Ce dimanche, les Français étaient appelés aux urnes pour le premier tour des élections régionales. Un scrutin marqué par une abstention historique, dont le vice-président de l'institut OpinionWay Bruno Jeanbart décrypte pour CNEWS les premiers résultats.
Quel est le principal enseignement du premier tour des élections régionales ?
Il y a eu une abstention extrêmement forte (68 %). C'est un record sous la Ve République: il s'agit du plus haut taux d'abstention jamais enregistré toutes élections confondues. Cela conduit à être prudent sur l'interprétation des résultats si l'on se projette déjà sur l'élection présidentielle de l'an prochain.
Qui ressort gagnant de ce premier tour ?
Il y a une prime très forte aux sortants, notamment les sortants de droite, issus des Républicains (LR). Par exemple, Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, qui fait un score très élevé. Les régionales ne seront pas un coup d'arrêt pour lui dans sa course vers la présidentielle. En Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez devrait sans doute faire le plus gros score des candidats de droite. En Ile-de-France, on attend un bon score de Valérie Pécresse.
Quelle est la surprise du scrutin ?
Le Rassemblement national (RN) est plus bas que prévu. Il a eu du mal à mobiliser son électorat dans un contexte de très forte abstention. C'est le cas un peu partout, même si Thierry Mariani semble arriver en tête en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), mais avec beaucoup moins d'avance que prévu. Cela rend le second tour très incertain, et plus indécis qu'on ne le pensait.
La République en marche (LREM) a-t-elle réussi à sauver les meubles ?
La République en marche (LREM) fait des scores très décevants dans beaucoup de régions, plus bas qu'attendu. Comme souvent, le parti au pouvoir subit un vote très difficile dans ce type d'élections. Dans les Hauts-de-France, il semble que la liste de Laurent Pietraszewski et Eric Dupond-Moretti ne passe pas les 10 %. En Auvergne-Rhône-Alpes, beaucoup d'électeurs de LREM n'ont probablement pas voté, car la liste Bruno Bonnell est très bas. Donc on aura sans doute un score très décevant au niveau national pour cette formation, qui aura beaucoup de mal à pouvoir espérer remporter une région au second tour.
La gauche, en grandes difficultés au niveau national, résiste-t-elle au niveau régional ?
On a une gauche un peu apathique, qui fait des scores souvent décevants dans beaucoup de régions, même si elle semble en mesure de pouvoir conserver les cinq régions qu'elle détenait (Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie). Au sein de la gauche, ce que l'on semble voir, même si c'est à confirmer, notamment en Ile-de-France, c'est une bonne tenue des écologistes et des difficultés du Parti socialiste (PS).
Que peut-on attendre du second tour ?
On aura moins de quadrangulaires qu'attendu, et plus de triangulaires. Notamment dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, où LREM ne devrait pas passer les 10 %. Nous aurons donc un second tour où le parti au pouvoir sera en partie en dehors du scrutin, ce qui sera une surprise. Ce ne sera pas le cas partout, notamment dans l'ouest du pays, où il a mieux résisté.
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