Retraites, affaire Ferrand... ce qu'il faut retenir de l'interview d'Edouard Philippe

Le Premier ministre Edouard Philippe était l'invité du journal de 20 h de TF1, ce jeudi 12 septembre. [ERIC FEFERBERG / POOL / AFP].

Le Premier ministre Edouard Philippe était l'invité du journal de 20 heures de TF1, ce jeudi 12 septembre. Interviewé par Gilles Bouleau, il est revenu sur la réforme des retraites et a abordé l'épineuse affaire Richard Ferrand, du nom du président LREM de l'Assemblée nationale mis en examen pour «prise illégale d'intérêts».

Comme il l'avait déjà fait dans la matinée devant le Conseil économique social et environnemental (Cese), en présentant la réforme des retraites et son calendrier, le chef du gouvernement a à nouveau défendu coûte que coûte le projet de système universel par points voulu par Emmanuel Macron, cela à la veille d'une grève massive dans les transports publics parisiens mobilisés contre le projet. 

Présentant le dispositif à venir comme «plus juste et solidaire», il a une nouvelle fois confirmé l'entrée en vigueur du texte au 1er janvier 2025, pour une mise en application définitive «en 2040» ; et rappelé qu'une période de transition était prévue.

Lors de ses annonces de ce jeudi, le Premier ministre avait assuré que le futur système universel de retraite à points «conduira à la disparition des régimes spéciaux et de multiples dérogations qui, à quelques exceptions près, n'ont plus lieu d'être».

«Mais la pénibilité a évidemment vocation a être prise en compte dans le système futur», a-t-il encore souligné ce soir.

Dans le même temps, l'ancien maire du Havre a de nouveau prévenu que «compte tenu des évolutions démographiques», les Français allaient devoir travailler «plus longtemps».

«Nous travaillons déjà un peu plus longtemps. Ça va se faire un peu plus longtemps mais nous devons le faire», a-t-il déclaré.

Richard Ferrand conforté dans ses fonctions

Interrogé par ailleurs sur la mise en examen du président LREM de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, Edouard Philippe a assuré ce dernier de son «soutien total» et de son «amitié réelle» ainsi que de sa «confiance dans la capacité qu'il a à faire valoir son innocence».

«[Richard Ferrand] peut continuer à assurer la présidence de l'Assemblée nationale dans de bonnes conditions», a estimé sans ambages le Premier ministre.

Agé de 57 ans, Richard Ferrand a été rattrapé il y a deux ans par l'affaire des Mutuelles de Bretagne.

En mai 2017, Le Canard enchaîné avait révélé que les Mutuelles de Bretagne (MDB) avaient été subventionnées à hauteur de 55.000 euros d'argent public lorsque Richard Ferrand les dirigeait dans les années 2010.

Dans le cadre de sa société, Richard Ferrand avait souhaité loué des locaux commerciaux à Brest, et avait choisi, entre trois propositions, celle d'une société civile immobilière (SCI) appartenant à sa compagne, Sandrine Doucen.

Ce jeudi 12 septembre, à l’issue d’un «interrogatoire de première comparution de près de quinze heures au tribunal de grande instance de Lille, où l’affaire a été dépaysée il y a un an», les trois juges d’instruction saisis du dossier ont décidé de mettre en examen Richard Ferrand pour «prise illégale d’intérêts», a indiqué  le parquet de Lille.

Pour mémoire, lorsque l’affaire des Mutuelles de Bretagne avait éclaté il y a deux ans, le Premier ministre avait fait savoir par la voix de Christophe Castaner que Richard Ferrand serait immédiatement démis de ses fonctions en cas de mise en examen.

Toutefois, à cette époque, Richard Ferrand était ministre, et non président de l’Assemblée nationale. Un poste qu’il avait finalement été contraint de quitter avant sa mise en examen.

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