Prostitution nigériane : un réseau démantelé à Lille et Lyon

Il aura fallu pas moins de 16 mois aux enquêteurs pour faire tomber 13 têtes de ce trafic de jeunes femmes. Il aura fallu pas moins de 16 mois aux enquêteurs pour faire tomber 13 têtes de ce trafic de jeunes femmes. [DENIS CHARLET / AFP]

C'est un réseau de prostitution nigerianne de grande envergure que viennent de démanteler les services Français.

Il aura fallu pas moins de 16 mois aux enquêteurs de l'office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH) et de la direction interrégionale de la policie judiciaire (DIPJ) de Lille, dans le cadre de l'information judiciaire menée par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lyon, pour faire tomber 13 têtes de ce trafic de jeunes femmes.

Début juin 2018, certaines victimes, de jeunes majeures nigérianes, portent plainte. Elles racontent leur exploitation sexuelle, les violences physiques que leurs font subir les trafiquants pour les maintenir à leur merci, et les pressions et menaces qu'ils exercent sur leurs familles en Afrique.

Les enquêteurs mettent au jour un réseau très structuré. A sa tête, un couple âgé d'une trentaine d'années. Ils gèrent des proxénètes établis à Lille et à Lyon : des «mamas» qui gèrent les filles et sollicitent l'aide d'hommes d'une vingtaine d'années pour assurer une emprise physique sur les 30 à 40 victimes.

Privées de sommeil et contraintes d'enchaîner les passes

«Elles étaient soumises à des conditions particulièrement inhumaines, explique le commissaire divisionnaire Jean-Marc Droguet, chef de l'OCRTEH). Ces jeunes femmes pouvaient être privées de sommeil, contraintes d'enchaîner des passes payées 30, 10 voire 5 euros. Certaines devaient officier dans des camionnettes pour la filière de Lyon dans le secteur de Gerland.»

Dans le réseau, des recruteurs les faisaient venir du Nigeria via le Niger, la Libye, l'Italie. Un malfaiteur était chargé de fournir de faux documents administratifs pour les demandes d'asile des femmes. Et à l'autre extrémité de cette bande criminelle, un financier récoltait l'argent du proxénétisme. Les policiers ont identifié une échoppe à Lyon où convergeait le butin. Ensuite, un autre trafiquant se chargeait de blanchir les dizaines de milliers d'euros de profit, en achetant des biens de consommation (voitures, etc. ) renvoyés au Nigeria.

Au total, 13 personnes, suspectées de proxénétisme aggravé, traite d'êtres humains et blanchiment, ont été interpellées ce mardi.

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