Tout savoir sur Yannick Jadot, tête de liste EELV aux élections européennes

Ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot assume un positionnement «ni de droite ni de gauche» pour ces européennes. Ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, Yannick Jadot assume un positionnement «ni de droite ni de gauche» pour ces européennes. [Anne-Christine POUJOULAT / AFP]

C'est à l'occasion d'une élection interne en juillet dernier que le député européen Yannick Jadot a été désigné tête de liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour les européennes du 26 mai.

Il a remporté 59 % des voix des adhérents du parti écologiste, contre 36 % pour sa rivale Michèle Rivasi, une autre eurodéputée, qui sera numéro deux sur la liste.

Proche du milieu associatif

Après des études d'économie à l'université Paris-Dauphine, durant lesquelles il s'est beaucoup investi dans le mouvement étudiant, Yannick Jadot fait ses premiers pas professionnels dans le milieu associatif. Il travaille en effet pendant quatre années au Burkina Faso puis au Bangladesh, pour des ONG traitant des questions de solidarité internationale et d’environnement. En 1995, il intègre Solagral, une ONG spécialisée dans le suivi des négociations internationales (commerce, environnement, agriculture..) et l’appui aux pays en développement.

Le grand gaillard d'1m91 rejoint ensuite Greenpeace France en 2002, en tant que directeur des campagnes, tout en participant à la campagne présidentielle du candidat vert Noël Mamère cette année-là. Parmi ses coups d'éclat au sein de l'ONG de lutte pour la protection de l'environnement figure son intrusion dans le base de sous-marins nucléaires de l'île Longue, située dans la rade de Brest (Finistère). Au sein de Greenpeace, il participe également en 2006 à la fondation de L'Alliance pour la planète, un rassemblement d'organisations écologistes, dissoute en 2012.

Il a participé à la fondation d'Europe Ecologie-Les Verts

Après son départ de Greenpeace, en 2008, Yannick Jadot fait partie de la petite équipe qui fonde en 2009 Europe Ecologie-Les Verts (EELV), aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, Pascal Durand ou encore Jean-Paul Besset.

Ce grand rassemblement écologiste permet au mouvement d'enregistrer un score historique aux élections européennes de 2009. EELV arrive en effet en troisième position, avec plus de 16 % des voix, derrière l'UMP (devenue Les Républicains) et le PS. Cette performance conduit Yannick Jadot, tête de liste de la région Ouest pour ce scrutin, au Parlement européen de Strasbourg, où il siège toujours (il a été réélu en 2014).

Il s'est désisté au profit de Benoît Hamon lors de la présidentielle 2017

En novembre 2016, Yannick Jadot remporte la primaire écologiste pour l'élection présidentielle 2017, en battant déjà à l'époque Michèle Rivasi au second tour, après l'élimination surprise de la favorite Cécile Duflot, ex-ministre du Logement de François Hollande, lors du premier.

En février 2017, le député européen, ancien fan du footballeur des années 70-80 Dominique Rocheteau, annonce qu'il se retire de la course à la présidentielle, au profit du candidat socialiste Benoît Hamon, vainqueur de la primaire du PS, avec lequel il a passé un accord. C'est la première fois depuis 1969 qu'il n'y a pas de candidat écolo à l'élection reine.

Mais le succès de cette alliance n'est pas au rendez-vous. En effet, lors du premier tour de la présidentielle le 23 avril 2017, Benoît Hamon obtient seulement 6,36 % des suffrages, ce qui le place en cinquième position. Une défaite historique, car c'est le pire score du Parti socialiste dans ce type de scrutin depuis 1969.

Il a refusé toutes les alliances pour ces élections européennes

Pas question pour Yannick Jadot de faire deux fois la même erreur. Pour ces européennes, la tête de liste EELV a refusé toute alliance avec un autre parti de gauche. En août dernier, il a d'abord confirmé qu'il excluait la possibilité d’une liste commune avec le mouvement Génération.s de Benoît Hamon, gardant en tête «l'échec retentissant» de la présidentielle 2017. «Notre priorité est de rassembler les écologistes autour d’une ligne claire, pas de faire de la vieille politique avec ses accords d’appareils et ses confusions», a-t-il expliqué à l'époque dans Le JDD.

Puis, fin décembre, le natif du village de Clacy-et-Thierret, près de Laon (Aisne), a décliné l'offre de Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle se proposait d'être sa numéro deux sur une liste écologiste liée au PS. «Je ne veux pas que mes enfants me disent que j’ai préféré négocier des postes avec le PS que mobiliser pour la planète et l’Europe», a justifié l’eurodéputé dans Le Parisien.

Il a enfin dit non début février à la proposition de Benoît Hamon d'organiser une «votation citoyenne» afin de rassembler les partis de gauche et de composer une liste commune pour les européennes.

Il a adopté une stratégie «ni de droite ni de gauche»

En rupture totale avec les traditions de l'écologie française, placée à gauche de l'échiquier politique, Yannick Jadot assume un positionnement ni à droite ni à gauche, mais «central», pour les européennes de fin mai. En effet, ce fan du chanteur Alain Bashung veut amener l'écologie sur la voie du «pragmatisme», en prenant exemple sur l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg, où les partis écolos réalisent de bons scores sans s'inscrire dans le clivage droite-gauche.

Ainsi, dans Le Figaro, Yannick Jadot a par exemple défendu «l'économie de marché, la libre entreprise et l’innovation», des concepts loués davantage par des représentants de la droite habituellement. Une stratégie qui est loin de faire l'unanimité, la sénatrice EELV Esther Benbassa regrettant notamment dans 20 Minutes «une stratégie électorale», alors que le parti écolo vise les 15 % en mai prochain.

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