Incendie à Rouen: la liste des produits stockés dans l'usine Lubrizol va être dévoilée

La suie provenant des fumées de l’incendie s’est déposée de partout dans la zone entourant l’usine Lubrizol.[LOU BENOIST / AFP]

Il est enfin temps d’en savoir plus. Alors que le climat de défiance envers les autorités s’amplifie à Rouen depuis l’incendie de l’usine Lubrizol, jeudi dernier, les autorités ont dévoilée la liste des substances parties en fumée, en attendant de rendre public les résultats des analyses de suie.

Au total, plus de 5 253 tonnes de produits chimiques ont pris feu. «Tous ne sont pas dangereux», a assuré mardi soir la préfecture de Seine-Maritime, en indiquant que cela dépendait de la quantité présente et la manière dont ils ont été exposés. Un peu plus tôt, le directeur départemental du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) avait lui aussi tenu un discours rassurant en déclarant qu'«il n'y a pas de risque avéré lié à l'amiante».

Pas de quoi convaincre certaines personnes et des associations, cependant. «Vous mentez», a répondu aux autorités l'Association nationale des victimes de l'amiante. Face à la préfecture, environ 2 000 manifestants se sont réunis dans la soirée pour scander «nos enfants en danger» ou «le préfet doit sauter». «Ils cachent la vérité, à nous d'enquêter», affichait un panneau. «Quel serait l’intérêt pour les pouvoirs publics de mentir ?», a questionné le préfet, en regrettant le «climat de suspicion généralisée» actuel et les fausses informations.

Les résultats d’analyses sur la pollution de l’air et la suie des fumées connus jeudi ou vendredi

Les résultats d’analyses sur la pollution de l’air et la suie des fumées seront publiés quant à eux jeudi ou vendredi, selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn. La dangerosité des résidus sera déterminée par ceux-là.

La ministre auditionnée par une commission parlementaire

Pour autant, les paroles rassurantes des autorités peinent à atteindre leur objectif de rassurer la population. Des centaines de manifestants se sont ainsi regroupés lundi à Rouen lors de la visite d’Edouard Philippe, en réclamant «la vérité». Le Premier ministre, a indiqué que si les odeurs dans l’air étaient «très dérangeantes et pénibles», elles n’étaient «pas nocives». Il a affirmé que la plus grande transparence serait assurée dans cette affaire. Agnès Buzyn a pour sa part indiqué sur France Inter ce mercredi que oui, la ville est polluée, mais que le but est de «savoir s’il y a un risque pour la santé et l’évaluer». «Et les premiers résultats d’analyse sont rassurants», indique-t-elle. «Ils sont en dessous des seuils habituels admis dans l’environnement. L’air est respirable. L’eau potable n’est pas polluée».

Dans le but d’être informée correctement sur la situation, la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale a annoncé l’audition mercredi de la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, à propos de l’incendie et de ses conséquences. La présidente de la commission, Barbara Pompili, membre du parti LREM au pouvoir, a indiqué n’avoir aucun doute sur le fait que le gouvernement donne les informations, en précisant que le contrôle effectué par les parlementaires était «bien normal».

des recours déposés devant la justice

Pendant ce temps-là, policiers et pompiers étant intervenus au moment de l’incendie où dans les heures qui ont suivi ont fait part de leur crainte pour leur santé après avoir respiré les fumées ou été en contact avec certains produits. Sur le plan judiciaire, plusieurs recours ont été déposés devant les tribunaux. L’association Respire a ainsi demandé la nomination d’un expert dans le dossier. «Il me semble que toutes les analyses n’ont pas été faites et qu’il y a des produits dont on ne parle pas et dont il faudrait parler comme les dioxines, l’amiante et les métaux lourds», a certifié son avocat.

En attendant de voir si ces demandes aboutiront, les premiers résultats qui seront révélés prochainement permettront d’en apprendre plus sur les conséquences sanitaires et environnementales de l’incendie. Afin de rassurer un peu, ou non, les habitants de Rouen et ses environs.

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