Alma Dufour s'est attaqué au RN ce jeudi 13 juin. Les propos de la députée insoumise sortante ont créé la polémique, mais sont surtout à tempérer et mérite des explications.
Invitée de BFMTV ce jeudi 13 juin, la députée sortante La France insoumise, Alma Dufour, a eu des propos durs et polémiques à l’encontre du Rassemblement national, son principal adversaire lors des élections législatives anticipées du 30 juin prochain. Des accusations graves, qui sont surtout à expliquer tant le raccourci n'est pas à propos.
Socialement le RN c’est Macron, et ils vont déchaîner une violence inédite en France. Qui est responsable de l’attentat de l’Hyper Cacher ? Qui a géré la négociation entre Lafarge et Daesh ? Qui a attaqué une mosquée à Bayonne ? Des gens du RN. Le Front populaire est notre salut. pic.twitter.com/EDfrMx41qe
— Alma Dufour (@alma_dufour) June 13, 2024
Les Français vont devoir faire un choix entre deux blocs, «le bloc de la gauche dans sa diversité mais capable de se mettre d’accord sur un programme de gouvernement sur les 100 premiers jours pour rendre enfin de la justice sociale ou le Rassemblement national qui mène la même politique économique qu’Emmanuel Macron, avec la violence, le racisme en plus», a-t-elle asséné.
Une accusation forte
La députée insoumise sortante est allée plus loin, déclarant : «Le Rassemblement national est le seul parti qui est lié directement à trois attentats en France. C’est ça le Rassemblement national».
«Qui a fourni les armes pour l’attentat de l’Hyper Cacher ? C’est un membre du Rassemblement national. Qui a négocié pour que Lafarge négocie avec Daesh ? C’est un membre du Rassemblement national. Qui a attaqué une mosquée à Bayonne ? C’était un membre du Rassemblement national», a-t-elle accusé de façon rhétorique.
Il s'agit d'accusations graves qu'il convient de préciser et de tempérer.
Pour l'attentat de l'Hyper Cacher perpétré en janvier 2015 par Amedy Coulibaly, un homme a été accusé d'avoir été le trafiquant ayant permis au terroriste de se procurer des armes. Il s'agit de Claude Hermand, condamné à huit ans de prison pour trafic d'armes en bande organisée, dans une autre affaire.
Ce dernier n'a pas été officiellement membre du Front national, devenu Rassemblement national en 2018, mais était proche du parti dans les années 1990 avant de s'en éloigner. Il est par ailleurs connu pour faire partie des mouvements identitaires lillois.
L'attaque de la mosquée de Bayonne, en octobre 2019, qui a fait deux blessés, n'a pas été considérée comme un attentat par le Parquet national anti-terroriste (Pnat), qui ne s'est pas saisi de l'affaire. Certains politiques parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont tout de même préféré utiliser ce terme.
L'auteur de l'attaque, Claude Sinké, 84 ans, a été membre du Front national et candidat sous l'étiquette FN lors des élections départementales de 2015. Néanmoins, le parti a à l'époque déclaré que l'homme n'était plus membre au moment des faits.
Enfin, en ce qui concerne les arrangements financiers ayant eu lieu en 2013 et 2014 entre le groupe Lafarge et Daesh pour maintenir l'activité d'une usine du cimentier français en Syrie, le directeur de la sûreté de l'entreprise, Jean-Claude Veillard, a été accusé d'avoir supervisé les négociations. Ce dernier, a été candidat du Front national à Paris lors des municipales de 2014.
Contacté par CNEWS, le Rassemblement national n'a pas encore commenté les propos de la députée insoumise.
![Manuel Bompard est candidat à sa réélection. [Dimitar DILKOFF / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/fotojet_1_666c0aef155e1_0.jpg?itok=ziDqN2xl)