Aigle Azur : quels repreneurs pour la deuxième compagnie aérienne française ?

Le temps est compté. En redressement judiciaire depuis le lundi 2 septembre, Aigle Azur a jusqu’à lundi pour trouver un repreneur et ne pas sombrer.

En attendant, tous les vols de la compagnie ont été annulés depuis vendredi, laissant des milliers de passagers, non remboursés, bloqués dans certains pays comme l’Algérie ou le Mali, a déclaré vendredi Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d’Etat français aux Transports. Concernant les potentiels repreneurs, le membre du gouvernement a annoncé «deux ou trois offres sérieuses qui sont à l’étude en lien avec les services de Bercy (…) avec l’objectif lundi d’avoir des offres de reprises analysées et expertisées et possiblement y donner suite».

Pour les syndicats, la priorité est de conserver les emplois. La deuxième entreprise aérienne française compte 1.150 salariés, dont 800 Français et 350 Algériens. Elle possède surtout 9.800 créneaux horaires («slots») à Orly, source de nombreuses convoitises. Les potentiels repreneurs ont jusqu’à lundi 9 septembre midi pour déposer un dossier. Un comité d’entreprise aura lieu à Paray-Vieille-Poste (Essonne) et devrait étudier les différentes propositions

Lors d’un déplacement pour la Foire européenne à Strasbourg, vendredi, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a évoqué «une offre principale de reprise» sans révéler l’identité du potentiel acquéreur. Le pensionnaire de Bercy a également parlé d’autres offres «sérieuses» qui sont «sur la table».

Air France / Transavia

L'un des favoris pour la reprise d'Aigle Azur est Air France. Le nom de sa filiale Transavia est notamment évoqué. La compagnie française n'est pas forcément intéressée par une reprise mais elle ne souhaite pas voir ces «slots» renforcer la concurrence. L'entreprise française est également le choix préférentiel de la CFDT. 

«Pour réussir à vendre des billets d’avion, il faut redonner confiance aux clients. Si la compagnie est reprise par Air France, les billets se vendront tout de suite», a déclaré Raphaël Caccia, secrétaire général de la branche secteur aérien de la CFDT.

Le principal syndicat du groupe est favorable à une reprise par Air France si l’emploi est préservé. Selon Franceinfo, la compagnie française veut renforcer ses liaisons vers le Maghreb mais ne serait pas intéresser par les vols longs courriers d'Aigle Azur. 

Air Caraïbes / French Bee

Ces deux vols longs courriers pourraient en revanche intéresser Air Caraïbes et sa compagnie low cost French Bee.

La compagnie caribéenne, propriété du Groupe Dubreuil et dirigée par Jean-Paul Dubreuil, aimerait disposer de plus d'espace à Orly et pourrait se positionner au moins pour un appareil.

Anciens dirigeants d’Air France : Lionel Guérin et Philippe Micouleau

Le choix numéro un du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Ce projet est porté par deux anciens dirigeants d'Air France : Lionel Guérin, ancien directeur général délégué d'Air France, et Philippe Micouleau. Leur projet préconiserait de réinjecter de l'argent dans la trésorerie. 

Lionel Guérin, ancien PDG de HOP (filiale d'Air France), prendrait les commandes de l’entreprise pendant que le capital serait repris par des investisseurs et les salariés.

Selon le responsable du SNPL, Martin Surzur, ce projet est le seul «qui a pour ambition de maintenir Aigle Azur dans son intégrité».

Les compagnies étrangères en embuscade 

S'il est impossible de confirmer les offres que pourraient faire les compagnie étrangères, les «slots» intéressent fortement. Ainsi, Vueling, EasyJet ou encore British Airways seraient intéressés pour faire une offre de reprise. 

Aigle Azur attire et de nombreuses offres devraient être étudiées lundi après-midi pour une compagnie qui possède de nombreux atouts. En 2018, elle a transporté 1,88 million de passagers et a réalisé un chiffre d'affaire de 300 millions d'euros. 

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