Les autorités lancent un plan de lutte «anti-crack» dans le nord-est de Paris

A La Chapelle, de nombreux toxicomanes vivent sur la «Colline du crack». Six morts ont été recensés cette année aux alentours de la «Colline du crack», porte de la Chapelle.[© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]

Une réponse politique à un fléau social. Les autorités franciliennes ont lancé ce lundi 27 mai un plan de lutte contre le crack, dont la consommation ne cesse d'augmenter dans le nord-est parisien.

Avec 33 actions envisagées, le dispositif vise à «favoriser le parcours de soins» des toxicomanes et de «renforcer les capacités d'hébergement et d'espaces de repos». Un «espace qui offrira douche, WC et sanitaires» doit notamment être mis en place porte de la Chapelle (18e), sur la désormais tristement célèbre «Colline du crack».

Le plan prévoit aussi l'ouverture de 60 places de mises à l'abri à l'hôtel, ainsi que la pérennisation de 80 places d'hébergement. Les maraudes dans la rue ou les rames de métro seront également renforcées, tandis qu'une équipe dédiée à la médiation avec les riverains sera mise sur pied. Enfin, un «groupe d'enquêteurs sur les stupéfiants» sera  mis en place entre les commissariats de quartier et la police judiciaire.

Depuis plusieurs années, dans un périmètre compris entre la porte de la Chapelle, jusqu'aux gares du nord et de l'est, en passant par la place Stalingrad, la capitale est confrontée «à une hausse importante de la consommation et du trafic de crack», souligne la préfecture.

«Six morts ont été recensés depuis le début de l'année» dans les alentours de la «Colline», a ainsi alerté ce lundi l'adjointe en charge de la Santé à la mairie de Paris, Anne Souyris (EELV).

Le crack représente également «une source de risques sanitaires importants et de nuisances pour les riverains des lieux de consommation», a ajouté la préfecture, alors qu'il n'existe pas de traitement de substitution pour lutter contre la dépendance à cette drogue.

Une riposte collective de tous les acteurs

Face à ce constat, la préfecture d’Ile-de-France – soutenue par la RATP dont le réseau sous-terrain est aussi touché par le phénomène – s'est associée à la préfecture de police et la ville de Paris, ainsi qu'à l’Agence régionale de santé et à la MILDECA (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), afin «de mutualiser et de coordonner leurs actions».

A terme, l'objectif du plan – doté d'un budget de 3 millions d'euros en 2019 – est d'endiguer le trafic de drogues, mais surtout d'offrir un accompagnement social et sanitaire, via des programmes de l'ARS, aux toxicomanes, qui vivent isolés du monde réel.

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