Plan pauvreté : un an après son annonce, le gouvernement défend ses «premiers résultats»

Emmanuel Macron lors de la présentation du plan de lutte contre la pauvreté, le 13 septembre 2018, à Paris. [© Michel Euler / POOL / AFP]

Un an après l'annonce du plan anti-pauvreté du gouvernement, les ministres en charge du projet réunissent, jeudi et vendredi, des responsables associatifs et des élus locaux à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour «faire le point sur les actions menées» et évoquer les «avancées» de ce dossier doté de 8,5 milliards d'euros.

Ce rendez-vous survient deux jours après la visite d'Emmanuel Macron d'un chantier d'insertion par l'activité économique (IAE) dans le Val-de-Marne, qui accueille plus de 120 jeunes et adultes par an pour qu'ils parviennent «à une situation personnelle et professionnelle stable». Un dispositif que le gouvernement entend renforcer : le budget pour l'IAE va passer la barre du milliard d'euros en 2020 (contre 900 millions cette année) afin de pouvoir financer 20.000 postes supplémentaires pour les personnes très éloignées de l'emploi, d'après le gouvernement.

Alors que, selon l'Insee, le taux de pauvreté en France atteint aujourd'hui 14,1% de la population (soit 8,9 millions de pauvres, un taux quasi stable par rapport à 2016), le gouvernement estime qu'«en un an, on n'a pas tout changé, mais il y a eu des mesures très concrètes qui ont eu un impact immédiat».

Par exemple, la revalorisation de la prime d'activité, aide aux travailleurs modestes, qui bénéficie désormais à plus de 4 millions de personnes et dont le taux de recours est estimé à plus de 80%. Mais également la création de places en crèches dans les quartiers sensibles (ce qui doit contribuer à résorber les inégalités scolaires ultérieures), ou l'aide financière versée par l'Etat aux «petites communes fragiles» qui adopteraient une tarification sociale de leurs cantines, afin de proposer des repas à un euro.

«timides avancées» et «reculs certains»

En outre, 100.000 élèves doivent bénéficier cet automne de petits-déjeuners gratuits à l'école, 160 nouveaux centres sociaux doivent être construits dans les quartiers en difficultés qui en étaient dépourvus, et 150 «points conseils budget» (sur 400 prévus d'ici la fin du quinquennat) doivent aider les familles à éviter le surendettement. 

En matière de prestations sociales, le gouvernement a récemment ouvert deux chantiers promis par Emmanuel Macron: celui d'un revenu universel d'activité (RUA), qui fusionnerait plusieurs allocations, et celui d'un service public de l'insertion, visant à universaliser l'accompagnement vers l'emploi des plus exclus, notamment les 1,8 million de bénéficiaires du RSA. Ces deux concertations aboutiront à un projet de loi «pauvreté» qui devrait être présenté courant 2020.

Avant même que le gouvernement ne présente son évaluation de ces douze premiers mois d'action, plusieurs associations de lutte contre la pauvreté dressent un bilan «très mitigé», faisant part de  «timides avancées» et de «reculs certains». Selon ces associations réunies au sein du collectif Alerte, dont ATD Quart monde, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre, le pouvoir d'achat des personnes les plus pauvres a diminué «suite à la baisse des APL et à la désindexation des allocations logement et des prestations familiales». Elles demandent des «engagements forts» pour les plus précaires, comme la revalorisation du RSA ou des mesures d'urgence pour le logement, avant la mise en oeuvre du RUA en 2023.

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