Emplois présumés fictifs du MoDem : François Bayrou mis en examen ?

Concrètement, le MoDem est soupçonné d'avoir utilisé les indemnités d'eurodéputés pour rémunérer des collaborateurs parlementaires qui travaillaient en réalité pour le compte du parti. Concrètement, le MoDem est soupçonné d'avoir utilisé les indemnités d'eurodéputés pour rémunérer des collaborateurs parlementaires qui travaillaient en réalité pour le compte du parti. [Thomas Samson / AFP].

L'étau se resserre autour de François Bayrou. Après la présidente de la commission des affaires étrangères Marielle de Sarnez et l'ex-candidate française à la Commission européenne Sylvie Goulard, c'est au tour du président du MoDem d'être convoqué devant la justice.

L'éphémère garde des Sceaux du premier gouvernement du quinquennat Macron doit être entendu, ce vendredi 6 décembre, par la juge d'instruction Charlotte Bilger, dans le cadre de l'enquête portant sur des soupçons de détournement de fonds publics de son parti, le Mouvement démocrate (MoDem), au parlement européen. 

Concrètement, le parti centriste est soupçonné d'avoir utilisé les indemnités d'eurodéputés pour rémunérer des collaborateurs parlementaires qui travaillaient en réalité pour le compte du parti lui-même.

Une quinzaine de cadres, élus ou ex-élus MoDem visés

En cours depuis deux ans et demi, les investigations ont déjà conduit, ce mercredi, à la mise en examen de Marielle de Sarnez, l'éternelle alliée du chef du MoDem, après celle, la semaine dernière, de Sylvie Goulard, aujourd'hui Second sous-gouverneur de la Banque de France, et passée sous pavillon LREM.

Sauf rebondissement - la juge d'instruction ayant clairement manifesté son intention de ne pas faire d'exception dans ce dossier - François Bayrou devrait, lui aussi, être mis en examen à l'issue de son audition.

Dans cette affaire, où ce sont au total une quinzaine de cadres, élus ou ex-élus MoDem, qui ont également été mis en examen pour les mêmes motifs, la divulgation dans la presse, le mois dernier, de l'existence de courriels douteux semble avoir renforcé les soupçons des juges.

L'un de ces courriels concernait ainsi un échange, datant de 2015, entre François Bayrou et l'un de ses collaborateurs.

Ce dernier ­faisait part de son inquiétude devant la publication imminente d'un livre de ­Corinne ­Lepage, dans lequel l'ex-députée européenne (2009-2014) affirme avoir été incitée à mettre à la disposition du MoDem son assistant parlementaire à ­Bruxelles. 

L'alliance MoDem-LREM fragilisée

Aujourd'hui, au-delà de la stricte sphère judiciaire, l'affaire pourrait mettre à mal l'alliance de plus en plus fragile entre le MoDem et la majorité LREM, surtout à l'approche des municipales de mars prochain.

Elle pose également, en toile de fond, la question de l'avenir même de François Bayrou, 68 ans, au sein du parti qu'il a créé en 2007.

Car si, jusqu'à présent, il a clairement indiqué qu'il ne quitterait pas la direction du MoDem en cas de mise en examen, l'idée d'un «après-Bayrou» pourrait bien, en coulisses, être plus que jamais lancée. 

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