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Policiers tués à Magnanville en 2016 : un complice présumé renvoyé aux assises

L'attaque de Magnanville, premier attentat perpétré au domicile même de policiers, a profondément marqué la profession. [SYLVAIN THOMAS / AFP]

Plus de cinq ans après l'assassinat d'un couple de policiers à son domicile de Magnanville (Yvelines), des juges antiterroristes ont renvoyé devant les assises Mohamed Lamine Aberouz, complice présumé de l'assaillant Larossi Abballa.

Les juges d'instruction ont ordonné vendredi que Mohamed Lamine Aberouz soit jugé pour «complicité d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique», «association de malfaiteurs terroriste criminelle» et «complicité de séquestration sur mineurs de 15 ans» en relation avec une entreprise terroriste.

Les magistrats ont suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat) qui demandait par ailleurs un non-lieu pour deux autres hommes qui avaient été soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique à l'assaillant.

Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant adjoint du commissariat des Mureaux (Yvelines), et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif dans un commissariat voisin, avaient été assassinés chez eux le 13 juin 2016, en présence de leur fils âgé alors de 3 ans.

Son ADN retrouvé

Mis en examen le 11 décembre 2017 et placé en détention provisoire, Mohamed Lamine Aberouz, 28 ans, clame son innocence. Proche de Larossi Abballa, il assure s'être rendu à la mosquée le soir de l'attentat.

Mais les enquêteurs le suspectent d'avoir été présent sur les lieux l'attaque, son ADN ayant été retrouvé sur le repose-poignet de l'ordinateur du couple utilisé par Larossi Abballa pour revendiquer ses actes au nom de Daesh sur les réseaux sociaux.

Selon les magistrats, l'assaillant principal, «réputé moins féru d'informatique», a pu faire appel à son ami pour ses «compétences» en la matière afin de diffuser la revendication en direct.

«Encouragement moral»

Ils considèrent également que Larossi Abballa a pu souhaiter la présence d'Aberouz «afin d'y trouver un encouragement moral et un renfort idéologique, mais également afin de garantir la commission (des) assassinats successifs». Mohamed Lamine Aberouz a pu s'échapper «avant l'intervention des forces de l'ordre», considèrent les magistrats antiterroristes.

«Les dénégations de Mohamed Lamine Aberouz, quant à son adhésion à l'idéologie jihadiste (...) n'apparaissent donc pas convaincantes ni suffisantes au regard des éléments recueillis par ailleurs», ajoutent les juges, pour qui les deux hommes «étaient portés par la même idéologie favorable au jihad armé».

Amis, Larossi Abballa et Mohamed Lamine Aberouz ont successivement fréquenté Sarah Hervouët, condamnée à vingt ans de réclusion pour une tentative d'attentat aux bonbonnes de gaz en 2016 à Paris. Dans ce dossier, Mohamed Lamine Aberouz a été condamné en appel en juin 2021 à cinq ans d'emprisonnement pour non-dénonciation de crime terroriste.

Toujours des zones d'ombre

L'assassinat du couple avait suscité un vif émoi en France et au sein des forces de l'ordre : pour la première fois, deux policiers avaient été visés par une attaque jihadiste à leur domicile.

«Il demeure la frustration et l'inquiétude de ne toujours pas savoir pourquoi le commandant Salvaing a été ciblé et comment les islamistes ont eu accès à son adresse personnelle», a commenté Me Thibault de Montbrial, avocat de la famille de la policière Jessica Schneider.

Hormis des repérages dans les semaines avant l'attentat, «il n'a pas été établi comment ni pourquoi le choix» de Larossi Abballa «s'était porté» sur le couple, confirment les magistrats.

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