Explosion à Lyon : ce que l'on sait

Le parquet antiterroriste a été saisi et une enquête pour «association de malfaiteurs terroriste» a été ouverte. [PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Une explosion a eu lieu vendredi 24 mai en fin d'après-midi dans une rue piétonne du centre-ville de Lyon (Rhône). La déflagration, provoquée par un colis piégé, a fait 13 blessés légers. L'auteur présumé, et plusieurs de ses proches, ont été interpellés le lundi suivant. Le point sur l'affaire.

Le parquet antiterroriste a aussitôt été saisi et une enquête pour «association de malfaiteurs terroriste» a été ouverte. 

Explosion en plein coeur de Lyon

L'attaque est survenue devant une boulangerie à l'angle de la rue Victor-Hugo et de la rue Sala, près de la place Bellecour, dans le 2e arrondissement de Lyon. D'après le ministère de l'Intérieur, la détonation a eu lieu vers 17h40.

Quelques minutes après la déflagration, un périmètre de sécurité a été mis en place. Il a été levé le lendemain, samedi, les enquêteurs passant la nuit à effectuer des prélèvements.

Colis piégé

Le sac ou colis piégé contenait des vis, des clous et des boulons. Dès le soir des faits, la police scientifique a commencé à récolter des preuves et étudier les lieux.

Le lendemain, on apprenait que l'engin explosif contenait également 7 piles LR6, un circuit imprimé et un dispositif de déclenchement à distance, selon les indications fournies par le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, lors d'une conférence de presse.

Par ailleurs, de l'explosif de type TATP, en faible quantité, a été utilisé lors de l'attaque selon une source proche du dossier, même si rien n'indiquait, lundi, que l'analyse des résidus de l'engin explosif pourrait conduire à une piste sérieuse.

Cet explosif artisanal, très instable, avait toutefois été utilisé dans les attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et de mars 2016 à Bruxelles.

Lundi, selon une information de CNEWS, aucun élément en l'état ne permettait d'attester d'une éventuelle radicalisation du suspect.

Plusieurs blessés légers

Selon la préfecture du Rhône, l'explosion a fait 13 blessés légers, dont une fillette de 10 ans.

Parmi les victimes, on recensait également deux soeurs et leurs compagnons respectifs, blessés légèrement dans la déflagration mais très choqués psychologiquement.

Les soeurs, opérées au lendemain de l'attaque, devaient rester encore hospitalisées en début de semaine.

le suspect principal - et ses proches - interpellés

Le suspect principal est arrivé sur les lieux vendredi à vélo vers 17h30, il a déposé un sac, qui a ensuite explosé, devant la boulangerie. 

D'après les images de vidéosurveillance, l'individu est apparu sur les lieux vers 17h le visage masqué, de lunettes noires. Il était vêtu d'un pull noir et d'un bermuda clair.

L'auteur présumé, a aussitôt été activement recherché par la police, qui a lancé un appel à témoins pour le retrouver. 

Le suspect principal, dont il avait été initialement dit qu'il était âgé d'une trentaine d'années, serait en fait âgé de 24 ans.

Il a été interpellé à Lyon, sur la voie publique, ce lundi, à la sortie d'un bus, selon ce qu'a précisé une source proche du dossier, et a été immédiatement placé en garde à vue.  Il n'aurait pas opposé de résistance, levant les bras à l'approche des policiers, et aucun n'élément n'a filtré, à ce stade, quant à ses motivations.

Il n'était pas connu, non plus, des services de police. Le suspect est, enfin, un étudiant en informatique de 24 ans de nationalité algérienne. 

Ses parents, ainsi que son frère de 18 ans, ont également été interpellés et placés en garde à vue ce lundi. Sa soeur, elle, est également interrogée par la police mais dans le cadre d'une audition libre.

Enfin, alors que de l'ADN avait été isolé sur le colis piégé, celui-ci était en cours d'analyse, afin de le comparer à celui du suspect, selon une information de CNEWS.

Macron évoque «une attaque»

Au moment du drame, alors qu'il était interrogé par le youtubeur Hugo Travers, Emmanuel Macron a qualifié  l'explosion d' «attaque». 

Lundi l'après-midi, une perquisition était menée au domicile de la famille à Oullins, dans la proche banlieue de Lyon.

Plus d'une dizaine de véhicules de police, dont un fourgon de la police technique et scientifique, bloquaient l'accès à la résidence Les Ifs, située dans un quartier populaire de cette commune. Des démineurs y sont brièvement intervenus, alors qu'un drone survolait les lieux.

Le ministère de l'Intérieur, par voie de communiqué de presse, a de son côté annoncé que le ministre Christophe Castaner, ainsi que le secrétaire d'Etat, Laurent Nunez, se rendraient à Lyon en fin d'après-midi.

Des informations quant à l'avancement des investigations étaient attendues.

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles