A la demande du groupe Les Républicains, un débat est organisé ce mercredi après-midi au Sénat sur l'influence du wokisme à l'université.
Le wokisme continue de faire débat. Ce mouvement originaire des Etats-Unis qui rassemble un ensemble de luttes sociales (sexisme, genre, colonialisme, islamophobie, racisme) est accusé par une partie de la classe politique de fragmenter la République et ses valeurs universelles.
Multiplication des cours sur le genre, annulation de conférences jugées discriminantes sous pression d'étudiants, menaces contre des professeurs... Les polémiques se multiplient dans les établissements d'enseignement supérieur, récemment à Sciences Po Paris ou Grenoble.
«Le wokisme aboutit à paralyser la liberté intellectuelle et la recherche scientifique», a expliqué en amont du débat le sénateur Gérard Longuet (LR), sur le plateau de Public Sénat.
Influence du wokisme à l'Université : un débat organisé au @Senat
— Public Sénat (@publicsenat) January 31, 2022
Notre Journaliste @APoussart vous en dit plus. Le Sénateur @gerardlonguet55 réagit dans #BonjourChezVous ! pic.twitter.com/btZ6R6iy5F
Selon lui, les étudiants dits «woke» (éveillés aux luttes sociales) considèrent «que le savoir universitaire n'est que l'expression d'un rapport de force» entre «des dominants - bien souvent des hommes blancs - et des dominés».
«évoquer tel ou tel sujet devient tout simplement impossible»
«Dans certaines universités, évoquer tel ou tel sujet devient tout simplement impossible. Nous avons raison d'alerter», estime le sénateur.
Début janvier, un colloque sur les menaces du wokisme a été organisé à la Sorbonne. Plusieurs universitaires ont alors dénoncé une «idéologie de la «déconstruction» et de la «cancel culture» qui ferait régner un nouvel «ordre moral» à l’université.
Un constat partagé par deux membres du gouvernement : le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, présent au colloque, et la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal qui a dénoncé en décembre dernier «des cours perturbés sur le fondement de motifs partisans et idéologiques».
L'an dernier, la ministre avait demandé au CNRS une enquête sur l'«islamo-gauchisme» à l'université mais l'institution s'y était refusée, au motif que cette notion n'était «pas une réalité scientifique».
![Sciences Po Grenoble est depuis un an le théâtre d'une vive polémique. [JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_94j8ux-taille1200_61c1ec8f89654.jpg?itok=IFK2v723)