Cannabis médical : la première fédération de consommateurs voit le jour

Un magasin spécialisé dans la vente de cannabis thérapeutique (sans THC), à Annoeullin, près de Lille, qui a depuis fermé. [© PHILIPPE HUGUEN / AFP]

C'est du jamais vu dans l'Hexagone. La toute première fédération française d'associations de patients consommateurs de cannabis thérapeutique, qui milite pour son autorisation, a été créée ce dimanche 5 mai.

Baptisé Espoir Im(patient), ce collectif, auquel 25 associations ont déjà prévu d'adhérer, espère devenir «un espace et une force pour porter la cause et la voix de ces patients auprès des autorités», mais aussi «de l'opinion publique afin de la sensibiliser» à un phénomène encore trop méconnu, explique sa fondatrice, Mado Gilanton, dans les colonnes du JDD. Pour cette sexagénaire qui, souffrant de syringomyelie et du syndrome de Chiari, consomme régulièrement de l'herbe pour alléger ses souffrances, «c'est un enjeu énorme : on estime à six millions les Français qui souffrent de douleurs chroniques».

Si cette fédération a pu voir le jour, c'est d'abord parce que le tabou du cannabis à usage thérapeutique (délivré sous ordonnance) n'en est plus un, rappelle le JDD. Après avoir déjà émis un avis favorable en décembre dernier, l'Agence nationale pour la santé et le médicament (ANSM) a mandaté un comité d'experts (CSST) pour une deuxième expertise, qui sera dévoilée d'ici à juin, avant une expérimentation d'un ou deux ans, au plus tôt à la fin de l'année. Selon les premiers résultats, l'herbe médicinale peut en effet être pertinente pour traiter l'épilepsie, la sclérose en plaques, les cancers, les douleurs chroniques ou encore certaines maladies neurologiques.

Eviter l'automédication

Selon le député écologiste ex-LREM François-Michel Lambert, qui va d'ailleurs déposer dans les prochains jours une proposition de loi visant à autoriser le cannabis à usage médical ET récréatif, la légalisation en France – premier pays consommateur d'Europe – permettrait aux consommateurs d'avoir accès à des produits de meilleure qualité. Ce qui leur éviterait l'automédication, qui présente des risques (marché noir, effets indésirables, manque d'efficacité...). La légalisation permettrait en outre à l'Etat de gagner quelque deux milliards d'euros de recettes fiscales par an.

Selon l'élu, et d'autres experts de la question, deux grands obstacles jonchent le chemin de la reconnaissance légale du cannabis : la nécessité d'avoir suffisamment de médecins formés à cette nouvelle forme de soins – qui reste expérimentale, ou tout au moins iconoclaste – et, bien sûr, le conservatisme culturel de certains gouvernements ou sociétés.

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