Une équipe de foot féminine forcée de marquer contre son camp à chaque match pour ne pas payer d'amende

L'équipe des Coqs rouges fait face à l'absurdité du règlement. [photo d'illustration][Cris BOURONCLE / AFP]

Dans le district de la Gironde, l'équipe de football féminine des Coqs Rouges est obligée de perdre ses matches pour ne pas recevoir d'amende.

«Dans le vestiaire avant le match, le coach nous dit que l'on va devoir perdre, mais qu'il veut voir du jeu», raconte Samia Dahmouni, joueuse de foot dans l'équipe amateure des Coqs Rouges de Bordeaux.

Et le 15 septembre dernier, la consigne a été appliquée à merveille. A la 85e minute, alors que les Girondines menaient 4-0 contre Bazas, elles se sont retrouvées à devoir marquer cinq buts contre leur camp pour effectivement perdre le match (voir la vidéo ci-dessous).

«Les joueuses d'en face ne comprenaient pas, l'arbitre non plus», assure Dahnouni. Effectivement, sur la vidéo, et alors que la gardienne enfile les c.s.c, l'incompréhension gagne l'équipe adverse. «C'est pas du football, j'aurai préféré ne pas jouer», lâche d'ailleurs une joueuse. Même scenario au match suivant où les Coqs Rouges perdent artificiellement 5-4 contre Gradignan, après avoir mené par 4 buts à 0.

LE règlement ne veut pas plus de six joueuses mutées 

Pari sportif truqué ? Entraîneur véreux ? Amour de la défaite ? Non, l'explication se cache dans le règlement du district de la Gironde. Celui-ci stipule qu'une équipe ne peut pas faire jouer plus de six joueuses «mutées», c'est-à-dire qui ont rejoint le club à l'intersaison. Et c'est le cas de la section féminine du club des Coqs Rouges de Bordeaux. Créée il y a deux ans, l'équipe subit une hécatombe la saison dernière. «Il ne restait plus que deux joueuses, les autres étaient parties», explique Guillaume Bogvad, aujourd'hui à la tête de l'équipe et vice-président du club.

Après une campagne de communication réussie, la section compte désormais 32 joueuses, largement de quoi faire deux équipes : une qui jouera dans le championnat à 8 comme l'année dernière, et l'autre, nouvelle, dans celui à 11. Mais en alignant ces nouvelles recrues, le club s'expose à des sanctions financières. «Elles prévoient 70 euros d'amende par joueuse en plus des six qui sont autorisées», explique Guillaume Bogvad. Des sommes qui, accumulées, porteraient un sacré coup au petit budget du club.

Comme il y a des dispositions particulières pour les créations d'équipe, les Coqs Rouges ne pensaient pas tomber sous la réglementation des joueuses «mutées». Le district, lui, affirme que si. Conséquence, les Coqs Rouges ne respectent pas le règlement et les clubs qui les affrontent peuvent déposer une réserve.

Le but de ces réserves étant d'obtenir le match gagné sur tapis vert, les adversaires ne les déposent qu'en cas de match perdu ou nul. Voilà donc pourquoi les Coqs Rouges s'appliquent à n'en gagner aucun.

«Il faut adapter le règlement», demande le vice-président du club

Une application pointilleuse des règlements qui paraît ridicule, alors que l'équipe évolue au plus bas niveau de l'échelon du football français féminin. Et alors que le problème concerne d'autres clubs.

«En Coupe de France, le club d'en face voulait déposer une réserve alors que lui non plus ne respectait pas le règlement sur ce sujet-là». Une heureuse coincidence qui permet aux Coqs Rouges d'afficher une victoire cette saison. 

«Il faut adapter le règlement. Nous ne pouvons pas avoir le même que le football masculin, qui est structuré depuis 70 ans», demande le vice-président du club qui travaille avec le district pour changer les règles.

Contacté ce mardi, il n'a pas pu être joint. Mais celui-ci a signalé aux Coqs Rouges qu'il ne pouvait rien faire à son niveau pour changer les règlements. 

 

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