Un mois après la dernière évacuation – qui avait permis la mise à l'abri de 427 migrants porte d'Aubervilliers le 4 février dernier –, un nouveau campement de migrants s'est reconstitué sur un terrain vague d'Aubervilliers (93). Ces derniers y sont installés dans des conditions toujours aussi précaires.
C'est l'association Médecins du Monde qui a récemment tiré la sonnette d'alarme, face à la reconstitution d'un camp de fortune derrière le Fashion Center. Il abriterait déjà 500 personnes, «dans des conditions sanitaires» que l'ONG juge «inqualifiables».
Un constat alarmant qu'a souligné Meriem Derkaoui, la maire d'Aubervilliers : «les récents démantèlements des campements de la porte de la Chapelle et de la porte d’Aubervilliers situés sur le territoire parisien, n’ont pas permis d’apporter des solutions pérennes».
un camp reconstitué en quelques jours
Pire encore, «l’accueil dans les lieux d’hébergement de seulement quelques centaines de personnes a laissé à l’abandon la plupart des réfugiés qui se sont dirigés vers les villes voisines», souligne Meriem Derkaoui. Elle évoque notamment des terrains vagues facilement accessibles, comme c'est actuellement le cas à Aubervilliers.
Selon les bénévoles de Médecins du monde – qui interviennent aux portes de Paris – il s'agit du premier grand camp de migrants reconstitué «en quelques jours à peine» après la dernière évacuation. Installé sur une propriété privée, il devrait être rapidement évacué, sans pour autant que la question de ses occupants soit réglée.
«Malheureusement, cela fait cinq ans que nous vivons le cycle démantèlement / reconstitution sans fin», regrette l'association, qui souligne que la «nouvelle stratégie» évoquée par la police pour éviter la reconstitution de camps de migrants a déplacé le problème de Paris vers sa proche banlieue.
Anne Hidalgo rappelle son engagement
«Je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut accueillir, et organiser cet accueil», a de son côté rappelé Anne Hidalgo, interrogée ce jeudi 5 mars dans la matinale de France Info. La maire socialiste de Paris assure qu'il ne faut pas acceuillir «tout le monde, dans n'importe quelles conditions et au même endroit», mais «mettre en place des lieux dignes d'accueillir ces réfugiés».
L'édile souligne également «qu'en 2015, elle avait fait une proposition de loi en faveur de la création de lieux d'accueil tout au long du parcours migratoire». Restée sans écho. Pour elle, il faut «faire preuve d'humanité» et «créer des lieux dignes [...] pour pouvoir examiner les situations administratives et sanitaires» des réfugiés.
4 février : évacuation des #campements Porte d'Aubervilliers
— Médecins du Monde (@MdM_France) March 4, 2020
4 mars : reconstruction d’un campement à #Aubervilliers où près de 500 personnes vivent dans des conditions sanitaires inqualifiables.
C'est ça ce qu'on appelle la "mise à l'abri" aujourd'hui en France ? pic.twitter.com/P6eBmtPJeI
![Depuis novembre, le préfet de police de Paris assure empêcher les reconstitutions de campements grâce à la présence policière.[© Philippe LOPEZ / AFP] Depuis novembre, le préfet de police de Paris assure empêcher les reconstitutions de campements grâce à la présence policière.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/000_1og6yt_5e306c7307c42.jpg?itok=XauMY2Vx)