Un rapport parlementaire sur la restauration de la cathédrale Notre-Dame présenté ce mercredi épingle la mairie de Paris, qui exige de l'établissement public en charge du chantier, financé par des dons, une redevance pour l'occupation du domaine public.
«Il n'est pas envisageable de faire prendre en charge par la générosité publique des redevances qui représentent plusieurs millions d'euros, au profit de la mairie de Paris», ont estimé les députés de la mission d'information sur la restauration de la cathédrale gothique incendiée en avril 2019, et dont la réouverture est prévue en 2024.
A raison de 3,4 millions d'euros par an, et suivant la durée finale du chantier, «ceci pourrait conduire à amputer le budget global du chantier d'une vingtaine de millions d'euros», a dénoncé la présidente de la mission d'information Brigitte Kuster en présentant le rapport.
Fin septembre 2021, le total des dons recueillis dans le cadre de la souscription nationale atteignait 160 millions d'euros.
Le paiement de cette redevance serait un «détournement évident des dons consentis par des centaines de milliers de donateurs français, ceci est pour nous inacceptable», a insisté Brigitte Kuster.
Une «règle de droit commun»
La mairie refuse l'exonération des redevances, faisant valoir la «règle de droit commun qui s'applique à l'ensemble des chantiers, publics ou privés, qui ont une emprise sur l'espace public».
Brigitte Kuster a également accusé la maire PS Anne Hidalgo de s'être «rétractée» de sa promesse de participation à la restauration à hauteur de 50 millions d'euros, pour la réserver au réaménagement des abords de la cathédrale.
![L'incendie a eu lieu le 15 avril 2019.[© FABIEN BARRAU / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_1fo4a5_61fd16525af52.jpg?itok=Cs8vD0Md)