Les pires marées noires qui ont frappé la France

Le naufrage de l'Amoco Cadiz a provoqué la pire marée noire en Europe. [JEAN-PIERRE PREVEL / AFP]

Deux jours après le naufrage du navire italien «Grande America» au large de La Rochelle, une nappe d’hydrocarbures d’une dizaine de kilomètres de long a été localisée se dirigeant vers les côtes françaises. Les autorités françaises sont mobilisées pour empêcher une nouvelle marée noire.

La France a en effet été durement touchée, à plusieurs reprises, par des catastrophes pétrolières aux conséquences désastreuses pour l’environnement. Retour sur les pires marées noires du pays.

1967 : Torrey Canyon

Le 18 mars 1967, le Torrey Canyon, un pétrolier libyen chargé de 120.000 tonnes de pétrole, s’échoue aux larges des Iles Sorlingues, dans les Cornouailles.

Le littoral anglais est d’abord touché avant que la marée noire ne traverse la Manche. Trois semaines après le naufrage, les côtes bretonnes, de Paimpol à Morlaix, sont souillées. Les autorités anglaises et françaises, qui font face à la première marée noire de l’histoire, sont rapidement dépassées et utilisent des dispersants et des détergents pour lutter contre le pétrole. Des produits qui s’avèrent en réalité hautement toxiques.

Cette catastrophe écologique, qui a causé la mort de 25.000 oiseaux selon le CEDRE (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux), sera le point de départ de la création de plans de lutte en cas de pollution maritime, au niveau européen et international.

1978 : L'Amoco Cadiz

Les images ont marqué les esprits. Et pour cause, puisqu’il s’agit de la pire marée noire survenue en Europe.

Le 16 mars 1978, le supertanker battant pavillon libérien, en panne depuis plusieurs heures, s’éventre au large des côtes du Finistère. Pendant plusieurs semaines, ce ne sont pas moins de 227.000 tonnes d’hydrocarbure qui vont s’échapper de la carcasse du navire.

Le pétrole contaminera ainsi 360 kilomètres de littoral breton et entre 19.000 et 37.000 oiseaux trouveront la mort. Outre le désastre écologique, la marée noire est également responsable de graves conséquences économiques : 1.300 pêcheurs sont à l’arrêt de travail pendant plusieurs semaines, près de 7.000 tonnes d’huîtres sont détruites et les récoltes d’algues et de coquillages sont terriblement affectées.

La Standard Oil Of Indiana, l’armateur de l’Amoco Cadiz sera condamné quatorze ans après la catastrophe à verser l’équivalent de 35 millions d’euros aux communes bretonnes et 160 millions à l’Etat français. 

1999 : l’Erika

Le 11 décembre 1999, l’équipage de l’Erika, pétrolier battant pavillon maltais, constate des fissures sur le navire. Pris dans la tempête, le navire, qui transporte 31.000 tonnes de fioul, se brise en deux le 12 décembre au large des côtes bretonnes.

Les deux-tiers de sa cargaison se déversent dans l’Atlantique avant que la marée noire n’atteigne la côte, le 24 décembre. Au total, 400 kilomètres de littoral, du Finistère à la Charente-Maritime, seront touchés. 200.000 oiseaux seront mazoutés et le poids des déchets est estimé à 250.000 tonnes.

Le préjudice de la catastrophe a été évalué, en 2001, à près d’un milliard d’euros.

2002 : le Prestige

Le 13 novembre 2002, le Prestige, pétrolier battant pavillon des Bahamas et chargé de 77.000 tonnes de fioul, constate une avarie de coque, alors qu’il se trouve au large de la Galice (Espagne). Le navire va dériver pendant six jours dans l’Atlantique avant de se casser en deux et de sombrer le 19 novembre.

Au total, près de 50.000 tonnes de fioul se déversent dans l’océan, polluant les littoraux espagnol, portugais et français. Les nappes de pétrole atteindront la France, principalement en Aquitaine mais également en Bretagne.

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