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Marseille : un an après le drame de la rue d’Aubagne, les choses s’organisent doucement contre le mal-logement

Il ne reste plus rien sur le lieux où les deux immeubles se sont effondrés le 5 novembre 2018, rue d'Aubagne, à Marseille.[GERARD JULIEN / AFP]

Un an après l’effondrement de deux immeubles, rue d’Aubagne, à Marseille, ayant causé la mort de huit personnes, le maire de la ville et l’Etat ont chacun annoncé les mesures prises pour lutter contre l’habitat indigne dans la cité phocéenne.

Selon la Fondation Abbé Pierre, Marseille serait particulièrement touché par le logement insalubre, avec 100 000 personnes vivant dans des «taudis». Le maire Jean-Claude Gaudin a annoncé ce lundi 4 novembre que la ville avait dû se substituer «aux propriétaires défaillants» pour s’occuper de 3 200 personnes évacuées depuis le drame survenu l’an passé, qui ont été relogées dans 27 hôtels réquisitionnés. Parmi les habitants de la rue d’Aubagne, ils ne seraient plus que quinze à loger toujours dans une chambre d’hôtel, en refusant les propositions de reclassement, a indiqué l’élu. Selon lui, 14 millions d’euros ont été mis sur la table par la municipalité pour gérer l’urgence de la crise, qui serait désormais «résorbée».

En parallèle, plusieurs mesures ont été prises concernant l’habitat indigne, avec une Charte du relogement établie avec l’Etat, «pour respecter le droit des personnes sinistrées à un logement décent» et la mise en place d’une Direction de la prévention et de la gestion des risques dans la ville. Un durcissement des règles et des «sanctions suffisamment dissuasives» contre les marchands de sommeil sont souhaités par Jean-Claude Gaudin, tandis qu’un projet de réaménagement du centre-ville et du secteur de la rue d’Aubagne sur quinze ans doit voir le jour.

l'Etat a versé 17 millions d'euros sur les 240 promis

De son côté, l’Etat a affirmé avoir versé 17 millions d’euros sur les 240 promis pour rénover Marseille. Le reste sera distillé sur dix ans. Le ministère du Logement a indiqué dans un communiqué que l’Agence nationale de l’habitat «finance notamment jusqu’à 100 % des travaux d’urgence dans les copropriétés et pour les travaux exécutés par les collectivités quand elles les exécutent en substitution des propriétaires pour le traitement de l’habitat indigne». Une société d’aménagement associant l’Etat et les collectivités sera créée, dans le but de «racheter les logements insalubres, de les rénover et de les remettre sur le marché, en préservant le caractère populaire du centre-ville».

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