'issue d'une «conférence nationale».

«Je m'engage à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée» dont la date sera arrêtée par une «conférence nationale» mise en place après le scrutin du 18 avril et «je m'engage à ne pas être candidat à cette élection», a indiqué M. Bouteflika. Il confirme ainsi sa candidature à la prochaine présidentielle.

18h17

Des milliers de manifestants, nés en France ou de l'autre côté de la Méditerranée, se sont rassemblés dimanche en France contre un 5e mandat du président algérien. 

Ils étaient quelques 6.000 personnes à Paris selon la préfecture de police, 10.000 selon un des organisateurs, un millier à Marseille (sud-est) et quelques centaines à Toulouse (sud-ouest).

17h40

Le directeur de campagne de A. Bouteflika a commencé à déposer la candidature du président au Conseil constitutionnel algérien (proche dossier à CNEWS)

17h35

Plusieurs fourgons supposés transporter les cartons de parrainages de la candidature du président Abdelaziz Bouteflika sont arrivés au Conseil constitutionnel dimanche, rapporte les médias algériens.

Dans les fourgons, sans signe distinctif, sont empilés des cartons blancs sur lesquels est inscrit en arabe «Direction de campagne du candidat (...) Abdelaziz Bouteflika - Election présidentielle 2019», a indiqué à l'AFP une journaliste d'un média algérien.

17h00

Ali Benflis, principal adversaire du président Abdelaziz Bouteflika lors des présidentielles de 2004 et 2014, ne se présentera pas au scrutin du 18 avril en Algérie, a déclaré à l'AFP un responsable de son parti.

L'Avant-garde des Libertés, parti de M. Benflis devrait publier un communiqué expliquant les raisons de sa décision. Ancien Premier ministre de Bouteflika entre 2000 et 2003 et ancien secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), ancien parti unique et formation du chef de l'Etat, Ali Benflis a rompu avec ce dernier en refusant de soutenir son deuxième mandat. 

Il n'a cessé de tergiverser depuis l'annonce du président de briguer un 5e mandat. Il avait reporté à ce dimanche l'annonce de sa décision.

15H39

La police algérienne a utilisé dimanche un canon à eau pour disperser des étudiants marchant vers le Conseil constitutionnel à Alger, où doit être enregistrée la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat, selon des sources sécuritaires.

 Le métro d'Alger a été fermé en début d'après-midi de même que l'autoroute reliant l'aéroport au centre de la capitale, pour empêcher des étudiants de rejoindre le centre-ville, selon des médias algériens.

14h40

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche à la mi-journée à Paris pour exprimer leur farouche opposition à un 5e mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika, qui serait le symbole pour eux d'un «système illégitime et corrompu».

En début d'après-midi, la foule continuait lentement de grossir place de la République, dans le centre de la capitale française, où les chants alternaient avec les slogans («Dégage, dégage», «Pouvoir assassin», «pas de pardon, pas de pardon»...).

13h31

A Annaba, à 400 km à l'est d'Alger, plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté sur les deux principaux campus et d'autres sont rassemblés sur l'une des principales artères de la ville, a rapporté à l'AFP un journaliste local qui a requis l'anonymat.

Le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie) signale des rassemblements similaires à Oran et Constantine, deuxième et troisième ville du pays, à Bouira (80 km au sud-est d'Alger), à Skikda et Guelma (350 et 380 km à l'est) ou Tiaret et Mostaganem (200 et 280 km au sud-ouest).

12h01

Une centaine d'étudiants manifestent à Alger contre un 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika. «Bouteflika dégage !», scandent ces étudiants, bloqués par la police à proximité de la Faculté centrale, en plein centre de la capitale. Des rassemblements similaires sont signalés par des étudiants et les médias dans d'autres universités algéroises et du reste du pays.

09h08

Ce dimanche est une journée cruciale en Algérie avec le dépôt attendu de la cinquième candidature d'Abdelaziz Bouteflika pour l'élection présidentielle, prévue en avril, malgré les appels de la rue pour qu'il y renonce.

Aucun responsable algérien n'a jusqu'ici réagi officiellement à l'imposante mobilisation des Algériens pour dire leur rejet de la perspective d'un cinquième mandat de M. Bouteflika, qui a célébré samedi ses 82 ans.

Le chef de l'Etat est hospitalisé en Suisse depuis sept jours, officiellement pour «des examens médicaux périodiques». Son retour en Algérie n'a toujours pas été annoncé.

Aucune disposition légale ne semble cependant obliger un candidat à se présenter en personne au Conseil constitutionnel pour y déposer son dossier.

Samedi 2 mars

18h00

Le principal parti islamiste algérien (MSP) n'exclut pas de renoncer à participer à la présidentielle du 18 avril et prendra sa décision, dimanche, dernier jour légal de dépôt des candidatures, a indiqué à l'AFP son président et candidat désigné, Abderrezak Makri. 

Le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), est une formation qui se définit comme modérée et se réclame des Frères musulmans.

Pour l'heure, aucun candidat d'envergure n'a déposé son dossier ni formellement confirmé sa candidature face au président sortant, qui fait face à une contestation contre lui inédite. 

16h38

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika s'est séparé de son directeur de campagne, son ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, a rapporté ce samedi l'agence officielle algérienne APS.

M. Sellal, qui avait animé les trois précédentes campagnes victorieuses (2004, 2009, 2014) du candidat Bouteflika, est remplacé par l'actuel ministre des Transports, Abdelghani Zaalene, indique simplement l'APS, citant «la direction de campagne» du chef de l'Etat, sans expliquer les motifs de ce changement.

15H10

Le parti des Travailleurs (PT) algérien a décidé de ne pas présenter de candidat à la présidentielle du 18 avril. La formation d'extrême gauche a pris cette décision en raison du mouvement de contestation. 

Vendredi 1er mars

22h49

Selon un bilan de la police, 56 policiers et 7 manifestants ont été blessés. 45 personnes ont par ailleurs été arrêtées à Alger. 

19h03

Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait au moins une dizaines de blessés. 

18h38

Des heurs ont éclaté entre policiers et manifestants à Alger, à proximité de la présidence. Des petits groupes de jeunes ont jeté des pierres contre la police qui a répliqué par de très nombreux tirs de grenades lacrymogènes. 

18h06

Selon des sources de sécurité, «plusieurs dizaines de milliers de personnes» ont défilé dans les rues de la capitale. Des manifestations ont également été comptabilisées dans près des deux tiers des préfectures du nord du pays.

17h37

Les manifestants continuent de s'approcher du palais présidentiel. La situation est de plus en plus tendue. 

 

16h53

La situation se tend dans les rues d'Alger, où les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènespour disperser la foule présente devant le siège du gouvernement. 

16H40 

Djamila Bouhired, figure de la Guerre d'Algérie, est présente dans les rues d'Alger avec les manifestants. 

16H10

Malgré quelques tensions avec les forces de l'ordre, le mot d'ordre est de défiler de manière pacifique. 

15h40

Dans les cortèges, de nombreuses femmes et des enfants. L'ambiance est pour le moment bon enfant à Alger, malgré quelques tirs de gaz lacrymogènes de la part des forces de l'ordre.

15h20

L'écrivain algérien Kamel Daoud a estimé vendredi sur RTL que ses concitoyens qui manifestent contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika «ne reculeront plus» malgré les risques de violence. «Le principal changement, c'est le fait que les gens n'ont plus peur. Ce qu'on appelle communément le mur de la peur a été cassé et c'est extraordinaire de sentir cette sorte de frisson, d'enthousiasme, cette sorte de joie», a-t-il déclaré depuis Oran. «Les gens ne se sentent plus terrorisés, et je choisis bien mon mot.» «Je pense que l'écrasante majorité des Algériens ne reculeront plus», a-t-il ajouté. 

15h15

La mobilisation semble avoir pris une ampleur inédite ce vendredi, de nombreux manifestants affirmant ne jamais avoir vu autant de monde dans les rues d'Alger. 

15h11

Les forces de l'ordre ont utilisé des canons à eau pour repousser les manifestants qui tentaient de s'approcher du palais du gouvernement. 

 

15h06

Les forces de l'ordre ont commencé à faire usage de gaz lacrymogène.

15h04

Des manifestants se sont rassemblés dans de nombreuses villes du pays :

 

15h01

Plusieurs milliers d'Algériens défilaient vendredi en début d'après-midi en différents points du centre d'Alger, contre la perspective d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Pouvoir assassin!», scandaient des milliers de manifestants brandissant des drapeaux algériens qui ont commencé à marcher depuis la Place de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du centre d'Alger.

Non, loin, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher des manifestants d'accéder à la Place du 1er-Mai, a constaté un journaliste de l'AFP. Rassemblés dans les rues alentour, les manifestants scandaient des slogans hostiles à un 5e mandat de M. Bouteflika.

Près de la Place des Martyrs, vaste esplanade du centre de la capitale, un cortège de milliers d'Algériens a été bloqué par la police anti-émeute qui a fait usage de lacrymogène pour tenter de les disperser.

14h54

A Alger, un important dispositif de sécurité a été mis en place ce vendredi, notamment des canons à eau et des véhicules de déblaiement. Les grands axes du centre-ville et les bâtiments officiels sont particulièrement protégés.

14h35

De nombreuses manifestations étaient prévues ce vendredi 1er mars à Alger et dans d'autres villes du pays. Une mobilisation particulièrement scrutée par le pouvoir, aors que la date limite du dépôt des dossiers de candidature devant le Conseil Constitutionnel a été fixée au dimanche 3 mars à minuit. 

 

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