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70% des parents estiment que l’inégalité des chances en milieu scolaire a augmenté en France ces dix dernières années, selon un sondage

Les parents sondés sont 63% à affirmer que les enfants faisant partie du système éducatif français n’ont pas les mêmes chances de réussite. [Frederick FLORIN / AFP]

Plus de deux parents sur trois estiment que l’inégalité des chances persiste chez les collégiens et lycéens, selon un baromètre réalisé par Les Sherpas, en partenariat avec l’Ifop, paru ce mercredi 12 juin.

Des progrès notables dans certains domaines mais qui restent insuffisants. Malgré des progrès notables depuis 2023, l’inégalité des chances persiste toujours en France, selon les parents de collégiens et de lycéens sondés à l’occasion du baromètre réalisé par Les Sherpas en partenariat avec l’Ifop, paru ce mercredi.

Les parents sondés sont également 63% à affirmer que les enfants faisant partie du système éducatif français n’ont pas les mêmes chances de réussite. Un chiffre encore plus important pour les personnes issues des communes rurales, puisqu’elles sont 71% à penser que le système scolaire n’assure pas la même chance de réussite à chaque enfant.

Néanmoins, ce taux diffère également selon l’âge des sondés. Ainsi, pour les parents de moins de 35 ans, ils sont 15% à penser que les inégalités sont restées stables et même 21% à penser qu’elles ont diminué sur ces 10 dernières années.

Une «pression qui se construit»

Ces inégalités ont pour source, selon la majorité des parents, l’Education nationale en elle-même. En effet, 58 % d’entre eux pensent que le système scolaire n’est pas adapté à tous les profils d’élève. 

Ils sont 67% ( contre 64% en 2023) à juger que la qualité de l’enseignement n’est pas la même partout sur le territoire français. A noter que plus de la moitié des parents considèrent que l’école ne permet pas à leurs enfants de s’épanouir intellectuellement. 

Autre aspect intéressant, le baromètre met en évidence un changement dans le système scolaire des enfants. «Quand on prend du recul sur le système français, la pression se construit au fur et à mesure du parcours. C’est-à-dire que les enjeux aujourd’hui arrivent au niveau du lycée, tandis que le brevet, par exemple, pour près d’une personne sur deux ce n’est plus un sujet de véritable inquiétude», a affirmé auprès de CNEWS Etienne Porche, dirigeant et cofondateur des Sherpas.

«Le bac aujourd’hui reste un rite initiatique, même s’il reste important pour les parents (63%). C’est le dossier scolaire désormais qui décide de la suite du parcours des enfants. Aujourd’hui en moyenne dans une classe 91% des élèves vont avoir le bac (selon les statistiques de l’année dernière), mais derrière il y a 60% de taux d’échec dans le supérieur. Le contrôle continu est plus important que le baccalauréat car il forme le dossier scolaire qui prime pour l’accès au supérieur», a-t-il poursuivi.

Un soutien scolaire plus que nécessaire

Partant de ce constat, les aides à l’éducation n’ont cessé d’émerger ces dernières années pour que les parents puissent pallier ces inégalités mais aussi assurer à leurs enfants d’atteindre les études supérieures et d’y rester, notamment via le soutien scolaire individuel.

Plus de la moitié (53%) des parents français ont déjà eu recours au soutien scolaire ou envisagent de le faire. D’ailleurs, 83% de l’ensemble des sondés estiment même que les cours particuliers à domicile permettent ou permettraient, pour ceux qui n’y ont pas encore eu recours, bel et bien de faire progresser les élèves en classe.

Cependant, 25% des familles ne disposent pas du budget nécessaire, tandis que 22% jugent le soutien scolaire trop onéreux. Malgré ce frein économique, 1 parent sur 2 a déjà eu recours à du soutien scolaire ou envisage de le faire, comme l’indique le baromètre. Parmi eux, les familles les plus modestes sont les plus représentées (41%).

Autre réticence, le digital. Seulement 57% des parents estiment que le soutien scolaire en ligne, est une bonne solution pour aider les enfants dans leur scolarité. Une position qui s’explique, selon Etienne Porche, par le prix des consultations en ligne plus cher en général que celui à domicile. Autre point à souligner, le soutien scolaire à domicile bénéficie d'une réduction d'impôt à hauteur de 50%, ce qui n'est pas le cas du digital, déformant ainsi artificiellement le marché et conduisant également à une très forte injustice territoriale pour les familles en milieu rural où les enseignants peinent à se déplacer aux domiciles. 

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