Le rectorat de Versailles (78) a reconnu «une maladresse» après la publication d'une offre de Pôle emploi pour devenir professeur d'histoire-géographie dans le collège du Bois D'Aulne, à Conflans Sainte Honorine (Yvelines), où a été assassiné Samuel Paty au mois d'octobre. Elle a été rapidement retirée.
Si la date de publication de cette offre de Pôle emploi n'était pas indiquée, elle avait finalement été retirée ce dimanche 29 novembre. «L'annonce a été retirée à la suite à notre intervention auprès de notre rectorat ce matin. Nous rappelons notre exigence d'un traitement sérieux et digne de cette situation et le nécessaire respect du besoin de sérénité des collèges du collège», a ainsi communiqué le syndicat SNES-FSU Versailles.
Annonce retirée suite à notre intervention auprès du Rectorat @acversailles ce matin. Nous rappelons notre exigence d'un traitement sérieux et digne de cette situation et le nécessaire respect du besoin de sérenité des collègues du collège. https://t.co/JsTyQA3C5U
— SNES-FSU Versailles (@SNESVersailles) November 29, 2020
Mais pas assez vite pour éviter la polémique. Avant d'être retirée, cette offre avait en effet été mise en avant sur Twitter par le compte de la Revue pédagogique, une «revue en ligne collaborative publiée par un réseau d'enseignants, de chercheurs et de cadres éducatifs» :
L'académie de Versailles recrute sur Pole Emploi un professeur d'histoire géo pour le collège de S Paty https://t.co/iw0hWFzGNapic.twitter.com/Uvk7GUSune
— Café pédagogique (@cafepedagogique) November 29, 2020
Sur cette annonce pour un contrat en «CDD de 10 mois», il est notamment indiqué que «les débutants sont acceptés». Concernant les diplômes requis, les postulants peuvent faire valoir auprès de l'Académie de Versailles d'une «licence d'histoire ou de géographie minimum, ou de science politique».
Si absolument rien ne permet de dire qu'il s'agit de prendre le poste précis du défunt professeur, cette offre suscite toutefois de nombreuses questions sur les réseaux sociaux. Parmi les réactions, figurent notamment celles de Céline Malaisé, présidente du groupe communiste au conseil régional d'Ile-de-France, ou encore de Laurence de Cock, enseignante et chercheuse à Paris :
Vous voulez mesurer le niveau de délabrement de l’éducation nationale ? Eh bien voilà, lisez ça.
— Laurence De Cock (@laur_dc1) November 29, 2020
Le nombre de postes offerts est tellement bas et la profession si disqualifiée (image et salaire) qu’on recrute (sans doute le remplaçant de Samuel Paty) sur Pôle Emploi. https://t.co/UcURxkGsQq
Cette annonce dit tellement de ce qu’est devenue l’Education nationale... https://t.co/i8s0ZITXUH
— Céline Malaisé (@CelineMalaise) November 29, 2020
Envoyer un débutant là-bas, c'est inadmissible et irresponsable. Il faudrait un vieux briscard, un hussard de la République... Ne dites pas qu'il n'y a pas en France un prof qui veuille aller là-bas, ne serait-ce qu'en mémoire de leir collègue Samuel Paty. pic.twitter.com/vRG2vxuI8b
— JOD (@jo_delb) November 29, 2020
mais un autre collègue en arrêt. Ça n'empêche que c'est lamentable de ne pas demander des personnes expérimentées pour un collège ayant vécu un tel traumatisme. Et de continuer à payer au lance-pierre les collègues précaires. Bref pas d'emballement avant d'être sûr.
— Olivier (@papa_prof) November 29, 2020
Samuel Paty a été tué le 16 octobre, après avoir montré dix jours auparavant des caricatures de Mahomet à ses élèves. L'assassin, un russe d'origine tchétchène âgé de 18 ans, a été abattu dans la foulée. Celui-ci se serait informé sur sa cible auprès de jeunes du collège du Bois D'Aulne. Quatorze procédures judiciaires visent actuellement des mineurs pour complicité avec le terroriste.