Le ministre délégué aux Transports Clément Beaune n'exclut pas de décaler l'ouverture à la concurrence du réseau de bus à Paris et en proche couronne, prévue pour le 1er janvier 2025, s'il y a un risque de perturbation des Jeux olympiques de 2024, a-t-il indiqué ce jeudi 5 janvier.
Questionné par La Croix au sujet de l'ouverture à la concurrence du réseau de bus à Paris et en proche-couronne, et sur les perturbations que cela pourraient engendrer pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le ministre délégué aux Transports Clément Beaune a répondu : «je ne vous ferai pas croire que nous n'y pensons pas», tout en rappelant que c'est la Région, et donc sa présidente Valérie Pécresse, qui est compétente sur cette question.
Le gouvernement s'aligne sur Anne Hidalgo ?
«A elle d'abord de nous dire la situation et les risques, nous en discuterons, et je suis ouvert à toutes les options», a-t-il ajouté, renvoyant la balle à la présidente de la Région et d'Ile-de-France Mobilités (IDFM). «L'ouverture à la concurrence est un outil. S'il est pertinent dans le cadre du calendrier actuel, alors il faut l'utiliser à la date prévue. S'il est pertinent à une date ultérieure, il faut l'activer plus tard», a-t-il estimé.
Dès le 1er janvier 2025, la RATP pourrait bientôt ne plus être la seule entreprise à gérer le réseau de bus à Paris et en petite couronne. A l'instar de ce qui a déjà été fait en grande couronne – non sans douleur – le réseau de bus de la RATP va être divisé en douze lots, auxquels pourront prétendre la RATP mais aussi d'autres opérateurs venus d'ailleurs. Les premiers appels d'offres ont déjà été lancés.
Sauf que nombreux élus, au premier rang desquels la maire de Paris Anne Hidalgo, n'y sont pas favorables. L'édile parisienne s'est récemment inquiétée des «risques majeurs que fait peser la mise en œuvre de la mise en concurrence du réseau de bus sur l'offre de transports et sur l'organisation» des JO de Paris 2024» et a réclamé que le projet «soit réexaminé ou reporté bien au-delà du 1er janvier 2025», dans un courrier envoyé à la Première ministre Elisabeth Borne.
Même chose du côté des élus régionaux de gauche, membres de l'opposition face à Valérie Pécresse, qui militent depuis plusieurs mois contre l'arrivée de la concurrence ou pour son report, estimant que le processus d'ouverture du marché a déjà un impact sur les difficultés actuelles de la RATP. Deux-centre-cinquante d'entre eux viennent de signer une lettre ouverte, envoyée à la Première ministre Elisabeth Borne, dans laquelle ils dénoncent un projet «fou» qui risque «de venir davantage déstabiliser le système de transports franciliens».
Eux estiment en effet que «la mise en concurrence et les conditions de travail actuelles et futures affectent gravement la qualité de service et la sécurité des usagers» et craignent que «le réseau historique de la RATP, façonné avec l’histoire de la région parisienne et emblématique de la France, soit ainsi disloqué», tout en soulignant que «le maintien de la rémunération actuelle des personnes en poste» ne pourrait« en rien être garanti».
En outre, tous les syndicats de la RATP sont également opposés à la perte de son monopole, d'où la crainte de grèves, en plus d'une possible désorganisation du service.
![L'ouverture à la concurrence du réseau de bus parisien est prévue pour le 1er janvier 2025. [© Alain JOCARD / AFP] L'ouverture à la concurrence du réseau de bus parisien est prévue pour le 1er janvier 2025.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/bus_63a1e5ca1539c.jpg?itok=OAB_lmc5)