Les otages libérés au Burkina Faso se trouvaient-ils en zone rouge lors de leur enlèvement ?

Les ex-otages ont reconnu avoir pris des risques[STR / AFP]

Dix jours après leur enlèvement au nord du Bénin qui a coûté la vie à deux militaires français, les deux ex-otages ont pris la parole pour réitérer leurs condoléances aux familles des victimes. Pourtant, la polémique autour des risques pris par Patrick Picque et Laurent Lassimouillas continue d'enfler.

Les ex-otages se trouvaient-ils dans une zone interdite aux touristes par les services diplomatiques français lors de leur enlèvement? Pour Jean-Yves Le Drian, cela ne fait aucun doute. Selon le ministre des Affaires étrangères, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas «ont pris des risques majeurs», car «la zone où étaient nos deux compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge».

Le chef de la diplomatie a également tenu à rappeler que «les conseils aux voyageurs ne sont pas des voeux pieux mais des conditions impératives. Ces deux personnes se sont aventurées dans une zone dangereuse, vivement déconseillée par le quai d'Orsay». 

Pourtant, les affirmations de Jean-Yves Le Drian divisent. 

Au moment de leur enlèvement, les deux Français effectuaient un safari dans le parc national de la Pendjari, très célèbre sanctuaire de la faune sauvage d'Afrique de l'Ouest, situé au nord du Bénin, aux frontières du Togo, du Burkina Faso et du Niger. Sur le site du quai d'Orsay, le secteur où se trouvaient les deux touristes n'était pas classé en zone rouge au moment de leur voyage. Et pour cause, une partie du parc de la Pendjari était classée en zone jaune, c'est-à-dire en vigilance renforcée, un niveau sécuritaire qui n'interdit donc pas aux touristes de se rendre dans la zone. 

La Pendjari désormais considérée comme zone rouge

Sur la carte publiée par le ministère des Affaires étrangères et restée en ligne jusqu'au 10 mai, seule la frontière avec le Burkina Faso était classée en zone rouge. Une autre partie du parc était quant à elle classée en zone orange, c'est-à-dire déconseillée sauf raison impérative. 

L'intégralité du parc Pendjari était d'ailleurs classée en zone jaune six mois auparavant. Depuis le 11 mai, le parc est désormais considéré comme une zone de grand danger dans son intégralité. «La menace a changé de forme, elle est devenue beaucoup plus mobile et ce sont maintenant les pays situés au sud du Mali qui sont les cibles, avec des fragilités singulièrement au Burkina Faso mais même dans le nord du Bénin», a expliqué Jean-Yves Le Drian. 

«Certainement aurions-nous dû prendre davantage en compte les recommandations de l'Etat, et la complexité de l'Afrique et évité de nous rendre dans cette magnifique région du monde, qui bascule dans l'instabilité», avaient reconnu les ex-otages lors de leur prise de parole à leur arrivée sur le sol français. 

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