«En tant que démocratie, nous devons respecter les résultats des référendums sur l’autodétermination», a rappelé ce jeudi sur CNEWS la porte-parole du gouvernement, Prisca Thevenot, au sujet des émeutes en Nouvelle-Calédonie.
«Un message de fermeté mais aussi d'écoute» : selon Prisca Thevenot, c'est ce qu'Emmanuel Macron compte porter durant son déplacement en Nouvelle-Calédonie, où des émeutes ont fait six morts. Invitée sur le plateau de CNEWS ce jeudi 23 mai, la porte-parole du gouvernement a expliqué que l'enjeu principal de ce voyage est de «renouer le dialogue».
Il faut «pouvoir écouter toutes les forces en présence, coutumières, institutionnelles, politiques mais également économiques, a-t-elle développé. Parce qu'au-delà du dialogue qu'il va falloir mettre en place pour avoir un accord global, il faut aussi préparer à la reconstruction».
Pour l'heure, la nature de cet «accord global» n'est pas connue, mais le gouvernement n'a pas exprimé l'intention de revenir sur la réforme constitutionnelle qui a déclenché la colère des indépendantistes. Votée à l'Assemblée nationale, elle concerne le dégel du corps électoral de l'archipel et doit encore être validée par les députés et sénateurs réunis en Congrès avant la fin juin, sauf si un accord entre indépendantistes et loyalistes intervient d'ici là.
Trois référendums en 2018, 2020 et 2021
Depuis 2007, les listes électorales pour les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie sont gelées à leur état de 1998 et ne sont donc pas révisées annuellement, en fonction des arrivées et des départs. Pour ces scrutins-là, le droit de vote est donc limité aux personnes qui vivaient dans l'archipel avant 1998, en excluant ceux arrivés récemment.
Avec le dégel et l'intégration de nouveaux votants, les indépendantistes craignent que le pouvoir électoral des Kanaks soit dilué. Ils estiment que le gel du corps électoral est un acquis de l'accord de Nouméa signé en 1998 mais, sachant que ce dernier prévoyait trois référendums sur l'indépendance de l'archipel au cours desquels le «non» l'a systématiquement emporté, en 2018, 2020 et 2021, le gouvernement considère que la mesure n'est plus d'actualité.
«Les habitants de la Nouvelle-Calédonie l'ont dit trois fois, a insisté Prisca Thevenot ce jeudi. Nous devons respecter les conclusions en tant que démocratie habituée à respecter ce que les urnes disent».
En ce qui concerne le contenu de l'accord global, la porte-parole du gouvernement conseille la patience : «Attendons d’avoir les conclusions de l’ensemble des échanges que le président de la République aura sur place, il pourra faire ses annonces et prendre la parole d’ici quelques heures, avec le décalage horaire».
![[LUDOVIC MARIN/Pool via REUTERS]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/2024-05-23t004904z_1050738181_rc20w7asjot5_rtrmadp_3_newcaledonia-violence-macron-taille1200_664ec10bd38d5_0.jpg?itok=B-2lrrh-)